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Le Club de Mediapart mer. 10 févr. 2016 10/2/2016 Édition du matin

En avoir ou pas (des enfants)

"En cela j'approuve l'avis de mon cher Euripide qui a dit que celui qui n'a pas d'enfant est heureux dans son infortune"

(Boèce - La consolation de Philosophie, livre 3 chap. 7)

Le tourment des enfants... Mais plus que cela, Boèce ne conçoit pas le bonheur sans une forme d'autonomie, d'autosuffisance que les enfants remettent en cause en permanence. Il va encore plus loin en affirmant que celui qui invente le fils, donc le père ou la mère, n'est rien d'autre qu'un "bourreau". Mais il y a effectivement une contradiction car celui qui a un enfant est heureux d'en avoir car ils apportent du bonheur plus que du malheur. Tout comme celui qui n'en a pas est heureux malgré son malheur de ne pas en avoir car il évite les inquiétudes liées au sort de la progéniture. Le désir d'avoir un enfant à tout prix pourrait finalement n'être qu'un conformisme social et non naturel. Du moins est-ce la question que l'on peut se poser grâce au poète qui nous livre ici une petite leçon de philosophie, cette grande consolatrice du genre humain.

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Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit, Parlez-nous des Enfants.

Et il dit :

Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie.

Ils viennent à travers vous mais non de vous.

Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.

Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.

Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire à votre image.

Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes.

L'Archer vise la cible sur le chemin de l'Infini, et Il vous tend de Sa puissance afin que Ses flèches volent vite et loin.

Que la tension que vous donnez par la main de l'Archer vise la joie.

Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime également l'arc qui est stable.

 

(Le Prophète, Khalil Gibran 1923)