enseignants et soignants: même déni?

alors qu'on commence à comprendre l'impact de la mauvaise gestion de la crise sanitaire sur les soignants, s'apprête-t-on à faire la même chose avec les enseignants?

je suis enseignante. Je suis en lien tous les jours avec mes élèves. J'assure la continuité pédagogique. Avec mes moyens, avec une grande implication.

Je n'ai pas choisi ce métier pour ne pas voir mes élèves. Je n'ai pas choisi ce métier pour être derrière un écran. Comme tous mes collègues, on s'adapte. Comme tous mes collègues, on fait de notre mieux. Nous sommes très investis, vraiment. 

N'en déplaise à certains journalistes prompts à nous juger et à penser que nos interrogations quant à la pertinence de la reprise n'est que l'expression de notre couardise ou de notre fainéantise (bon d'être traités de fainéants, on commence à en avoir l'habitude!).

Le ministère (qui communique beaucoup plus dans les médias que directement à sa base) profère des injonctions changeantes et contradictoires quotidiennement. Les gestes barrières nécessitent des aménagements ubuesques! Comment construire un accueil sécurisant dans un tel contexte?

Le gouvernement décide de faire fi des recommandations du conseil scientifique (reprise en septembre). Il décrit une situation mensongère: non tous les établissements ne sont pas munis de masques, ni de gels hydro-alcooliques et ne le seront pas le 11 mai.

Tous les jours, le rectorat demande la remontée des chiffres du nombre d'enfants de soignants accueillis sans JAMAIS livrer de masques!

J'ai la sensation que mes élèves et leur famille ne sont pas respectés, j'ai la sensation de ne pas être respectée. NON, nous ne souhaitons pas que certains enfants restent sur le carreau. Mais, à cela, nous y pensons TOUS les jours et pas seulement depuis la crise sanitaire!!! Est ce le cas de notre ministère, sourd à nos revendications depuis des années!!

NON, nous ne négligeons pas l'impact de la crise sur notre économie mais devons nous y être sacrifiés?

Aujourd'hui, apparaissent les conséquences de cette mauvaise gestion de la crise, parmi les soignants. Que devons nous dire et/ou faire pour que cela ne soit pas la même chose parmi les enseignants?

Je pose véritablement la question car je me sens seule face une omerta si forte.

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