Résonance 7 - Réforme de l'enseignement supérieur et libertés universitaires

Comme d'habitude, toute ressemblance avec des faits réels ou ayant existé...

« La question de l'enseignement a rarement été mise à l'ordre du jour de l'opinion pour elle-même et simplement en vue de mettre en évidence ou de discuter les moyens les plus capables d'élargir la base ou d'élever le niveau de l'instruction publique. C'est, malheureusement, plutôt aux époques les plus troublées, en vue d'intérêts politiques, que l'on s'en est occupé. C'est triste à dire. [...]

La principale question a trop souvent été celle de savoir quel parti politique disposera de l'enseignement et pourra, à son gré, le transformer en un instrument de règne, d'influence ou de domination, et cela, au risque de frapper l'avenir national de vice ou d'arrêt de développement. [...]

La question du haut enseignement [...] fut discutée à la dernière heure d'une Assemblée mourante, en vue, disait-on, d'appuyer sur une base solide le relèvement intellectuel et moral de la France. La solution intervenue atteindra-t-elle au but ? Cela peut paraître bien douteux. [...]

La vérité est qu'en fait de réforme de l'enseignement supérieur et de libertés universitaires, [...] la situation, nouvelle sans doute, [...] n'est certes pas meilleure, du point de vue scientifique [...] elle n'élève et ne peut élever en rien, absolument en rien, le niveau des études dans les institutions de l'État; elle leur crée une concurrence sans doute ; mais il n'est rien moins que certain que cela soit au profit de la science, de sa diffusion plus grande ou de son plus rapide développement. [...]

Il nous parait impossible que les fils de la France moderne ne fassent pas un vigoureux effort pour rentrer enfin dans une voie de progrès réel en inaugurant, dans le système de l'instruction publique à tous les degrés, dans les institutions de l'Etat surtout, une réforme sagement libérale, conçue, discutée et exécutée par des hommes d'État et non plus à l'aide de coups de majorité de hasard, par des partis hostiles et irréconciliables.

Il nous parait impossible que le corps universitaire lui-même ne s'éveille pas de sa torpeur et laisse tout faire, tout passer, avec l'indifférence de fonctionnaires sans responsabilité et sans initiative.

Il nous parait impossible, enfin, que l'esprit public ne cherche pas à s'éclairer et ne s'émeuve pas quand il s'agit du plus grand intérêt des temps modernes.

Le développement intellectuel et scientifique, l'extension et l'élévation de l'instruction, à tous les degrés représentent, en effet, la meilleure part de la force et de la véritable grandeur des nations ».

Charles Schützenberger, De la réforme de l'enseignement supérieur et des libertés universitaires, Paris, Masson, 1876.

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