Les GAFAM et l'importance de notre émancipation : Facebook

Scandales Facebook, censure Twitter. Et pourtant ce premier est encore très utilisé par les Français et les médias. Manipulation de l'information, recèle de données personnelles, évasion fiscale, voici le portrait des services que nous utilisons tous les jours.

GAFAM, vous avez certainement déjà entendu ce terme à la radio, à la télé ou bien même sur l'un d'entre eux, mais que signifie-t-il ? Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Dans les faits, on utilise cet acronyme pour désigner les Géants du Web qui en plus des 5 entreprises cité précédemment, compte parmi ses membres des sociétés comme Twitter, Netflix ou encore Uber. Dans ce billet je vous propose de dresser le portrait d'un membre: Facebook.

Créer en 2004 par Mark Zuckerberg, Facebook est aujourd'hui utilisé par 33 millions de Français en 2018 (source: Blog Du Modérateur), ce qui fait de Facebook, le réseau social le plus utilisé dans l’hexagone malgré les multiple scandales à propos des données personnelles de ses utilisateurs.

L'or numérique : les données personnelles

Il s'agit du principal moyen de revenu du réseau bleu : Vendre de la publicité. Chez Facebook ils ont bien compris qu'une publicité efficace est une publicité ciblée. C'est-à-dire une publicité affichée en fonction du profil de l'utilisateur. L’enjeu ici et d'en apprendre toujours plus sur votre personne (centres d'intérêts, orientation politique, sexualité, relations, données médicales, etc) afin d'en tirer un profil ultra complet leur permettant de vous afficher des publicités taillées pour vous et donc, maximiser les revenus des annonceurs.

Cette masse d'informations sur les 2,2 milliards d'utilisateurs c'est de l'or numérique. De l'or que Facebook compte bien marchander afin d'en tirer un profit maximum en dépit des consentements de ses utilisateurs. Quelques mois après la révélation mi-mars du scandale Cambridge Analytica, on apprend que Facebook aurait permis à des entreprises partenaires d'accéder aux données d'utilisateurs entre 2010 et 2017 et ce, sans leur consentement. En 2018, 21 "dossier sensibles" ont été recensée par le site Wired.

 L'information algorithmique

Facebook décide qui regarde quoi en utilisant un fil d'actualité algorithmique plutôt qu'un fil chronologique. Autrement dit, ce qui se trouve dans votre fil d'actualité ne correspond pas forcément aux dernières nouvelles de votre réseau. Facebook utilise des algorithmes pour proposer toujours plus de contenu et ainsi vous garder plus longtemps connecté, mais aussi pour manipuler l'information en limitant ou à l'inverse, en maximisant l'affichage de certains sujets particuliers. Limiter la présence d'article à propos du mouvement gilet jaune pour faire penser que le mouvement s’éteint par exemple ou encore privilégier les publications de certaines personnalités politiques vis à vis d'une autre.

France ou Irlande ?

Un autre point glissant sur Facebook concerne sa fiscalité. Comme ses amis Google et Microsoft, Facebook déclare l'essentiel de ses revenus en Irlande le pays européen (avec le Luxembourg) proposant les règles fiscale les plus avantageuses du continent. Ainsi en 2018, Facebook n'a déclaré que 56 millions d'euros de chiffre d'affaires au fisc français pour finalement être imposé à seulement 1,9 millions d'euros alors qu'on estime son chiffre d'affaires à 850-950 millions d'euros en France. Malgré les 3% de taxes annoncé par Bruno Le Maire tous les pays membres de l'union européenne ne partagent pas cette vision de la fiscalité. Notamment l'Allemagne qui souhaitent maintenir un contrat signé avec les Américains concernant l'exportation de véhicule.

Vers quelles alternatives se tourner ?

Les alternatives à Facebook, il en existent plusieurs. L'idée est de ne pas retomber dans les mêmes schémas que Facebook et privilégier la décentralisation plutôt que les silos de données. Récemment le W3C (Le consortium chargé de promouvoir la compatibilité des technologies du web) à officiellement publié le standard ActivityPub comme recommandation. Ce standard permet à plusieurs serveurs de communiquer entre eux de façon à créer un réseau (le même principe de fonctionnement que les emails). Osada parait être l'alternative la plus pérenne dans le temps. Il s'agit d'un projet libre et open-source permettant de s'affranchir de Facebook. Il propose l'essentiel des fonctionnalités que l'on peut attendre d'un réseau social: événements, partage de photos et des groupes privés.

Étant donné que Osada fonctionne avec le standard ActivityPub, vous pourrez trouver et échanger avec des connaissances même si elles sont inscrites sur un autre réseau social compatible tel que Mastodon (une alternative à Twitter) ou encore Peertube (une alternative à Youtube).

Vous pouvez également jeter un oeil sur le projet Diaspora* qui est une alternative à Facebook intéressante, cependant vous ne pourrez pas tirer parti de la force d'ActivityPub.

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