L'indécente comédie des dons

Notre-Dame. Les milliardaires au chevet de la cathédrale de Paris

Comment un communiste athée peut-il réagir après que la cathédrale a été la proie des flammes. Cet incendie est ressentit comme une catastrophe. Ainsi en serait-il si Versailles ou le Louvre ou que sais-je encore, venait à subir le même sort. Ces architectures sont des marqueurs de l'Histoire, de notre histoire qui nous rappellent d'où nous venons et dont nous nous sommes extraits au prix de la sueur et du sang. Pour l'une, l'obscurantisme religieux, pour l'autre, le despotisme de la royauté. Pour un peu, on en viendrait à regretter la destruction de la forteresse de la Bastille. Ces édifices de pierre sont des jalons sur le long parcours des souffrances et des avancées populaires. Sans eux, notre imaginaire serait gravement amputé de ce qui nous motive dans notre lutte pour un monde débarrassé du capitalisme.

Et voilà que ce qui en train de se passer nous renvoie à l'incongruité et l'impudicité de ce système.

Les milliardaires qui accumulent des fortunes sur le dos des « gens qui ne sont rien », font assaut de générosité et promettent des centaines de millions, qui bénéficieront vraisemblablement d'une défiscalisation. Au fil des heures la liste des donateurs ne cesse de s'allonger : François Pinault : 100 millions, Bernard Arnault, 200 millions, La famille Bettencourt et L'Oréal : 200 millions, Total : 100millios... Mardi en fin de journée ce n'était pas moins de 700 millions qui étaient comptabilisés.

C'est, comme on voudra, à pleurer ou à vomir.

17 avril 2019, 21h



Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.