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Le Club de Mediapart mar. 27 sept. 2016 27/9/2016 Dernière édition

Pourquoi une révolte et pas une révolution ?

"C'est pourquoi nous avons besoin d'une révolte citoyenne, aussi pacifique que majoritaire, qui s'emploie à remettre notre monde sur ses bases", écrit-il en conclusion de son article. Comment ne pas sentir un petit goût d'inachevé dans son propos ? Car la révolte ne fait que stopper la décomposition du cadavre, voire demeure capable de lui redonner un peu d'élan.

La prise de la Bastille est sans doute une révolte populaire, un acte par lequel rien comme tout aurait pu ébranler le monde. Liancourt éclaira le roi, lui assurant que le temps des révoltes avait vécu comme son monde. On sent aujourd'hui cette même décomposition du capitalisme financier, alliance du capitalisme et d'un culte de l'argent ayant contaminé chaque catégorie de la société. Mais la Bastille déboucha sur ce que l'on sait. La révolte n'en était pas une, l'horizon d'un état primitif lavé de toute corruption morale et idéologique de l'Ancien régime était dégagé. Le mot de Révolution revêtait son premier sens, un cycle était achevé pour donner naissance aux puissances du commencement seules capables de créer un nouvel ordre.

Car la Révolution contrairement à la révolte transforme radicalement les rapports sociaux et les structures politiques non pas vers un retour à une forme idyllique maist bien vers une marche en avant où l'irrationnel qui domine et instruit les inégalités laisse la place à un monde plein de raison et de justice. Les discours de la gauche comme les incantations de la droite sur la moralisation du capitalisme ne sont que des révoltes de salon qui n'ont pour effet que de maintenir et prolonger la domination des structures qu'ils prétendent combattre. On peut se souvenir de l'intuition de Robespierre, "Voulez-vous d'une révolution sans révolution ?" (Réponse à Louvet 5 nov. 1792) qui ne pouvait admettre que la nécessité politique soit de conforter un régime à l'agonie mais bien au contraire la mise en œuvre de sa destruction. La prémonition de Saint Just conforte cette idée que la révolte sans la révolution n'aboutit qu'à un renforcement des structures d'oppression. "Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau" (discours du 26 fév. 1794). L'état bourgeois finira par s'imposer en 1830 grâce à une révolution qui n'est jamais venue à bout de cette contradiction.

C'est dans le caractère négatif de la détermination d'une classe par rapport à une autre que se joue ici et maintenant le sort du capitalisme financier. Il est drôle de constater que les plus grands dirigeants de la planète, toute sensibilité confondue, s'accordent à le désigner clairement comme ennemi. Cependant leurs intérêts étant souvent parallèles aucun ne prendra la responsabilité d'entamer la moindre guerre à son encontre, au contraire il s'agit toujours de prolonger le malade dans l'acharnement thérapeutique le plus absurde. Marx avait bien remarqué la lutte permanente qui oppose les classes dirigeantes, affirmant que le degré de non retour était atteint quand "tous les défauts de la société se concentrent dans une autre classe, il faut qu'un groupe déterminé soit un objet de scandale universel". (Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel - 1844).

Le scandale universel Edwy Plenel l'a pointé. C'est à se demander si la prise de la Bastille n'est pas le point inaugural et qu'il est encore à reprendre. La nouvelle révolte, dont le moteur est cette indignation que le destin des peuples se joue sans eux, se fabriquant aujourd'hui sur un écran d'ordinateur selon la courbe des marchés financiers, ne suffira pas. Toutes les conditions sont pourtant réunies pour que celui qui toucha l'axe du monde et l'inclina vers son univers, après nous avoir mis la tête à l'envers, ne viennent à son tour nous affirmer que son ordre est intangible. Une révolution se justifiera alors d'elle-même pour remettre sur pied les droits naturels les plus élémentaires.

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Tous les commentaires

bien d'accord avec vous georges AUSPITZ.

aujourd'hui triste anniversaire,il y a 40 ans prenait fin,BRETTON-WOOD.

il ne tient qu'a nous de le remettre sur pied.

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