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Billet de blog 6 mars 2014

Taxis en colère, que faire ?

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Durant le mois dernier, une grève a gelé la circulation dans la capitale française : celle des taxis parisiens qui dénonce une concurrence déloyale des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC). C’est en réponse à une décision du Conseil d’État, en date du 5 février que cette mobilisation s’est mise en place. Le « décret quinze minutes » qui obligeait, depuis les 1er janvier, les VTC  à attendre un quart d’heure entre la réservation d’une course et la prise en charge du client a été suspendu, causant la gronde des chauffeurs de taxis parisien. Quelle est la différence en les VTC et les taxis ? Peut-on réellement parler de concurrence déloyale ?

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En France, pour être chauffeur de taxi, il faut se procurer une licence, limitée en nombre elle permet d’exercer la profession. En théorie cette licence - aussi appelée plaque - est gratuite mais, elle est devenue payante car les délais pour l’obtenir sont extrêmement longs. À titre d’exemple, à Paris, l’obtention d’une plaque gratuite peut prendre jusqu’à dix-sept ans ! C’est pourquoi, sur ce simple constat, un marché basé sur la loi de l’offre et de la demande s’est développé entre taxis partant à la retraite et nouveaux arrivants. Le tarif de rachat de cette licence est différent en fonction des zones géographiques car le chiffre d’affaires réalisé par un taxi parisien n’est pas le même que dans une petite ville de province. Dans la capitale, le tarif moyen d’une licence est de 240 000€ mais les villes les plus chères sont les grandes villes touristiques de la Côte d’Azur ou une plaque pour Cannes se vend à 300 000€.

Contrairement au taxi, les VTC (voiture de tourisme avec conducteur, souvent haut de gamme, mise à disposition de manière payante) n’ont pas à se procurer de licence. Pour exercer leur activité, les chauffeurs de VTC doivent être en possession d’une carte professionnelle, délivrée gratuitement et sans limite de nombre par la préfecture. C’est cela qui pose problème aux chauffeurs de taxis et qui les poussent à dénoncer cette concurrence qu’ils estiment déloyale. Afin de se faire entendre les taxis parisiens ont bloqués ce lundi 10 février les entrées de la capitale.

Alors pourquoi le nombre de VTC explose aujourd’hui et maintenant ? Ce sont plusieurs progrès technologiques qui sont à l’origine de ce phénomène : celui du GPS couplé à la démocratisation des smartphones. En effet, un VTC se commande maintenant presque plus facilement qu’un taxi, grâce à une application mobile - Uber par exemple - l’usager se géo-localise et commande un VTC. De plus, le chauffeur ne doit plus connaitre sur le bout des doigts les moindres rues de sa ville car il peut se rendre facilement ou il veut grâce à un GPS.

Devant cette grogne des taxis, le gouvernement se doit de prendre une décision. En effet, il convient d’encadrer les dérives du système des licences qui obligent les futurs chauffeurs à débourser des sommes astronomiques en échange de ce précieux sésame qui est normalement accessible gratuitement. Une solution serait peut-être d’interdire la revente de ces plaques en obligeant un chauffeur mettant fin à son activité à la restituer à la préfecture lui ayant délivré la licence en question. À méditer…

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