Gang des barbares: le directeur, Emma, et les autres...

J’ai fait un billet il y six jours sur l’affaire du directeur de prison et de ses relations intimes avec Emma, dite Yalda, l’appât du Gang des barbares. Dans la première information parue le 13 janvier, il était question d’un directeur fou amoureux qui voulait refaire sa vie avec la jeune femme.

J’ai fait un billet il y six jours sur l’affaire du directeur de prison et de ses relations intimes avec Emma, dite Yalda, l’appât du Gang des barbares. Dans la première information parue le 13 janvier, il était question d’un directeur fou amoureux qui voulait refaire sa vie avec la jeune femme.

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Pourtant le directeur a fauté. Quelle qu’ait été la séduction d’Emma dans ce cas, réelle ou non, c’était à lui de poser la limite. Tout simplement parce que ce genre de relation contre des faveurs est un trafic d’influence. De plus il a enfreint le règlement de la prison. La faute est consommée. Le directeur est responsable de ses actes.
Il ne s’agit pas de faire d’Emma une victime: la victime est Ilan, qui n’avait fait que donner sa confiance à cette jeune femme. On ne sait pas quel sera son avenir et sa psychologie quand elle sortira de prison. Il y a beaucoup de vies gâchées dans cette affaire, dont Ilan qui lui ne pourra plus jamais revoir le soleil de la liberté. On peut déjà imaginer, au vu de tous les articles, qu’Emma sera pour toujours «la barbare». Je ne vois pas quelle porte de sortie peut exister pour elle, tant dans sa tête que dans la société.
Mais encore une fois, même en faisant abstraction de l’hypothèse que le directeur ait eu ou non d’autres favorites, il est responsable de ses actes. Histoire d’amour ou système d’exploitation des détenues? Cela ne change plus grand chose. Le préjugé contre Emma a fait de cet homme une victime. Mais quelle qu’ait été la tonalité des articles et billets ainsi que l’horreur qu’inspire encore aujourd’hui de crime, quelle qu’ait été la très lourde responsabilité et le comportement d’Emma dans la mort d’Ilan, cet homme ne saurait être considéré comme une victime.

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