Le Défi climatique - 9 Rendre la parole aux citoyens

Les citoyens doivent prendre la mesure de leur capacité à changer les choses.

 

Mon intention première était d’intituler ce billet : « Retour à la case départ », à cette émission de la fin janvier dans laquelle d’éminents intervenants faisaient état d’une catastrophe d’autant plus redoutable qu’elle était abandonnée à un non- dit et dont les lecteurs de ce billet pourront trouver les multiples aspects et évaluations en se reportant sur le site de l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie ) et notamment au cycle de conférences organisé par la région Ile de France de l’Agence en avril 2018 qui présente une approche systémique du phénomène.

Ce non-dit était précisément au cœur de la question posée : faut-il dire ? Or cette question du déni m’est reposée par la lecture de ce passage du roman de Jérôme Ferrari : « A son image », page 177 :

« Les gens ne veulent pas voir ça et s’ils le voient, ils préfèrent l’oublier. Ce n’est pas qu’ils soient méchants ou égoïstes ou indifférents. Pas seulement, du moins. Mais c’est impossible de regarder ces choses en sachant qu’on ne peut strictement rien y changer. La seule chose qui est en leur pouvoir, c’est détourner le regard ».

Ça, c’est l’une de ces horreurs qui truffent l’histoire des hommes, qui peut-être préfigurent, anticipent, amorcent la grande horreur qui mettra fin à cette histoire, qui habituent à l’idée que l’homme c’est cela, un être capable du grandiose et de l’immonde, sans que ceux qui se satisferaient d’une voie moyenne mais immensément belle y puissent rien.

L’homme, Diable ou Bon Dieu ?

Il faut rendre le pouvoir à ces gens, le pouvoir de tout changer, et déjà d’abolir ce pouvoir qu’ont ceux qui le détiennent, de ne rien changer. Et, progressivement, de la Chine à la Chine, en faisant le tour du monde, faire de Qiao l’Héroïne ( v.billet 8), et de sa droiture et loyauté les vertus donnant à la pègre l’allure de la figure universelle d’une humanité réconciliée avec elle-même.

Faudrait-il donc des héros ? Sarkosy a eu le sien, George Mandel, homme politique fusillé par la milice en 1944 et dont son biographe tentait de s’emparer des vertus supposées. Moi aussi j’ai eu les miens. Ce fut d’abord le « monsieur du cirque », celui qui déployait les merveilles du monde, tiens !, il s’appelait Mr Loyal, puis Nerjine, le héros du « Premier Cercle », à l’excessive et inatteignable intégrité, puis Hilda, la passionaria de la pièce de Sartre «Le  Diable et le Bon Dieu, qui devait adapter son jeu selon que le Diable était incarné en force par Pierre Brasseur ou en nuances par François Périer…

Des Héros, lesquels, selon Bergson, sont avec les saints les fers de lance de l’humanité. Mais sept milliards de pas, sept milliards de mètres à chaque fois, aucun géant ne le fera.

 

Dans la suite  du roman de Ferrari, un prêtre juge le déni : «c’est le péché du monde, dit-il ». Attendre que la parole soit rendue, ne pas la prendre, est une faute, une erreur mortelle, un égarement.

 

 

 

LE DEFI CLIMATIQUE

9 – RENDRE LA PAROLE AUX CITOYENS

 

Mon intention première était d’intituler ce billet : « Retour à la case départ », à cette émission de la fin janvier dans laquelle d’éminents intervenants faisaient état d’une catastrophe d’autant plus redoutable qu’elle était abandonnée à un non- dit et dont les lecteurs de ce billet pourront trouver les multiples aspects et évaluations en se reportant sur le site de l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie ) et notamment au cycle de conférences organisé par la région Ile de France de l’Agence en avril 2018 qui présente une approche systémique du phénomène.

Ce non-dit était précisément au cœur de la question posée : faut-il dire ? Or cette question du déni m’est reposée par la lecture de ce passage du roman de Jérôme Ferrari : « A son image », page 177 :

« Les gens ne veulent pas voir ça et s’ils le voient, ils préfèrent l’oublier. Ce n’est pas qu’ils soient méchants ou égoïstes ou indifférents. Pas seulement, du moins. Mais c’est impossible de regarder ces choses en sachant qu’on ne peut strictement rien y changer. La seule chose qui est en leur pouvoir, c’est détourner le regard ».

Ça, c’est l’une de ces horreurs qui truffent l’histoire des hommes, qui peut-être préfigurent, anticipent, amorcent la grande horreur qui mettra fin à cette histoire, qui habituent à l’idée que l’homme c’est cela, un être capable du grandiose et de l’immonde, sans que ceux qui se satisferaient d’une voie moyenne mais immensément belle y puissent rien.

L’homme, Diable ou Bon Dieu ?

Il faut rendre le pouvoir à ces gens, le pouvoir de tout changer, et déjà d’abolir ce pouvoir qu’ont ceux qui le détiennent, de ne rien changer. Et, progressivement, de la Chine à la Chine, en faisant le tour du monde, faire de Qiao l’Héroïne ( v.billet 8), et de sa droiture et loyauté les vertus donnant à la pègre l’allure de la figure universelle d’une humanité réconciliée avec elle-même.

Faudrait-il donc des héros ? Sarkosy a eu le sien, George Mandel, homme politique fusillé par la milice en 1944 et dont son biographe tentait de s’emparer des vertus supposées. Moi aussi j’ai eu les miens. Ce fut d’abord le « monsieur du cirque », celui qui déployait les merveilles du monde, tiens !, il s’appelait Mr Loyal, puis Nerjine, le héros du « Premier Cercle », à l’excessive et inatteignable intégrité, puis Hilda, la passionaria de la pièce de Sartre «Le  Diable et le Bon Dieu, qui devait adapter son jeu selon que le Diable était incarné en force par Pierre Brasseur ou en nuances par François Périer…

Des Héros, lesquels, selon Bergson, sont avec les saints les fers de lance de l’humanité. Mais sept milliards de pas, sept milliards de mètres à chaque fois, aucun géant ne le fera.

 

Dans la suite  du roman de Ferrari, un prêtre juge le déni : «c’est le péché du monde, dit-il ». Attendre que la parole soit rendue, ne pas la prendre, est une faute, une erreur mortelle, un égarement.

 

 

 

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