Liberté, le Plan B

Alors que la situation sanitaire due à la malveillance du Président de vouloir se débarrasser des plus faibles, alors que nous sommes donc cloisonnés, ce qui nous libérera de cette situation est le décloisonnement, la rencontre des autres, tout en nous débarrassant du néo-libéralisme, par la mort du capitalisme.

Je sais que je ne sais rien. C’est le point de départ qu’on a tendance à trop oublier. La tentation est grande aussi, de comparer la période que nous vivons à d’autres. Ailleurs, loin ou voisins. Anciennes ou plus récentes. En ces moments de révoltes et colères multiples, les pensées se tournent vers 1789. A tort ou à raison. En tout cas en France. Or l’interrogation qui pourrait être bien utile devrait mieux porter sur les individus eux-mêmes dans leurs comportements, que sur uniquement des approches globales et collectives. Je m’explique.


Depuis plusieurs années, il est de bon ton de s’interroger sur les chocs environnementaux et écologiques. Sans doute parce que nous captons aussi beaucoup plus d’informations à ce sujet. Alors qu’hier nous ne savions que trop peu de ce qui se passait à l’autre bout de la planète. Alors que nous ne savons plus prédire le temps climatique à venir. Alors que nous ne savons plus faire pousser nos propres légumes, sans l’aide d’une application ou d’un algorithme. Nous nous contredisons entre ce que nous pensons et ce que nous faisons.

Dans un autre registre, alors que le XIXème siècle a été perlé de bulles financières, que ce phénomène financier remonte à celui de la première bulle spéculative en Hollande en 1637, celle des « bulbes des Tulipes », alors qu’il y a eu la grande dépression en 1929, la crise de 2008, et entre deux de multiples autres cas plus secondaires ou moins connus, nous n’en tirons même pas la leçon de ce qui nourrit « naturellement » la pérennisation de ces caprices de spéculateurs fortunés, à savoir le mimétisme.

Or ce «mimétisme spéculatif » - oui, de la racine « mimer », faire comme les autres – est autant la cause du nouveau krach boursier en cours, que celui qui conduit tous nos comportements néo-libéraux de faire bêtement comme le voisin, « comme tout le monde ». Dans ce contexte, les réactions face aux enjeux climatiques et environnementaux ne sont que mimétisme.

Plus largement … On fait des études qui ne servent à rien car tout le monde peut en faire, on trouve un boulot qui est mal considéré et payé après avoir cru décrocher LE job en or à vie, on prend un crédit pour s’acheter un appartement dans une banlieue bruyante, on fait des enfants sans connaître vraiment l’autre, on se sépare, on se décompose et recompose, on achète des tas de choses superflues parce que c’est la mode, on va dans les même supermarchés pour être sûres d’avoir les bons produits, on va dans les même lieux de vacances, on assiste aux mêmes événements sportifs, on regarde les mêmes idioties à la télévision sur internet, on est massivement licencié pour délocalisation ou remplacement par l’intelligence artificielle, on se tourne majoritairement vers des boulots précaires uniquement pour survivre et payer les factures aux plus riches, on voit ses enfants précoces sexuellement du fait du cyberporno qui préfèrent passer leur temps sur internet que de lire des livres, on nourrit son mal-être par compensation en ayant son profil sur les réseaux sociaux et en faisant des selfies et vidéos narcissiques à longueur de journée à parler seul à son téléphone portable sans ne plus parler à ses voisins de métro ou de bus sauf pour leur gueuler dessus, on devient pour beaucoup racistes et jaloux sans réelle raison lorsqu’on réalise qu’on a une vie de merde et ratée, on n’est jamais content contre ceux qui nous dirige pour lesquels on accepte pourtant le mode absurde de sélection par l’élection, on prend beaucoup de tranquillisants, anxiolytiques, on boit beaucoup d’alcool, on prend beaucoup de drogue, on fume beaucoup, et bien qu’on soit ruiné, on retourne régulièrement bouffer de le merde au Mac Do du coin, et on n’oublie pas de signer l’arnaque du siècle à savoir une assurance obsèques pour être certain d’être mis sous terre « humainement », alors qu’on ne pourra jamais vérifier si le boulot a été bien fait ou si on s’est encore fait avoir.

Bref, on se détruit sans que personne ne nous y oblige.

Mais ça va, quoi ! Nous ne « sommes » pas, mais au moins nous « avons ».

Même celles et ceux qui, à l’abri dans la France profonde, se sentaient loin de ce monde de soumission et de moutons sont touchés. Si ce n’est parce qu’ils ont une voiture à la campagne, utilisent l’électricité et paient ses factures informatisées. Même le plus réfractaire hors système dépend du smartphone, est connecté, ou finira par l’être, si ce n’est par sa carte vitale obligatoire pour accéder aux soins, sauf si bien sûr il connaît encore les secrets des plantes et de la nature.

Cette situation de dépendance totale des individus est bien évidemment voulue. Par les dominants. C’est un vieux projet, qui prend ses racines très loin dans le passé. Disons que simplement, cela remonte « en gros » au temps de la révolution industrielle, celle qui commença vers 1750 en Angleterre. Le début de la mutation du monde passant de l’univers paysan, campagnard, celui de l’artisanat, celui de la fraternité, celui aussi d’une certaine forme de démocratie plus proche qu’on ne pourrait le croire – par ignorance de l’Histoire -, à un monde industriel, des usines, des villes, des machines, du prolétariat atomisé, dominé, isolé, soumis aux élus qui se sont accaparés la République par tromperie et abus de position dominante historique.

Ce rapport de dominé et dominant n’est bien sûr pas nouveau, je n’invente ici pas l’eau chaude. Il est pourtant utile de le rappeler. Les esclaves du temps des Pharaons et de Jules César, puis des ouvriers, puis des machines, puis des robots utilisés à coté d’employés mal considérés. Le travail choisi et de loisir pour les maîtres, celui de la philosophie, la science, la culture, les langues, l’histoire, les arts, les voyages. Et, en face, le travail imposé, destructeur, ingrat, avilissant, mal payé, non valorisé, épuisant, réservé à la grande majorité, qui accepte depuis toujours de s’exécuter sans raison au profit d’une poignée à l’intérêt privé qui vampirise l’intérêt général.

Les dominants prévoient tout, calculent tout. Des fois par conciliabule, en réunion ultra secrète à quelques uns. La plupart du temps sans mot dire, parce que c’est inscrit dans un projet lointain extrêmement simple : tout faire pour garder le pouvoir… « quel qu’en soit le prix ».

Nos dirigeants de l’extrême centre, ces faux modérés girouettés obsédés par le pouvoir exécutif, central (de là le « centre »), autoritaire, agissant pour le « bien de tous » (mais en fait, surtout pour servir leurs propres intérêts) font échos au despotique Henri IV, modèle éternel de François Bayrou, qui a repeint le mythe du roi de l’apaisement des guerres de religion pour mieux cacher la racine préhistorique de ce pouvoir absolutiste qui a ravagé la France jusqu’à ce que par sagesse on décide d’en couper la tête.

Et quand, lors dans une de ses prises de parole, le gamin au pouvoir nous glisse « je prendrai des mesures qui feront rupture avec le passé », alors qu’il sait qu’une catastrophe sanitaire arrive parce qu’il a pour projet d’assassiner des milliers de Français par sélection naturelle, on comprend alors beaucoup mieux la perfidie et le machiavélisme moderne remis au goût du jour par ce gosse de riche, capricieux et sociopathe, réel pervers narcissique sadique.

Des fois, vue ce comportement d’assassin et de traître envers la Nation, je comprends que bon nombre veuille ressortir la Guillotine.

Une preuve de ce que j’avance ? Aucun hôpital privé, et encore moins de clinique, n’accepte le moindre malade « pauvre », et encore moins n’est réquisitionné. Ils attendent dans le silence, tels les généraux de Jules César à flan de montagne regardant la bataille au loin où les gueux se font trucider malgré le sacrifice du corps médical, parmi lesquels certains jouent de la comédie pour obtenir une promotion plus tard à s’être fait passé pour des héros sur les plateaux de télévision, et où d’aucun en appel à leurs homologues du privés qui ont pourtant tout ce qu’il faut pour aider.

 

De tout temps, il y a toujours eu des personnes qui, dans de tels contextes, se sont levées, ont dit « non » et donc ont résisté. Des fois, seule cette volonté a suffi à renverser la situation et libérer la grande majorité, et ce par simple mobilisation des effectifs minimum nécessaires. Des fois, elles furent vaincues sur l’instant, laissant un espoir pour plus tard. Dans quelle situation sommes-nous aujourd’hui en France ? La première ou la seconde ? La Grenouille Française qui patauge dans la casserole n’aurait-elle pas trop tendance à confondre l’eau qui bout avec un jacuzzi plus que chauffant ?

Pour autant, le Peuple Français est de ce eux qui disent « non ». Et il a la réputation – justifiée ? - de ne pas être téméraire. Soit disant, un héritage lointain de Vercingétorix qui plia genou devant Jules César, oubliant que c’est la tactique qui l’a perdu et non pas le manque de courage. Même si les Gaulois ne sont pas les ancêtres de tous les Français d’aujourd’hui, l’esprit de Résistance lui est commun à l’ultra grande majorité de la population. C’est dans notre culture. D’ailleurs notre nom « Franc » venu d’un peuple envahisseur veut dire « Libre », dans un mélange linguistique de Latin et de Germanique.

Après, comme avec le quinze de France de rugby, il arrive qu’on ait une idée un peu culottée, un reste d’audace, et un reliquat de force pour arriver à renverser la table et finir par gagner, alors qu’on était en train de perdre. Le coup de fouet ainsi claqué n’est pas systématique mais diablement efficace quand il a lieu.

 

Dans le contexte actuel, un ras le bol général traîne dans tous les esprits. Quinze années qu’on a dit « non » à la dictature molle de l’Union Européenne et que lors du coup d’État du 4 février 2008, nos élites ont nié notre souveraineté exprimée. Depuis, la descente n’a jamais cessé. Certains pensent et disent qu’on retrouve là bien le caractère peu téméraire et rouspéteur bien Français. Je crois qu’ils se trompent et ne voient pas ce qui couve sous les braises, telle une vengeance digne du Comte de Monte-Cristo ou de « V…. Vendetta ».

Mais là, avec la vague de raclures opportunistes en nombre venues des bas fonds du socialisme-caviar mutant par consanguinité avec de l’ultra-libéralisme Thachterien, celles et ceux qui auront sauté sur l’occasion en or de « prendre des places » lorsque le poudré a fait table rase, ces nouveaux Gremlins d’En Marche et leur ordure de chef de file avec sa bande de psychopathes millionnaires amateurs tenant d’une main de fer d’extrême centriste le pouvoir exécutif selon les bons conseils du gourou palois, le bien nommé maire de Pau (le modéré girouetté autoritariste intolérant, qui lui aussi a une armée comme garde du corps – véridique !) , je crois que le Peuple arrive à presque maturation.

« Presque » : peut-être que le coronavirus et le krach boursier cumulés achèveront cette destruction. Je le souhaite. Car il semble que la répression judiciaire et policière meurtrière et liberticide sans commune mesure avec le passé n’aie pas suffit à convaincre les Français : on dirait qu’ils sont plus nombreux à vouloir se faire à leur tour défoncer la gueule physiquement pour accepter ce que les Gilets Jaunes vivent depuis le 17 novembre 2018.

Et ce malgré que les 25.000 gardes à vue abusives ; les 450 mutilés, estropiés, éborgnés par utilisation des armes de guerre face à un Peuple sans arme ; les 1000 prisonniers politiques sans procès ni avocat ; les réquisitions violentes de nuit du personnel hospitalier en burn-out ; les morts de Amada Traoré, Zineb, Steeve et les 676 victimes des forces de l’ordre dans les banlieues depuis plus de 40 ans ; les gazages des écologistes pacifistes ; les mutilations et bastons avec les pompiers ; les avocats frappés ou tirés par les cheveux au pied de l’Assemblée Nationale ou devant le TGI de Paris ; les lycéens de moins de 18 ans enfermés dans un parc avec cadenas et policiers « robocop » armés jusqu’aux dents ; les barbouseurs Bénaballiens recrutés aux sorties des asiles psychiatriques et prisons abusant du LBD40 pour tirer sur tout ce qui ne leur plaît pas alors que ce ne sont pas des professionnels formés ; les matricules RIO cachés ; les grenades GLIF4 utilisées sans menaces ; les « clusters » (c’est à la mode comme mot) de FDO qui se mettent à dix sur une seule personne, ou bien à trois pour tuer par étouffement un simple citoyen qui refuse de se laisser insulter.

Je continue ? Ou plutôt : stop ou encore ?

On dirait que … quoi ? Que le Français est un vrai con qui a envie de se faire encore plus taper sur la gueule par la milice aux ordres des pantins manipulés par tous les milliardaires tels les Bernard Arnauld, Xavier Niel, Drahi, et autres PDG du CAC40 , piliers de la corruption et de toutes les évasions fiscales qui, à nous le Peuple, parce que c’est notre fric, nous coûtent un pognon de dingue (112 milliards en 2017 exactement!), chose qui ne semble pas trop obséder la millionnaire Marine Le Pen, qui préfère se défouler sur les immigrés que sur ceux qui les font venir et en profitent en rétablissant en France l’esclavagisme, secret de Polichinelle.

 

Seulement, avec le coronavirus qui stoppe l’économie et le krach boursier qui fait passer tous les voleurs boursicoteurs au tiroir caisse, nous allons entrer économiquement dans la dépression par la dette. Autrement dit, on a tellement d’endettement (surtout privé, des entreprises et des ménages – à coté, l’État est un petit joueur), que retourner travailler ne servira à rien et n’en vaudra pas le coup : les salaires vont baisser, les prix aussi mais pas assez, le travail sera rare, et on ne pourra plus emprunter pour relancer la consommation puisqu’on n’aura pas fini de payer les montagnes dettes en place. Trappe à liquidité. Moment Keynésien. Sans issue, sauf si une bonne vieille grosse guerre mondiale.

Certains verront en cette perspective un futur très sombre, nous voyant rejoindre les Japonnais qui n’en sont jamais sortis. Ce sera vrai, si comme des moutons bien obéissants, nous ne changeons rien à nos habitudes, à notre façon de voir la vie et en restant donc dans le paradigme actuel, celui de consommer pour exister.

Mais si on inverse l’idée qu’avoir ne permet pas d’être, et que c’est seulement si on est (heureux) qu’on peut trouver un certain plaisir à avoir, alors le champ du possible est ouvert en grand. Si en plus, on supprime même l’idée d’un lien de cause à effet entre le fait d’être heureux et avoir, alors nous avons en nous-même la réponse.

Seulement, il faut un plan B.

Quelque chose qui remplace à terme le contexte dans lequel nous vivons. L’exercice sera au début difficile, comme toute nouvelle expérience. Cela vaut pourtant le coup d’expérimenter. Et puis je pense que de toute façon, nous n’aurons pas le choix. Nous devrons dès lors accepter de renoncer à bien des habitudes que nous considérons à tort comme du confort alors que cela nous empoisonne, nous intoxique, et que ce sont des caprices.

Ce plan B aura un effet non négligeable : cela nous débarrassera définitivement de la domination oligarchique néo-libérale qui nous fait tout le temps croire que « ce n’est pas possible, qu’on peut rien faire, que c’est comme ça », chanson que nous avons apprise par cœur bêtement et dont nous avons accepté ce qu’elles disent. Ce qui veut dire que pour changer de système, il faut se débarrasser de celui en place. Et pour se débarrasser d’un système, il suffit de faire une seule chose : il ne faut plus en faire partie.

Mais pour voir le jour, ce fameux « plan B », il y a deux conditions. Et (ouf!) elles sont simples.

Premièrement, la conscience de « Peuple » doit définitivement prendre corps dans toutes les têtes. Autrement dit, in fine, nous devons nous réapproprier l’idée que le « Roi Souverain, c’est nous le Peuple ». Que par nos impôts, « L’État, c’est nous, le Peuple », et que donc « Le Pouvoir, c’est nous le Peuple ! ». Cette conscience est impérative pour déclencher l’intelligence collective nécessaire afin d’écrire de nouvelles règles, mettre à la poubelle les institutions en place, et cette fois, garder le contrôle définitivement en mettant notamment un terme aux élections (la fin du contrat avec un élu, le retour du porte-parole mandaté) et en redorant le blason du suffrage universel pour les décisions que nous prendrons ensemble.

Deuxièmement, il est impératif de faire grandir ce quelque chose que nous ne faisons que pour les plus fragiles, que dans les situations les plus sensibles, alors que nous devrions être constamment, durablement, systématiquement en lien avec les autres, en cassant les entre-sois. Autrement dit, nous nous devons de faire grandir une solidarité universelle et naturelle, qui résiste au temps et qui fonctionne surtout quand tout va bien – pour que la question ne se pose même pas quand cela va mal. En d’autre terme, nous devons casser les isolements, les cloisonnements, les atomisations et créer un réel réseau social humain de terrain.

C’est à ces deux conditions minimalistes que nous pourrons collectivement nous lever et dire « non » à tout ceux qui nous pourrissent la vie et décident pour nous, afin de prendre définitivement le contrôle de notre propre destin.

L’enjeu ? Retrouver la Liberté. Celle que le pouvoir exécutif extrême centriste anéanti à vitesse grand V. Hier les lois liberticides dites « Gribouille » d’anti casseur, d’antri fake news, et de Laetitia Avia, la pseudo-avocate députée LaRem qui mord les chauffeurs de taxi pour ne pas les payer. Aujourd’hui le confinement qui n’en est pas un. Demain le couvre feu militaire. Et la répression du Général Goebbels Français, le bien nommé illégal Didier Lallement.

Sortons dire « non » et crions haut et fort :

Liberté !

mode-demploi-alveoles-schema-simplifie

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.