Violence domestique (4): l’homme castré

Si l’époque est marquée entre autres par la déconstruction d’anciennes croyances, il est tout aussi important de déboulonner les nouvelles croyances. Si l’on veut poser peu à peu les bases d’une nouvelle société, il faut faire table rase des idées et idéologies qui perpétuent les anciens systèmes. La volonté de pouvoir est l’un de ceux-là.


femrad1.jpg1 femme = x hommes

L’inégalité hommes-femmes devant la justice, que je soulignais hier suite au procès du père infanticide dans le Jura suisse, est une démonstration de l’inversion des valeurs de notre société.
Aujourd’hui, la parole d’une femme vaut celle de plusieurs hommes devant les juges. Une simple accusation par téléphone détruit pour des années la relation d’un père avec ses enfants, sans compter les spoliations qu’il subit: argent, maison, voiture, etc.
Il est devenu clair ces dernières années que le féminisme radical, d’obédience rouge vif, se fait passer pour «le» féminisme dans le seul but de prendre le pouvoir sur la société et la modeler à sa seule volonté. Pour y parvenir il faut démolir l’homme et prendre sa place. Et ce n’est pas que dans le domaine social, culturel ou juridique: en matière de violence les filles rattrapent aussi les garçons, une manière d’asseoir leur pouvoir sur leur entourage.
La destruction de l’homme a commencé dans les années 60 quand les féministes marxistes traitaient toute relation sexuelle initiée par l’homme de viol. On dénie aux hommes toute spécificité propre, on l’évacue ou le remplace sans vergogne dans la fonction de père, on le culpabilise à outrance en lui attribuant tous les maux de la Terre, on le désigne comme seul coupable de la violence - en particulier celle de couple. Le lobby féministe radical a réussi à contaminer les instances judiciaires et gouvernementales dans de nombreux pays et la toxine a même muté pour atteindre des hommes a priori de bonne foi mais aveuglés par le reniement de la masculinité et par la culpabilité introjectée.


Le sexe, arme de destruction massive des hommesBaléares.jpg

On sait bien comment détruire les hommes: par l’évidence de leur identité propre, leur sexe et partant leur sexualité. La criminalisation du comportement sexuel masculin est devenue une sorte de mantra mystique qui célèbre la hargne contre les hommes. Regarder une femme quelques secondes, l’inviter à manger, peut valoir un procès pour harcèlement. Il faut castrer l’homme, lui couper l’attribut qui le différencie de la femme. Il faut faire de l’homme une femme. D’ailleurs les fausses accusations, sous-produit du féminisme radical et élément de terrorisme culturel moderne, est devenu l’arme invisible des empoisonneuses, lesquelles sont toujours protégées par les juges quand leur action terroriste est démasquée par un non-lieu ou un acquittement.
Ceci n’a rien d’excessif. Le féminisme radical, qui se fait passer pour «le» féminisme, tient un discours ouvertement dénigrant et culpabilisant des hommes. Avec un aplomb que l’on croyait réservé aux plus lourdingues des machos incultes.
Mais comment cela a-t-il pu prendre? Comment cette escroquerie morale et financière du féminisme radical a-t-elle pu se développer au ce point d’imprimer sur les hommes une image si négative et dénigrante. Comment en est-on arrivé à croire à cette version soviétique de l’histoire selon laquelle l’homme ne cherche qu’à exploiter et dominer la femme depuis la nuit des temps? Comment des hommes intelligents donnent-ils dans ce panneau sans plus aucun sens critique?


femrad3.jpgSur la piste du monde à venir

Peut-être faut-il chercher les raisons dans une illustration inconsciente de la puissance féminine. Si la puissance masculine des hommes est visible - dans le pouvoir politique et militaire, dans son pénis en érection, celle de la femme n’est pas visible, à l’instar de sa génitalité.
Je reprends ici un commentaire fait à l’intention d’aoki sous un précédent billet:
J'ai souvent eu l'impression que notre époque, depuis les années 50, est dans une sorte de no man's land. Pourrions-nous tenir suffisamment longtemps dans le no man's land, sans guerre, sans tyrannie, sans religion dominante, pour que des idées nouvelles aient le temps de former peu à peu un nouveau fleuve, un nouveau livre, un nouveau logos sans propriétaire, une perspective de société intégrant la science la plus pointue, la neuro-psychologie, et bien d'autres choses encore? Le génie humain s'exprime aujourd'hui dans tant de domaines: espace, physique, sciences en général, technologie, poésie, etc, bon sang qu'il serait regrettable que cela n'aboutisse pas et qu'un nouvel obscurantisme - religieux ou autre - vienne imposer sa loi à la demande d'une majorité d'humains angoissés n'ayant su prendre leur vie en main. Des humains dont le manque de père et de re-pères ouvre grande la porte à de nouveaux sauveurs-oppresseurs.
C'est d'ailleurs bien le risque d'un certain féminisme agressif et puritain, qui contrairement à ce qu'il prétend n'est pas une libération humaniste: il présente le risque d'ouvrir la porte aux nouveaux tyrans, aux ersatz de père, aux chimères dévoreuses et pourvoyeuses d'incohérence. La tyrannie du père a ceci de bien qu'elle est visible et que l'on peut s'y opposer. La tyrannie de la mère est invisible et quand bien même on pourrait en prendre conscience il serait déloyal - et donc culpabilisant -- et donc désespérant car de nature à nous rendre impuissants par inhibition - de s'y opposer.

L'ambivalence maternellefemrad5-1273665314.jpg

En effet la mère suscite l'inceste par l'aspect corporel du contact (allaitement, soins, tendresse), et elle l'interdit en même temps. Terrible ambivalence! Ambivalence par nature castratrice. Je n'invente pas. Regardons ce qui s'est passé avec l'affaire Dutroux: les hommes, les pères ne touchaient plus leurs enfants. Le contact de l'homme est perçu comme pervers, pas celui de la femme. La castration masculine est la seule solution d'impunité. Quand des féministes américaines affirmaient que la pénétration masculine était par nature un viol, ou quand on criminalise un regard de l'homme sur la femme comme du harcèlement, l'homme ne peut être innocenté qu'au prix d'une soumission volontaire à la castration psychologique et à l'abandon de sa pulsion vitale et sexuelle, qui est une part importante dans la survie de notre espèce et une part importante de son identité propre et de sa psychologie.

La castration morale, psychologique, judiciaire, sociale des hommes est en route à grande échelle. Si les hommes occidentaux, riches d’une longue évolution philosophique et d’un questionnement profond sur le monde, aimant les femmes et les hommes, partisans de l’égalité dans la différence et le respect, ne se réveillent pas, ce seront d’autres cultures ou des néo-cultures pensées par des jeunes hommes frustrés de respect et viscéralement rebelles, qui remettront en avant l’homme dans ce que sa masculinité a de plus détestable: la violence et le mépris de la femme au nom des «couilles». Cela a déjà commencé.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.