Le monde Ici et Maintenant

Pourquoi tout le monde tombe dans le piège du bilan d'hier , calcule l'après, mais trop rare pense à Ici et Maintenant ? Voulons-nous que les mêmes nous dirigent et que perdure la dictature molle de l'extrême centre ? Et quel est le nombre réel de morts dans les E.H.P.A.D., les M.A.S. et chez les personnes seules chez elles ?

Banalité : nous vivons une période troublante et exagérée.

Piégés entre le doute, la révolte, l’acceptation, et l’insoumission, nous pouvons observer de multiples comportements opposés. Tout le monde émet son avis tant la situation rocambolesque déstabilise la plupart. Tout le monde devient médecin, biologiste, prédicateur, journaliste.

Le monde d’après, le monde d’hier : tout le monde y va de sa petite musique, de ses solutions toutes faites, des incantations fortuites, des « vous allez voir ce que vous allez voir » des syndicalistes revanchards s’opposant par avance à « nous devons relancer la machine » et donc acceptant que ce soit les mêmes qui continuent à nous diriger (sic), des certitudes de l’après, des condamnations du passé que nous avons laissé faire. Cela exprime une critique qui est salvatrice. Cela va pourtant dans tous les sens.

Mystérieusement, le son de cloche est très rare sur le « ici, le maintenant », le « tout de suite ». Il n’y a guère que l’indécrottable Jean-Marie Bigard qui aura fait des millions de vues sur son réseau social, le tout en 24 heures, parce qu’il exigeait des choses précises au Roi de la République Française. Car oui, ce n’est pas un président, mais un roi. Qui parle, qui parle, qui pavoise, qui juge des erreurs de ceux qui dirigent (sic), qui incante, qui parade, qui ricane, qui se moque, qui joue la comédie, qui théâtralise ses sorties, qui batifole. Et qui ne fait strictement rien. 

Or quelle est la priorité du moment ? Qu’elle est cette réalité que nous ne saurions voir ? Quel est le réel chiffrage qu’ils cachent sous le tapis ? Quelles données nous font peur ? Peur d’être si en colère que sortir ne nous retiendrait plus, sans même l’absurde autorisation de sortie écrite par Gribouille ?

De quoi avons-nous peur ?

             Nous savons qu’ils nous ont menti sur les masques. Et nous avons peur qu’ils nous mentent encore. Nous le savons. Du coup, notre silence et notre immobilisme nous tuent à petit feu. Le « masque » devient le symbole du « ferme la, et cache toi ! », le fameux « je vous demande de vous arrêter » du corrompu imperturbable Édouard Balladur.

Du coup, nous avons peur de nous-même. Nous avons peur de nous rendre compte que nous avons été pris UNE FOIS DE PLUS pour des imbéciles et pour des incapables de nous prendre en main, d’être prudents, responsables et tout en étant actifs au lieu de nous cloîtrer chez nous par ignorance par bêtise, par traîtrise et par lâcheté.

Nous avons peur de découvrir qu’il y a des dizaines de milliers de morts parmi les E.H.P.A.D., M.A.S. et personnes seules chez elles, et non pas quelques milliers. Nous avons peur de faire le décompte ici et maintenant, et non pas dans 15 ans comme lors de la canicule de 2003.

Nous avons peur d’apprendre que nous pouvons sortir en appliquant les consignes de base et que effectivement nous sommes de vrais abrutis à avoir cédé à la panique sans ne rien savoir de cette pandémie qui n’en est pas une, chose que confirment les chiffres et non pas la corrompue O.M.S.

Nous craignons de nous rendre compte que nous avons auto-entretenu l’hystérie collective parce que nous sommes dépendants et hypnotisés par des merdias animés par des commentateurs qui ne sont pas des journalistes. Nous sommes effrayés de réaliser comme ô combien nous avons été cons de faire confiance à une bande d’adolescents et de méprisants oligarques aristocratiques.

Et surtout nous avons peur d’un autre inconscient puissant, celui lié au marasme économique et social qui nous attend à la sortie, celui pire que 1929. Si il fallait parler d’un « après » - chose à laquelle je me refuse vigoureusement et fondamentalement – alors oui, il y a cette réelle catastrophe humaine qui pointe son nez, et cela va faire très mal.

En attendant, notre problème est bel et bien ici et maintenant.


         Depuis des décennies, notre inconscient collectif exigeait une forme de centrisme bienveillant, apaisant, veillant à notre sécurité, acceptant petit à petit de nous asseoir sur nos libertés, au nom de l’État tout puissant, tentaculaire, omniprésent, détenteur absolu de la violence et la répression, seul prétendu fusible de sécurité pour défendre notre bien.

Si les gouvernances successives ont été ballottées entre le centre-droit et le centre-gauche par « Les Voraces » ( entendez la fameuse "élite" du pantouflage des hauts responsables du pays, naviguant entre le privé et le public avec l'argent des contribuables, comme l'explique Vincent Jauvert dans son excellente analyse du même nom), si nous avons accepté le maintient de cette absurde 5ème République imposée par coup d’État – car écrite par une poignée et non pas lors d’un processus constituant -, si nous nous sommes plaints depuis toujours des trahisons des nouveaux élus qui faisaient le contraire de ce pourquoi nous les avions élus (alors que nous savions hypocritement qu’ils allaient le faire), alors nous ne devons nous en prendre qu’à nous même au lieu de nous réfugier en bons girouettés que nous sommes, derrière le « c’est pas ma faute, c’est celle des autres ».

Le « en même temps » qui semble avoir surgit de nulle part en 2017 existe depuis toujours. Il est en nous et nous le voulions, nous l’attendions, que ce soit pour le rejoindre ou pour nous y opposer. Il portait simplement un autre nom. Pierre Serna - professeur d’Histoire de la Révolution Française, à Panthéon Sorbonne - l’explique très bien dans « L’extrême centre, ou le poison Français ».

Celui qui, aujourd’hui, incarne le mieux ce double discours mou, faux, hypocrite, génial volte-face, redoublé de traîtrise, de lâcheté et de mensonges, brodés de mots doux, de mythes, de nostalgie et de comtes de fées politiques afin de mieux nous endormir par manipulation sémantique, avant de nous étouffer tel le boa Kaa dans le livre de la jungle, ce bien nommé est : François Bayrou.

Certains sur le net posent comme sondage sur « le gouvernement de concorde », le nouveau jouet gadget du roitelet en couche-culotte, si Bayrou en ferait partie. Alors qu’il est constamment à murmurer dans l’oreille du mulet cloîtré à l’Élysée avec sa mère ! Secret de Polichinelle.

Visionnez donc son intervention du 1er avril (le jour de ma fête !) chez Jean-Jacques Bourdin (BFMTV), et le dimanche 19 avril dans le Grand Jury (RTL/LCI). Amusez vous à analyser ce guignol vire-voltant, en lisant entre les lignes. Rien que son absurde « aucun gouvernement n’est responsable de ce qui se passe ». La déresponsabilisation absolue : le propre à toute girouette centriste ! Ce passage du 1er Avril vaut son pesant en cacahuètes ! Si j’en ai le temps, je ferai une analyse détaillée de sa spectaculaire et admirable intervention le jour du Poisson, à presque croire que ce fut une réelle blague.

Beaucoup se demandent si,  « en haut », ils le font exprès ou si le pouvoir exécutif a complètement perdu les pédales. Les deux mon capitaine ! Comment est-ce possible ? La réponse est au sein du Modem, dont le gourou Palois est le président dictatorial (puisque champion du déni de démocratie, vue qu’il en a été condamné en 2010, par votre serviteur – personne n’est parfait).

Quand on pense que la retraite à point, c’est un vieux projet de Bayrou et du Modem datant de 2007…quelle patience morbide que ce gros serpent Kaa ! Je laisse volontiers les journalistes d’investigation tout décortiquer. Mais ils se rendront vite compte qu’en déterrant le passé du maire de Pau, ils retrouveront quasiment tout de ce qui nous est imposé depuis trois ans.

L’influence du Palois sur le Roi de France est sans pareil. Et la cohorte, qui le suit, de crétins surdiplômés – qu’ils soient hauts fonctionnaires ou membres du gouvernement – obsédés par la détention éternelle du pouvoir explique ce double phénomène du en même temps, ET de continuer à être des sociopathes de Gremlins, ET de prendre des décisions absurdes et dangereuses par ce qu’ils ont pétés un câble du fait de la peur qui les ronge. La peur, eux ? J’y viens.

             Pourquoi axer mon propos sur cet infâme personnage de l’extrême centre ? Parce que sa diablerie mécanique machiavélique d’obsession d’être au pouvoir coûte que coûte – schisme politique dont François Mitterrand faisait bel et bien partie - , elle reprend de plus belle quel qu’en soit le prix, ici et maintenant. Et le danger, pour nous, pour demain, c’est de laisser-faire cette main mise perverse qui reprend du poil de la bête alors que le monstre est extrêmement affaibli.

Car évidemment, cette Renaissance (non-européenne) donne des signes de vie. Ils proviennent de partout, car pour être « extrême centriste » nul besoin d’être membre du Modem. C’est une attitude, une posture, celle de la trahison, de la corruption, de la lâcheté, caractérisées par la fausse modestie, dite «être modéré », l’hypocrisie et la mauvaise foi du « girouetté » qui affirme que ce n’est pas la girouette qui tourne selon le vent, mais l’inverse (sic) et surtout cette indéfectible capacité d’adaptation pour atteindre un seul et unique objectif : accéder et détenir le pouvoir exécutif, le pouvoir absolu Étatique, celui des « Voraces ».

Des exemples ? Il y en a ! Et ça commence déjà – toujours avoir un coup d’avance, car surtout, ne pas perdre de temps. Exemples incarnés par des individus ou par des actes et décisions.

Avec, les 58 députés de La Rem qui réfléchissent (sic) à l’ « après » afin d’oublier le ici et maintenant.

Avec le retour du Catalan aux dents si longues qu’il a rayé le sol avec et ainsi construire une nouvelle voie de TGV Paris-Barcelone, rien qu'avec ses dents.

Avec Geoffroy Didier, qui sort de l’antichambre de LaRem qu’entretiennent secrètement Les Républicains, eux qui en même temps, s’en prendront après au Roi de France, tout en validant ici et maintenant au Sénat ou ailleurs (Conseil Constitutionnel, Autorité Judiciaire, Conseil d’État), toutes les extinctions de liberté du Peuple Français, exigées et attendues par l’équipe en place pour concrétiser la dictature molle, mélange savant d’autocratie et l’illibéralisme.

Avec Stanislas Guérini, champion toute catégorie de « tournage de veste » qui cherche à parler d’un monde d’après pour mieux nous faire oublier toute sa catastrophe de membre de la majorité ici et maintenant.

Avec Bruno Bonell qui lui aussi détourne malicieusement le propos dans son face à face avec Adrien Quatennens, en l’invitant à ne pas insister sur ce qui ne va pas ici et maintenant et plutôt se pencher sur la misère psychologique actuelle, tout en devant regarder ce qui se passe à l’étranger où cela est bien pire (sic).

Avec surtout le grand retour de l’incontournable et de l’ineffable Philippe Douste-Blazy, le rusé renard, qui se veut être le gentil docteur du coté du professeur Raoult - alors qu'il est compromis dans l'affaire du MEDIATOR et qu'il est rattaché à des laboratoires privés - , et qui ne réapparaît que par opportunisme vue qu’il a échoué à prendre la présidence de l’O.M.S., et a échoué aux dernières municipales.

Lui le faux-frère politique de François Bayrou depuis les temps immémoriaux du Centre Démocrate à la fin déchirée avec le Modem, en passant par le CDS, l'UDF et Force Démocrate. Que de turpitudes ! De quoi inquiéter le maire de Pau, malgré son armada de force de l'ordre qui le protège en permanence, lui l'incarnation de l’État.

Le retour de Philippe Douste-Blazy sur la scène politico-médiatique est un très mauvais signe pour notre démocratie et pour notre pays : les charognards de l’extrême-centre sont déjà à l’oré du bois et ils proviennent de partout. Car si un tel sinistre personnage refait surface au moment même où un gouvernement de "Concorde" (par ici, pour prendre l'avion), ce n'est pas parce qu'il a vu la Vierge à Lourdes, mais bien parce qu'il sent qu'il y a un poste ministériel à la Santé de possible.

Soyons en sûr : je n’ai pas fait le tour, il y en a d’autres. La période est propice à la trahison et la manipulation, car le pouvoir est extrêmement fragile. J’y reviendrai plus loin.

Et, coté actes et décisions ? Ça ne manque pas !

Avec le maintien d’achats de drones et de lacrymogènes, nullement nécessaires par les temps qui courent.
Avec l’accélération cynique en pleine crise sanitaire de la fermeture de lits et de la privatisation des hôpitaux, décidément moins efficaces que le privés (saleté de service public !).
Avec le tracking des porteurs du virus : autant se coudre une étoile Jaune, on gagnera du temps.
Avec le passage généralisé aux 60h par semaine pour rattraper dans l’après le non-récupérable.
Avec le maintien de l’absence de constitution, et de juridiction.
Avec l’insupportable décret d’autorisation de sortie et du décret illégal et abscons d’amende à 135 € (qui sont toutes pleines de nullités, grâce au courrier de contestation téléchargeable ici : www.resistancefrancaise.net).

Sans compter que dès le 11 mai, les enseignants vont devoir en même temps, et donner cours en présentiel, et donner cours en ligne. Sachant que, argument que reprendra l’anti-enseignant collabo de service Pascal Praud, le gourou François Bayrou trouve que ce serait « manquer de civisme » que d’avancer son droit de retrait « dans une telle situation où tout le monde doit faire des efforts », lui qui se dit « dans sa chair et dans ses fibres » professeur (croyez le ! c’est lui qui le dit ! c’est donc vrai!),... alors qu’il n’enseigne plus depuis des années. Bouffon !


           Il n’est pas permis de douter que, dans ce capharnaüm sans nom, entretenu par des sociopathes sans cœur, obsédés par leur objectif de s’en mettre plein les poches par corruption en s’accrochant au pouvoir exécutif absolu, et accentué par 60 % des effectifs de « hautes sphères » qui ont véritablement pété un câble, malgré tout cela, le serpent Kaa soit encore là : François Bayrou est bel et bien présent.

Alors, pour finir sur le « ici et maintenant », il y a un concret extrêmement simple, qui pose un réel problème au pouvoir du Roi de France, et qui est aussi la source du désordre général au sein des élites françaises actuellement au gouvernail : c’est celui de la réalité absolue sur le nombre de morts parmi les personnes âgées et handicapées. C’est leur point faible, c’est leur faille, et ils le savent.

« Si jamais ces imbéciles de sans dents gaulois réfractaires se mettaient à compter eux-mêmes leur morts, ici et maintenant, si jamais ils osaient se relier les uns aux autres vue qu’ils en ont les moyens du contact le plus local à l’agrégation nationale des chiffres, alors nous sommes foutus ! Serons les fesses et prions le ciel que cela n’arrive jamais ».

Voilà ce qui se dit partout dans les ministères, les préfectures, les groupes fermés, la haute fonction publique, les grandes entreprises privées ou publiques, les ENArques, les Polytechniciens, les ingénieurs au service de l’État, au Conseil d’État, au Conseil Constitutionnel, au Journal Officiel, à Légifrance, au Sénat, à l’Assemblée Nationale, au CSA, à la CNIL, … Sans compter dans les coulisses de TF1, BFM, Cnews, LCI, France Television, Radio France et consorts.

Ils ont peur.
Ils ont toutes et tous très, très peur.

Et beaucoup plus que le Peuple qu’ils tentent d’emprisonner et empoisonner par le mensonge.

Alors, chers concitoyennes et concitoyens, pourquoi avez vous peur ?
N’est-il pas le moment de compter nous-mêmes nos propres morts ?
Qu’attendez-vous pour sortir en prenant vos précautions ?


Personnellement, avec des amis, j’ai commencé à le faire.
Et quand les vrais chiffres tomberont,
alors ces guignols de l’extrême-centre iront en prison.


Hic & Nunc.

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