D'UN EFFET SANS CAUSE

Ouvre la voie contre-intuitive pour une substitution d'une puissance libératrice à une puissance créatrice

 

            L’intitulé est trompeur. Ce qui est sans cause n’est plus un effet.

            Je me propose simplement ici d’ouvrir la voie à la liberté, objet de mon prochain billet, dernier de cette séquence. J’y reprendrai un texte écrit il y a quelques mois (5 pages dactylo.), sous le titre « Puissance de la liberté », il s’intitulait : « Homme souviens toi que tu es fils de liberté ». Et tant pis pour les répétitions, et les choses qui ne s’écriraient plus aujourd’hui. D’autant que ce texte est le résumé d’un  autre qui s’intitulait « La promesse de la source », lequel montre la presque infinie distance entre le potentiel accordé à l’homme et le désastre d’aujourd’hui.

Je voudrais aussi habituer au contre-intuitif, ce que j’écris repose sur une conviction qui l’épouse tellement : la très grande présence de l’infini. Il faudra lire Borgès pour savoir combien on s’y perd, pour l’aborder avec précaution. Mais enfin il est là, il nous sauvera, nous avons besoin de tellement de temps pour devenir sage et pouvoir se permettre les plus grandes folies. En l'infini, tout est en germe en son potentiel originaire complexe, tout est achevé, tout est à accomplir.
            Un bon exemple d’une démarche contre-intuitive est donné par la théorie de l’évolution. Et précisément combien il a fallu d’expériences pointues pour faire place à la liberté à l’encontre de points de vue  accordant tout à la causalité, pour montrer que survivaient et se multipliaient moins les espèces qui s’adaptaient au milieu que celles préalablement adaptées.

Et je voudrais maintenant et témérairement m’opposer à Spinoza que je connais trop insuffisamment et qui me dépasse de cent coudés, mais même Jupiter n’a pas toujours raison.
          Spinoza en lequel, opérant certainement une trop grande réduction, je perçois comme un grand maître de la causalité.
         Son  Dieu il le nomme au moins une fois du vrai nom auquel correspondent ses analyses « Nature ». Très opportunément pour mon propos qui ose situer « l’univers », le facies totius universi  de Spinoza, à la place de Dieu, non créé. Or ce Dieu, substance unique et surtout cause première, cause omnipotente, Spinoza, tellement imprégné de la causalité,  le soumet LUI-MEME à la causalité : IL est causa sui. Ainsi l’effet a-t-il toujours une cause. Ce qui est cher payé, car les accusations portées à Spinoza de se prêter au panthéisme, Dieu est en tout, et à la fois au pananthéisme, Dieu est partout (terrible étreinte bilatérale), ces accusations ne sont pas dénuées de justification.

            Sous le régime de la liberté l’univers est, sans cause, comme le Dieu de la bible, et d’autres dieux sans doute. Il me semble que nous n’avons pas d’autres moyens de percer l’énigme de notre présence ici que de ne pas nous attarder sur cette question et de nous saisir de notre liberté pour avancer ensemble, très loin, très loin.                 



           


           

 

 

 

 

 


          




           

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