Bonnes nouvelles des milliardaires!

Le rapport 2010 du magazine Forbes, publié au printemps, nous apporte de bonnes nouvelles des milliardaires. Ils sont 1‘011 dans ce club, contre seulement 793 en 2009. Soit 218 de plus. Ça c’est une bonne nouvelle.

Le rapport 2010 du magazine Forbes, publié au printemps, nous apporte de bonnes nouvelles des milliardaires. Ils sont 1‘011 dans ce club, contre seulement 793 en 2009. Soit 218 de plus. Ça c’est une bonne nouvelle.

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Le syndrome de Robin des Bois

Cela poserait un autre problème: l’argent serait pris sur leurs bien, donc sur les entreprises qu’ils financent. Lesquelles entreprises chuteraient à leur tour. Robin des Bois n’avait pas prévu cela.
Prendre aux plus riches est une vieille idée, qui a ses limites. L’impôt le fait déjà. Mais il ne prend par tout, sans quoi l’économie serait cassée. Sans gros apports d’argent la société industrielle n’aurait pas pu créer des entreprises de masse. Or c’est grâce à elles que les prix des voitures sont abordables, que les maisons sont chauffées, etc. Sans industrie de masse la technologie serait hors de prix. Si donc on prend à ceux qui peuvent investir, l’investissement tombe. Sauf si on confie l’investissement à l’Etat. Ce qui signifierait qu’il n’y aurait plus de concurrence des idées, et qu’il faudrait montrer patte blanche à des fonctionnaires pour avoir des fonds. Il y a plus de liberté en faisant appel au privé qu’à l’Etat.
Toujours dans l’idée de Robin des Bois on peut aussi prendre ces 3‘600 milliards et les partager également entre les habitants de la planète. Bof… Cela ne fait qu’un peu plus de 500 dollars par personne. Trop vite dépensés et pas d’investissement. Mauvais plan.
On peut aussi proposer aux milliardaires de céder une partie de leur fortune volontairement pour aider les plus démunis.
Le sénateur , ancien candidat à la Maison Blanche en 1972, dit ceci:

«Parmi les personnes qui souffrent de la faim dans le monde, 300 millions sont des enfants d’âge scolaire. Non seulement ils supportent les affres de la faim mais, sous-alimentés, ils manquent d’énergie, sont apathiques et vulnérables aux maladies de toutes sortes. Ces enfants ne peuvent pas suivre des études scolaires normales - quand ils ont la possibilité d’aller à l’école. La faim et la malnutrition pendant l’enfance peuvent avoir des effets dévastateurs irréversibles sur le corps et sur le cerveau. Chaque minute, plus de dix enfants de moins de cinq ans meurent de faim. D’ailleurs, nul ne connaît vraiment le nombre exact d’adolescents et d’adultes dont la vie a été endommagée par la malnutrition avant et après la naissance.
Selon mes estimations, les coûts nécessaires pour financer pendant les deux premières années un programme de repas scolaires au niveau mondial, s’élèveraient à 3 milliards de dollars.»

3 milliards sur 2 ans. C’est jouable. Encore faut-il être certains que l’argent aboutisse bien au projet et non dans la poche d’un fonctionnaire corrompu. Et donner un repas à midi ne suffit pas: il faut soutenir des programmes qui permettent de rendre les pays pauvres capables à terme d’assurer leur indépendance nutritionnelle.

Mécénat et indépendance nutritionnelle

Bill Gates a déjà convaincu 40 milliardaires de devenir mécènes et de donner la moitié de leur fortune dans des oeuvres humanitaires. Bon, ça va mettre Robin des Bois au chômage ça.
Et puis il faudrait quand-même pas leur en prendre trop. En suisse 3% de la population paie autant d’impôts que les 97% restants. Je ne sais pas si mon analyse des choses est juste mais plus on leur prend d’argent et moins il paieront d’impôts. Les 97% restants - soit NOUS! - devront payer plus.
Je pense que le mécénat est une bonne chose: faire de l’argent et en redonner une partie dans la philanthropie ou le culturel. D’ailleurs, j’ai un projet culturel de grande envergure qui mobiliserait des représentants de toutes les disciplines et de tous les continents. Il donnerait à Genève et sa région un éclat mondial pendant plusieurs mois. Si un milliardaire me lit…
Bon. Au final, je me demande comment serait le monde sans les milliardaires. Parce que répartir leur argent, on l’a vu, ne donne de 500 $ par humain. Pour investir il faudrait se regrouper, créer des communautés d’intérêt, ce qui revient à concentrer à nouveau la richesse. Ou alors nous vivrions de moins. Il y aurait moins d’investissement, moins de travail, moins de technologie, moins de confort, moins de médecine, moins d’Etat et donc de sécurité. Ce serait une autre vie. Peut-on, veut-on se passer de pôles d’argent, qu’ils soient représentés par des privée, des sociétés, l’Etat? Si oui, pour aller vers quel monde?

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