Air France vol 007 : Les exploits du CCO

 Alexandre de Juniac s'exprimait hier sur Europe 1, à propos du grotesque événement du vol AF007, dérouté sur Manchester dans des conditions rocambolesques. Le PdG d'Air France-KLM n'a pas été très convaincant c'est le moins que l'on puisse dire, ressassant des éléments de langage totalement éculés.

 

Alexandre de Juniac s'exprimait hier sur Europe 1, à propos du grotesque événement du vol AF007, dérouté sur Manchester dans des conditions rocambolesques. Le PdG d'Air France-KLM n'a pas été très convaincant c'est le moins que l'on puisse dire, ressassant des éléments de langage totalement éculés.

Hier aussi étaient publiées la lettre à Frédéric Gagey, PdG d'Air France, de l'ancien Ministre Bruno Le Maire, actuellement Député UMP de l'Eure, de même qu'une lettre d'excuses aux passagers, du Président d'Air France. 

Et aujourd'hui circule sur internet, le rapport du commandant de bord sur ce vol calamiteux ! Le voici !

J'ai lu avec soin et plaisir ce compte rendu relativement factuel, teinté néanmoins du manque de maturité congénital de nombre de commandants de bord d'Air France, en matière de "making decision"

J'ai eu le plaisir de constater que ce rapport confirmait en tous points ce que j'avais déduit de l'affaire par la seule réflexion, et l'analyse des données ATS-B, publiées sur les sites bien connus Flightradar24.com, et FlightAware. 

À savoir l'heure butée de l'amplitude max, soit 11:55 Z. Je l'avais pour ma part exprimée en heures locales NYC. ( 06:55)
J'avais utilisé dans mes calculs un temps de vol de 5h49, et le commandant indique un temps de 05:52.
Il confirme implicitement aussi que l'heure de présentation de l'équipage n'a pas été changée, par le Chef d'Escale Air France

Décaler le pick up de l'équipage ne serait ce que d'une heure aurait assuré sans aucun problème le retour sur Paris. 


La responsabilité du Chef d'Escale JFK semble considérable dans ce fiasco, dont la Cie Air France était en droit ( et en devoir ) d'attendre un meilleur sens de l'anticipation.

Quoiqu'il en soit le rapport indique clairement que l'A380, ne pouvait pas décoller de JFK, en respectant les normes de temps de service, et charge pleinement le CCO.

Tout le monde aura compris que j'avais vu juste en disant que fatalement le vol avait décollé en direction de Manchester, et que le changement de track cité n'était en fait que l'ajustement de route vers Manchester.
Ce bon François D, me paraît jouer quelque peu sur les mots, dans un style très Ponce Pilate.

Au passage tout un chacun aura noté que dans les échanges entre l'équipage et le CCO AF ( centre opérations ), qu'il n'a jamais été question d'envoyer un équipage de relève A380 à Manchester. 

La bonne décision était bien entendu de ne pas décoller, et d'envoyer tout le monde à l'hôtel.
Le CCO a comme d'habitude montré son incapacité à prendre de vraies décisions fortes dans le respect et l'intérêt de la clientèle. 

 

 

 

 

 

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