Lapidation: Sakineh et les autres

La bonne conscience internationale se lève pour défendre Sakineh Mohammadi Ashtiani, cette femme iranienne condamnée à la lapidation pour adultère. La notion d’adultère est particulière puisqu’elle aurait eu deux relations avec un homme après le décès de son mari. En Iran on resterait mariée après le décès de son époux? Quelle en est la logique?


sakineh.jpgL’accusation de meurtre, reprise à la télévision la semaine dernière avec des aveux suspects, avait déjà été abandonnée par les autorités iraniennes. Celles-ci semblent vouloir jeter la confusion pour déjouer les protestations internationale. La justice iranienne est juste délirante.
Une société se donne les lois qui lui semblent bonnes. Ce qui est choquant c’est bien sûr la disproportion entre la supposée faute et la sanction. C’est aussi la probable parodie de procès. C’est enfin la méthode monstrueuse de la lapidation. Sans parler de la peine de mort en elle-même.
Alors, si l’on peut sauver la vie de Sakineh, faisons-le. Sans savoir quel sera le résultat. La crainte de l’opinion internationale peut jouer en faveur de la condamnée. Mais l’orgueil national peut jouer contre elle, l’Iran n’appréciant pas particulièrement que l’occident vienne lui faire la leçon.
Mais Sakineh n’est pas la seule en attente de lapidation. D’autres y sont condamnées. Actuellement en Iran, trois autres femmes sont dans le même cas que Sakineh.
Quelle que soit la législation d’un pays, que nous soyons d’accord ou non avec des lois issues de la religion et qui gouvernent tous les aspects de la vie privée, la lapidation est en elle-même une pratique dégradante pour ceux qui la pratiquent. Imaginez ce que peuvent ressentir les hommes qui lancent les pierres, qui voient la femme être blessée et mourir peu à peu - car cela prend du temps.
Il y a de quoi être retourné.
Soutenir Sakineh est une chose. Mais toutes les condamnées doivent être soutenues. La lapidation doit être mise hors-la-loi au niveau mondial. Et les lois directement religieuses qui prétendent gouverner toute la vie des gens devraient être refusées par les citoyens du monde entier. En occident nous avons fait le chemin de séparer la loi civile (ou pénale) de la loi religieuse. Les musulmans de pays où la charia est appliquée feront-ils de même? Se libéreront-ils du joug et replaceront-ils la religion comme une démarche privée?
Quand la réalité individuelle, les besoins réels, la souffrance subie, provoqueront une révolution culturelle contre l’oppression collective menée par une certaine forme de religion et par ceux qui l’utilisent aux fins d’imposer leur pouvoir, l’explosion sera planétaire. Ce sera une grande révolution pour plus de liberté de conscience, de responsabilité et de choix.

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