UNE IMMUNITE PARFAITE

Une immunité immunisant l'homme du mauvais esprit qui l'habite.

         Selon les conceptions développées dans ce blog :

         Pour faire un monde il faut du physique et de l’esprit. Claudine Tiercelin fait appel à trois sortes de realia (ciment, 348). Il pourrait être ajouté,en effet,  partant toujours du physique (pour elle le sensible), de l’énergie, de nature partie  physique et partie esprit, et de l’intelligence, du sens. Mais cela c’est la conscience qui en l’homme l’édifiera à partir du composé physique/esprit qu’il est.

        Il est nécessaire également de mentionner les lois, éternelles dit Nagel, qui gouvernent le cosmos physique, la rationalité qui éclaire le tout, et la persévérance dans son être que la liberté, l’être-liberté, imprime en la totalité de l’existant, de nature essentiellement spirituelle, cherchant à se diversifier en autonomies tout en assurant la cohésion du tout.

         La proposition de Frantz Fanon prend alors toute sa signification et sa profonde vérité : « Ma liberté m’a été donnée pour édifier le monde du toi ».
        C’est bien de sa liberté dont il s’agit. Il en a l’exercice (l’usus) mais non la possession (l’abusus) pour une finalité  (le fructus) orientée vers le bien de tous.

        Le sens qui a été découvert à l’évolution ne tient pas au dessein intelligent qu’un être d’une autre nature que la notre projetterait sur nous mais à l’énergie libératrice qui nous fait être et habité par un appel à plus d’être et par cet effort de persévérance (conatus) selon la loi qui nous libère, et nous  est propre, ne laisse place à aucune hétéronomie.

        « La liberté m’a été donné pour édifier le monde du toi ».

        Le jour où l’homme voudra bien donner aux mots qu’il emploie, au mot des autres qu’il cite en son impuissance à le faire leur et surtout à le vivre, cette parole de Frantz Fanon que celui-ci a grandement honorée, lui-même sera sauvé et le cosmos entier resplendira.

        L’évidence de la parole de Fanon quand on la vit au travers de l’adhésion à l’idée de l’être-liberté, s’impose. Elle nous dit que la seule voie de l’homme pour devenir est de prendre possession de cette liberté. Ce n’est que lorsque beaucoup d’hommes auront réussi cette osmose les émancipant, les libérant, en les faisant être pour l’autre que pourra se construire la Cité Ecologique dont rêve Serge Audier et dont il décrit avec science les éléments.

        A quand cette immunité collective nous protégeant de l’avidité, de la violence, de l’arrogance ?

        En attendant que de souffrance, de la fourmi au Christ en Croix ! Jusqu’ici nous n’avons su détruire que les calvaires qui ponctuaient nos carrefours, et pour le mieux peindre ceux-ci en jaune. Nous les gens d'avant guerre nous avons bien connu ces calvaires. Que les jeunes en retrouvent l'esprit que tant de générations dont la nôtre ont méconnu : que ces calvaires tombent de n'avoir plus de raison d'être.

        Mais ne perdons pas courage. L’être-liberté, la liberté -être, la liberté est originaire. Cela veut dire qu’elle est là depuis toujours et pour toujours, que inlassablement elle insistera pour non pas s’imposer, mais nous illuminer. Oserai-je me référer au prologue de l’évangile de Jean et entrevoir ce jour où la lumière ne consentira à la ténèbre que cette infime encore à pénétrer, conservant toujours l’espace d’une progression.

          Je suis moi épargné par la souffrance, mais d'où me vient cette impatience de la voir cesser ?

 

 

 

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