UN DESTIN COMMUN - 1 ) Nécrologie, la fin des temps modernes, post et ante.

La cessation de la publication des "Temps Modernes", métaphore de la fin des temps. Un sens à donner aux temps nouveaux.

10 mai 2019

           Trois informations se percutent pour ouvrir par une chronique nécrologique une nouvelle séquence de blog et pour donner à celle-ci l’intitulé de  « Un destin commun ».
            1) Des membres de la revue « Les Temps modernes » ont bien raison de dire que la cessation de parution de la revue « pose la question de notre avenir commun »  (« le Monde » du 3 mai).
             2) La répétition des « il est encore temps », « il n’est pas trop tard », paraît trop contrainte et incantatoire pour ne pas sonner faux. Le déni est trop massif, trop ancré, pour espérer donner au mot avenir le sens d’une continuation immédiate des errements de l’humanité présente. Le livre de Nathaniel Rich « Perdre la terre », recensé dans « Le Monde » du 7 mai, rappelant après tant d’autres ce déni, dit bien « comment l’humanité a échoué à se sauver ». Si l’obstacle à un ressaisissement paraît avoir tenu parfois à un geste individuel, à la présence d’une mauvaise personne à un endroit stratégique, ni cette présence, ni le retentissement du geste n’auraient eu lieu sans un renoncement commun.
           3) L’introduction de l’ouvrage de Barbara Stiegler « Il faut s’adapter » promet d’ouvrir une réflexion utile sur les liens que peuvent entretenir l’interprétation de l’évolution darwinienne et la conduite, élitiste ou participative, que nous voulons donner à la démocratie comme lieu pouvant donner sens à la vie , sens qui, par essence, ne peut qu’être solidaire, communié.

         Une telle réflexion demandera plusieurs étapes et suppose d’accorder à l’humanité la seconde chance que lui promet la séquence précédente du blog. Il ne sera ici que donner un  court écho à la première information.

 

Les membres de la rédaction de la Revue « Les temps modernes » en disent quel était le but : « Apporter une intelligence globale du monde » ; « penser l’histoire en même temps qu’on la fait » ; « façonner le monde tout en se laissant provoquer par lui ».

            Je n’ai guère fréquenté « Les Temps modernes », ma faculté d’assimilation des lectures qui se présentent étant faible et mon exigence à cet égard, grande. Je doute que j’aurais été capable de me forger une vue globale à partir des innombrables thèmes abordés. Ceci m’interroge d’ailleurs sur l’opportunité de mon écriture, elle m’est nécessaire ; sur la pertinence de  la dévoiler à un public en la publiant ici, le risque n’est pas grand, ni grande la chance qu’une idée juste trouvera un lecteur susceptible de la féconder en ces temps peu propices aux pollinisateurs, mais enfin elle existe. Et puis si de ne  pouvoir que si peu ajouter à la science des uns, à la faconde des autres , ne rend pas entièrement dissuasif le sentiment accablant d’être un  fétu, c’est que le déploiement par les hommes de tant de qualités et capacités lumineuses n’a pas évité à l’humanité ce naufrage dont le constat a été posé.

            Ce constat ayant été fait, l’intelligence requise est celle des raisons du naufrage. Une revue « Les Temps nouveaux » pourra reprendre les anciens thèmes à la lumière de cette question et ce afin d’éviter qu’après ce naufrage, l’humanité nouvelle ne reprenne ses anciens errements. L’idée, l’hypothèse, d’une puissance libératrice expliquant l’acte d’être qui soutient ce blog aura été confortée par cette deuxième chance donnée à l’homme d’exister. Une puissance dont il peut être dit qu’elle ne renonce jamais bien que, vulnérable, elle a subi un échec. Il est alors nécessaire se s’interroger sur la multitude des renoncements, des  petites aliénations qui ont abouti à cette décérébralisation que dénonce aujourd’hui Fred Vargas . Le mensonge généralisée, la tolérance à la parole faussée constituent des pas importants vers celle-ci. Curieusement l’excès d’inventivité en serait l’accompagnateur naturel. Vérité et simplicité serait alors deux vertus indispensables.

La vérité - A tous ceux qui  se refuseraient à penser et vivre leur liberté comme  soucieuse de la liberté de l’autre et prétendaient que, au départ de l’homme, n’est pas la solidarité mais le chacun pour soi il, serait vain de demander de participer à la recherche d’une intelligence car celle-ci implique une communication en recherche du vrai, une libération mettant fin à l’enfermement des egos. Vouloir l’intelligence, c’est ne s’accepter que vrai.

            Pourquoi la ruse qui dans les règne anima et même végétale est l’instrument d ’un équilibre naturel, protégeant aussi souvent le faible contre le fort qu’elle n’est utilisée par celui-ci, est-elle avec l’anthropocène devenue l’instrument d’éphémères triomphes certes mais également celui d’un naufrage mettant fin à la vie pour des millions d’années ? Le mensonge a tué la confiance et une société humaine ne peut s’édifier sans confiance.

            Le propos n’a été rendu banal que pour distraire de son oubli.

            La simplicité –  La simplicité est souvent admise pour distinguer une hypothèse en lui prêtant une plus-value d’exactitude. Ce blog tente de saisir l’homme en son ontogenèse, question en soi des plus épineuses puisque cet homme vit dans une temporalité qui par sa non limitation tend à échapper à cette temporalité, qu’il doit être saisi aux frontières de l’intemporalité. Il le fait de la manière la plus simple, en dispensant de la question du pourquoi, en constatant cette distorsion comme un fait, pour en discerner un vers quoi.

 

            En ce discernement il sera également donner suite au projet que Marcel Gauchet osait : sauvegarder ce que le langage religieux comporte de sens (billet du 9 avril), le récupérer, ou en terme plus élégant, se l’approprier, dira Habermas, le rectifier et le dépasser.

 Comment vivre une apocalypse laïque ?

18 mai 2019

Un rapport de la délégation de la prospective du Sénat donne un caractère semi officiel au « choc climatique ». Il me détermine à publier ce billet.

Il devrait susciter davantage qu’un effort d’adaptation, ce qu’il réclame, une remis en cause du système économique qui conduit au désastre. Il tombe à plat. Il devrait être au centre des derniers meetings en vue des élections européennes. Quelques jours restent.

Une seule liste établit un lien ferme entre la lutte anticapitaliste et l’écologie, la France insoumise, mais elle s’est écartée des valeurs républicaines fondées  sur les droits de chaque homme, autonome et non en fusion populaire.

Reste la liste menée par Dominique Bourg, Urgence écologie. Non partisane, elle crée le parti de l’écologie. Apolitique, malencontreusement, elle ne s’attaque qu’au symptôme, mais elle le fait avec une telle vigueur que la maladie est atteinte. Surtout, en concourant à l’élection elle fait cet acte de foi décisif : la politique n’est pas nécessairement un lieu de perdition.

 

           

 

 

        

 

 

 


 

 

 

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