Avant d’insulter, réfléchissons !

Avant d’insulter, réfléchissons ! Manifestons nos mécontentements et trouvons les moyens d'agir car la loi peut opprimer.

 

Les manifestations semblent s‘éteindre. Je n‘y ai pas participé. Pas par indifférence, j’ai mon propre combat à mener même s’il n’intéresse pas grand monde alors comme des milliers d’autres, je me tais. Enfin, bon, jusqu’à aujourd’hui parce que j’ai bien envie de lâcher quelques jurons : c’est quand même trop ! Et trop, c’est trop ! Ça suffit !!! Je sais bien que ça n’impressionne personne. Je devrais lâcher des putains, crottes, à chier et autres grossièretés.

 

Les temps sont aux causes collectives, à l‘euphémisation des destinées individuelles dans le grand flot communautaire. Il est de bon ton de se sentir concerné, de le montrer. Moi, je n’arrive même pas à me débarrasser d’une injustice qui touche ma petite personne alors pensez donc, agir contre la folie du monde…. En plus, il ne faudrait pas parler de soi, rester décent, digne, silencieux sur ses petits malheurs : le monde va si mal… Comme si les destinées collectives ne frappaient pas des individus ? Comme si les drames des autres ne servaient à rien ? Ou alors juste à distance, par le filtre des écrans : pas de trop près. Vos émotions me dérangent ! Semblez-vous me dire.

 

Je l’avoue, je suis bien égoïste de me complaire dans mon propre malheur. Bon, comme moi on est quelques milliers de condamnés par an. Que dalle, mais je ne suis pas seul. Ça ne concerne pas que moi, ça peut même vous arriver… On nous a condamnés comme des parents incapables, des gens qui n’assument pas : on ne va pas la ramener en plus ! C’est assez humiliant comme ça. Alors on ferme nos gueules, en général. Moi, j’en ai marre, marre et plus que marre !

 

Je devrais croire en Dieu, en la résignation, en la destinée ou en l’une de ces drogues qui font passer le temps mais non, chez moi, la condamnation ne passe pas. Presque six ans, c’est assez ! Je croyais être un bon père. Je n’accepte pas cette souillure. J’aurais envie de crier, de lâcher des gros mots, mais ça ne sort pas. Dire la saloperie perpétrée par les juges, leurs préjugés, leur arbitraire mais bon, ces gens-là, il ne faut pas s’y frotter alors autant se taire, sauf à risquer encore plus ! On ne plaisante pas avec leur honneur. Le nôtre, ils s’en br… ou s’en f… Ce sont eux qui font la loi, on ne devrait pas se plaindre car par chance on est en démocratie. Aussi, les condamnés, fermez vos gueules ! Ailleurs on vous aurait flagellés…

 

Comme fils d’immigré pauvre, devant la grandiose France, j’ai trop cru aux lendemains qui devaient chanter. Ensuite, j’ai trop cru que même modestement je pouvais agir comme petit prof, par l’éducation des jeunes. C’est faux. Ça ne sert à rien.

 

Sur une simple plainte si vous n’avez pas la réputation, les appuis, le fric de l’apparente honorabilité ; du jour au lendemain, le juge peut vous racketter légalement pour donner un niveau de vie satisfaisant à votre enfant jusqu’à ce qu’il ait un emploi rémunérateur. Il vous obligera à faire ce que vous ne faisiez pas. Vous prétendiez ne pas en avoir les moyens, des conneries de vieux pingre, voilà tout. Vous êtes un mauvais père, il vous contraindra à financer ce que la collectivité ne fera pas à votre place : offrir un avenir doré aux jeunes qui le réclame comme un dû.

 

Pour moi, plus possible d’être prof après ça et ne croyez pas ou alors bercez-vous de cette illusion car ce truc ça peut arriver à tout le monde. Ils appellent ça l’obligation d’entretien.

 

C’est un constat sorti d’une enquête que j’ai faite. Si ça vous tombe dessus, ne cherchez pas : il n’y a rien à faire, c’est pire que le cancer ou le sida, il n’y a pas de traitement, faudra aller au bout, faudra assumer. Les juges doivent penser : ils font des gosses, ils doivent payer, même s’ils doivent vendre leur maison, casquer jusqu’à ce que ces jeunes aient du taf, c’est leur devoir. Et du taf pour les jeunes attentistes s’il n’y en a pas, on fait quoi ? C’est pareil. Pour les parents, il n’y a plus qu’à se résigner. Je vous le dis, quand le juge fait comme si vous étiez un salaud plus de discussion possible. L’insulter ? À quoi bon ? Pour se détendre ? Se faire du bien ? Faut voir… S’indigner ?

 

J’ai bien acheté et lu comme des milliers d’autres, le célèbre opuscule de Stéphane Hessel mais pour quoi faire, s’indigner ? Pour ce à quoi ça les a conduits les Espagnols et puis les autres ? Autant, faire des petits pas de son côté que je me disais. Modestement agir, voilà qui est concret, réaliste, pragmatique. L’écologie des petits gestes personnels, en somme ; l’égalité des sexes en commençant chez soi, tous les jours faire le ménage, la cuisine ; la démocratie en étant plus proche de ses élèves, en les écoutant sans perdre l’autorité ; enfin que des petits pas, rien qui compte mais des choses justes, pas grandiloquentes, sans effet d’annonce. Mais, ça ne suffit pas, parce que l’Autre là-bas en haut, il n’y est sûrement pas pour juger au final et les juges eux, ils sont bien là au quotidien. Ils jugent, vite fait, b… fait et chaque jour alors s’indigner s’il y a pas de vraie action derrière c’est comme péter dans le vent : ça n’a aucune odeur sauf dans un lieu confiné.

 

Les grandes messes dans les rues, les cortèges et autres processions c’est bon que pour se réchauffer l’âme et le corps, se sentir mieux ; après on retourne à l’indifférence de ses petits malheurs, même si c’est un drame parce qu’il n’y a pas que les grandes lois qui enchaînent, les petites aussi peuvent le faire. Regardez du côté du Code civil, pas besoin de Pénal pour être condamné à perpète. S’indigner contre ces bonnes lois de la République française qui y penserait ? Contre les bons Juges aux Affaires Familiales, les JAF qui oserait ?

 

Bien sûr, certains se sont mis à marcher pour protester et la marche est une prise de conscience, une mise en mouvement, et le mouvement conduit à l’action. C’est même bon pour la santé, qu’il paraît. Il y a eu de beaux mouvements et je me dis que j’étais bien égoïste de me replier sur moi, de garder pour moi toute cette injustice que je ressens. Je devrais la partager, la regrouper avec celle des autres, la faire entendre. Mais comment, putain de merde ? Comme faire ? Parce que moi c’est contre ces obligations à la con qu’ils inventent pour nous truander que j’en ai, c’est bien assez comme combat.

 

Après le livre d’Hessel j’en ai lu beaucoup d’autres mais je viens de croiser celui de Julienne Flory, à La Découverte. Elle, elle nous propose de nous injurier et nous présente le bon usage de l’insulte. Je me suis dit : vu que la Justice s’intéresse aux insultes, il vaut mieux que je m’y intéresse moi aussi avant de me mettre à pourrir ces gens de robe sinon on me traitera de sexiste, un comble pour qui me connaît. On ne peut rien dire, on n’arrive pas à se faire entendre, chacun ses histoires alors si en plus quand ça déborde on risque gros… Autant le savoir ! Alors je l’ai lu avec intérêt son Injuriez-vous !

 

Cette philosophe sociologue m’a appris quelques trucs intéressants sur les injures. Ce seraient comme des mots limites, les débuts des interdits mais pas un moyen d’expression. C’est con qu’elle n’a pas plus parlé des humoristes, de la télé, de la radio, des méridionaux qui parlent plus rond et moins pointus, des blagues salaces entre copains mais bon son premier chapitre était intéressant même si par ces temps de culs serrés faut faire gaffe à tout : aux propos homophobes, sexistes, racistes et à tout le reste comme si les mots étaient des faits, voire des armes. Plus le droit de dire, voire de penser. Faut penser propre, hygiéniste : terrible ! Et la liberté d’expression ? Le droit d’être mécontent, en colère. N’essayez pas avec les JAF. Les JAF ça ne plaisante pas ! Ça applique la loi ! Mensonge, puisqu’ils la font, donc ils ne l’appliquent pas, ils la font. Eh ! C’est facile à comprendre comme distinction, non ? Ou alors, je suis trop con, je n’ai rien compris.

 

Bon, Julienne Flory a sûrement raison quand elle écrit que « l’analyse des mots injures est donc déterminante pour comprendre la norme de pensée et de langage d’une société ou d’un groupe de pairs » mais moi, j’aurais bien voulu qu’elle aille plus loin. Sûr que ce n’est pas très convenable, pour les prout prout bourges que de s’intéresser aux gros mots et autres propos dérangeants mais vu qu’ils tiennent le monde si en plus on ne peut pas la ramener y a plus qu’à crever. Moi, je ne jurerai pas sur leur mère ou sur leur race, la première ne m’a rien fait et la seconde est un raccourci d’imbécillité et je n’irai pas plus chercher des mots compliqués qu’ils ne comprendraient pas, je n’irai pas finasser, déguiser mes propos, voilà ce qu’elle me conseille de faire l’intellectuelle. Elle a bien raison mais, je risque quoi, moi, à l’ouvrir ?

 

Une insulte c’est une humiliation publique et ce billet sur un blog c’est du public alors je risque gros avec mes divagations à la con. Ce serait sans doute même de la diffamation et les juristes seraient bien capables de requalifier mes propos pour laver l’honneur d’une profession. Celle des profs punis comme des mauvais parents, ils s’en foutent mais la leur, pas touche… Non, moi je n’en ai que contre ceux qui lisent, écrivent la loi et la dirigent en créant des injustices, des rancunes, des iniquités insolubles dans les familles sous prétexte de faire le bien (à court terme pour le Budget de l’État). Je n’en veux pas aux juristes en général car en plus, je suis bienheureux d’être français et de vivre dans un pays où il y a des lois et des gens pour les appliquer. J’ai même su m’en servir parfois c’est pourquoi je comprends la colère de ceux qui pensent qu’on veut leur faire bouffer le Code du travail. Ils ont bien raison de rouspéter. Je dois le préciser car c’est bien l’intention qui fait l’insulte et moi je ne cherche pas à insulter les magistrats juste leur dire que certains font chier grave.

 

Regardez, il y en a un qui me condamne à verser 900€/mois à ma fille. Je suis obligé de vendre mon appartement pour payer. En appel, ils s‘y mettent à plusieurs pour dire, vous avez de l’argent à présent alors payez. Je paye. Ça dure plus de cinq ans et maintenant il y en a une autre qui dit bon, puisque vous insistez lourdement, je diminue à 450€/mois et il faut juste qu’elle vous dise une fois par an ce qu’elle fait votre fille et puis c’est bon… Pas plus de contraintes que ça. Pour elle, c’est bon sûrement ; pour moi, non car ça peut durer dix ans et ça fait plus que ce que me file le chômage de l’Éducation Nationale après avoir bossé quinze ans. Alors, ça suffit ! Ça suffit ! Merde alors. Dans six ans ils vont me filer 400€/mois de retraite et moi je dois continuer à engraisser la feignasse ? Je devrais bosser pour qu’elle se les roule ? Pas envie. Je râle et je rouspète mais c’est comme pour Calimero, ça sert à que dalle.

 

Cette JAF, elle a dû se dire : vu que la loi ne donne pas de limite au devoir « d’aide » alors, moi, je ne le limite pas. Mais putain de merde ça peut durer une vie comme ça et c’est moi qui paye et en plus je dois fermer ma gueule. Fait chier la JAF… J’en ai contre tous ces gens super-intelligents qui savent mieux que nous, décident pour nous, sans que ça ne leur coûte rien, bien sûr. Il me semble que c’est un peu facile, ça non ? En plus, dans les huis clos avec les juges, tu n’as rien le droit de dire. Ils ont toujours raison. Les enfants même grands, majeurs, capables de travailler sont privilégiés. C’est le vôtre : oui, alors payez ! Voilà comment ça se passe avec certains.

 

Pas besoin d’assurance chômage, d’allocation universelle ou je ne sais quelle autre connerie illusoire de Bobos friqués. Tu bosses pour gagner ta vie, tu n’as pas de rentes ; ton fils, ta fille veut un appart, elle l’a demandé au JAF. Elle a le droit de l’avoir, c’est légitime et toi, tu as le devoir de payer… Jusqu’à ce qu’elle ait une situation. C’est comme ça !

 

Mais je m’égare, je m’égare… Je perds mon jugement et mes insultes tombent à plat. Elle m’avait prévenu Julienne Flory, je risque gros. Mes émotions brouillent ma perception du monde et colorent mon jugement de gros mots incompréhensibles ou décalés, un peu comme le capitaine Haddock dans Les aventures de Tintin. « Nous ne pouvons pas injurier comme bon nous semble. Il faut d’abord analyser la situation et voir ce qui est opportun ou non ». On n’en sort pas. Pas droit à la colère. Il faut ronger son frein, ravaler ses humeurs surtout contre madame la JAF ! Elle se ferait bien un gougnafier macho, râleur pour son quatre-heures, la petite dame. Pas d’allusions, pas d’allusions… que des faits, que des faits. Il ne s’agit pas d’être grossier mais efficace. Si la logique professionnelle de cette JAF qui fabrique la loi c’est de faire de l’injustice, il me faut faire appel, changer ça et faire plus que ça pour que ça n’arrive plus. Une insulte ne suffirait pas, restons corrects mais frappons fort car c’est à cela que servent les injures, à blesser, efficacement, à salir l’honneur comme l’est celui du père que je suis condamné comme un incapable (tout ça se décide sans enquête sociale : pas le temps, le budget…).

 

Madame, la juge, avec tout le respect dû à votre fonction : vous jugez mal, vous jugez trop vite. Vous avez fait preuve d’incompétence, pas parce que vous n’appliquez pas la loi. Elle est tellement permissive que tout est permis grâce à elle. Mais vous fabriquez une assistée, privilégiez les enfants revanchards sur ceux qui sont respectueux et créez des rancunes insolubles qui exploseront tôt ou tard, c’est de l’incompétence sociale.

 

L’incompétence, ça, aussi c’est une insulte, preuves à l’appui ? Je suis con, Flory m’avait prévenu la justice se fout des preuves pour juger des insultes alors pas besoin de traiter, maltraiter, pestiférer, vociférer pour le dire même si l‘envie ne m’en manque pas et me ferait beaucoup de bien. C’est dit, les cris, les propos décalés ne servent à rien, surtout dans une société qui comme la nôtre se veut démocratique. Encore faut-il, puisqu’elle se prétend démocratique que l’expression des mécontentements soit possible et notamment que la critique de ceux qui rendent la justice, en notre nom, soit permise. Et ça c’est possible pour tout le monde ?

 

C’est pour cela qu’après plus de cinq ans à verser une rente mensuelle de près du quart de mes revenus à ma fille qui y adjoint ses propres revenus, je vais suite à ce jugement mollasson, faire appel puis irais sans doute en Cassation. À la fin, au bout de dix ans, si je me défais du jugement de celui qui fit de ma fille une rentière, si enfin à trente ans elle se voit contrainte à s’assumer et bien j’aurais perdu l’épargne d’une vie, l’énergie d’une décennie, dépensé beaucoup et même pas retrouvé mon honneur car il sera temps pour moi d’aller à la retraite pauvre et fatigué. Certains, se croyant bien informés, penseront que je pourrais alors lui demander de l’aide : une illusion que de simples calculs démontent aisément et puis ça n’excuse pas le massacre des jugements à l’emporte-pièce qui fait de milliers de parents des quasi indignes.

 

Et dire que nous vivons dans un pays où s’exercent les droits de l’Homme. P…, ça fait c… ! Nous aurions bien fait de nous injurier copieusement ma fille et moi ; vlan, un bon coup devant le JAF. Ça aurait pu s’appeler une médiation mais les législateurs l’ont fait pour les divorces, vu que les JAF sont assaillis de demandes. C’est de la justice gestionnaire, ça car pour les parents condamnés à l’obligation d’entretien, il n’y en a pas besoin. Il n’y a que quelques mauvais parents tous les ans, quelques milliers, rien. En plus, ils ne la ramènent pas.

 

Après tout, je devrais bien le prendre, avec humour. Je pourrais même à cette condition vanner les juges mais ils trouveraient à y redire quand même. Je suis sûr qu’ils sont sourcilleux avec leur réputation. L’humour est une arme de désarmés face à leur pouvoir mais encore faudrait-il les atteindre sinon, ça ne sert à rien et puis si ça ne change pas, qu’est-ce qu’on en a à faire, de l’humour ? C’est juste pour rigoler ? Pour se faire du bien ?

 

J’ai bien lu ce que je risquais avec mes injures dans le bouquin de Julienne Flory et ça m’a incité à la prudence. On verra si ça suffit ou si une simple critique de cette obligation d’entretien en plus des 70 000€ me coûte 15 000€ de plus pour diffamation car moi je ne peux pas lâcher du « Casse-toi, pauvre con ! », je suis un Lambda. C’est risqué d’insinuer ou de dire du mal de ceux qui ont le martinet de la justice familiale mais je prends le risque car s’il faut se faire dépouiller et en plus ne pas pouvoir crier… c’est avoir encore moins de droits qu’un coq sur son poulailler.

 

Je ne sais pas si les JAF vont mépriser mes élucubrations (fondées) ou crier à l’outrage (on verra bien s’ils ont de l’humour) mais le bouquin m’a éclairé et prévenu même si je trouve qu’elle n’est pas allé assez loin. C’est sûrement qu’un début parce que « l’analyse de la législation des injures se révèle particulièrement pertinente pour comprendre le fonctionnement de notre État et de notre société ». Rien pouvoir dire, pas pouvoir se défendre, ça en dit long…

 

Moi, je crois que je vais quitter l’étude des sciences humaines et filer vers la fiction. Je pourrais critiquer sans qu’on me dise qu’un cas, deux cas, trois cas, deux mille cas… c’est pas des preuves d’injustice. Que la justice est bien rendue…, C’est des conneries ! Merde !, mais j’en suis la preuve et pas besoin d’insulter qui que ce soit pour le dire. C’est juste un petit juron qui fait du bien : ça va mieux mais ça ne suffit pas. Alors j’ai lu son chapitre intitulé « du pouvoir d’agir au pouvoir magique des injures ».

 

Un juron ne suffit pas. Il faut transgresser les règles, les nôtres et pourquoi pas recourir à l’injure car « l’injure peut changer la situation ». Certes, elles font du bien, nous vident de nos énergies négatives accumulées et il y en a… Mais ça ne suffit pas de se faire du bien (même si c’est nécessaire) avec quelques jurons, gros mots et insultes bien senties. Mais pour les toucher tous ces puissants qui décident pour nous, en notre nom paraît-il, il faudrait autre chose pour les toucher. La philosophe nous propose des solutions pour que les injures changent ma vie, alors j’ai poursuivi ma lecture parce que ces gens-là je ne peux pas les vanner, on n’est pas entre pairs. Ce n’est pas comme si j’étais JAF, juge ou même avocat, je suis un défroqué, moi, j’ai aucun droit. Alors vu qu’« un mot n’a pas une signification réelle, c’est l’usage qui donne du sens, et ce sens change suivant l’usage qu’on en fait », je vais « redistribuer le pouvoir des mots » en recourant aux injures et fabriquer des fictions injurieuses sur ces juges qui manquent de moyens, jugent vite et prennent dans nos poches ce que les finances publiques n’ont pas pour les jeunes qui réclament de l’aide parce qu’ils ont du mal à trouver une place qui leur convienne. Ça, ce serait une idée : il me faudrait devenir un serial killer des jugements à la con, un peu à la San Antonio. Ça, ce serait un acte politique mais pas ici que je le ferai, ce n’est pas le lieu. Il me faudrait donner suite, ailleurs, dans d’autres sphères mais putain que c’était bon d’écrire quelques jurons avant de pouvoir injurier copieusement, comme entre copains, entre parents humiliés par les juges et autres puissants.

 

Les obligés, aux armes, levons nos crayons, armons nos revendications. Nous aussi nous avons des droits. Injurions cet avenir qui nous soumet à des obligations en les inventant chaque matin ! Il faut rendre publiques ces petites affaires rendues en huis clos, ces délibérés pernicieux, rendre obligatoire le règlement à l‘amiable entre certains jeunes et leurs vieux avant qu’il n’y ait la guerre des générations et pour ça « la magie des injures est de permettre à des personnes d’entreprendre en se nommant, en existant et en n’étant plus opprimées mais révoltées » comme l’écrit Julienne Flory.

 

Amen, aux armes, et cetera…

 

 

 

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