La sécheresse, enjeu problématique sur le continent africain

Depuis un an, la corne de l’Afrique et les pays de l’Afrique australe subissent une importante sécheresse, jamais vue depuis dix ans. Les conséquences sont importantes et la famine, tant redoutée, pourrait très rapidement arriver malgré l’action des ONG et des autorités sur le terrain.

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La saison des pluies a démarré dans la corne de l’Afrique mais cela ne rassure pas grand monde. Tout d’abord, l’arrivée des pluies provoquent des crues en raison des sols asséchés. Mais aussi parce que les dernières saisons des pluies ont été très courtes, 2016 ne devrait pas échapper à la tendance. Parce que depuis dix ans, c’est une sécheresse sans précédent qui opère sur une majeure partie du continent africain.

Une production agricole presque réduite à néant

Le responsable porte un nom : El-Nino. Le phénomène climatique provoque de graves dégâts et entraine chaque jour des milliers de personnes sur les routes pour échapper aux conditions climatiques extrêmement difficiles. Rien qu’en Éthiopie, l’ONU a estimé que 10,2 millions de personnes étaient désormais dans l’assistance alimentaire et annoncé que l’est du pays a été classé en situation d’urgence, soit le dernier niveau avant la famine. La situation est tout aussi dramatique en Afrique australe où ce sont 14 millions de personnes qui pourraient manquer de nourriture.

En effet, c’est la principale conséquence de cette sécheresse, les productions agricoles et les récoltes sont détruites, jusqu’à 90 % dans certaines régions. Les rendements agricoles diminuent, sans parler des élevages qui perdent de nombreuses têtes, 16 000 au Zimbabwe. La catastrophe est donc tout autant alimentaire qu’économique, quant on connaît l’importance du secteur agricole dans ces pays.

États et ONG au secours

Face à cela, les États tentent de s’organiser et lancent des plans d’urgence. La Zambie a ainsi stoppé ses exportations de maïs pour permettre de satisfaire la demande de sa population. Au contraire d’autre pays comme l’Afrique du Sud ne bénéficient pas de suffisamment de réserve et sont dans l’obligation de devoir importer des marchandises, alourdissant du même coup leur balance commerciale. Dans d’autres pays, on tente de satisfaire la population avec des produits de substitutions. C’est le cas au Zimbabwe qui a lancé un programme de distribution de vitamines en plus d’un suivi des populations.

Les ONG sont également en première ligne sur le terrain pour accompagner les populations, parfois dans la difficulté. Avec les récentes inondations, les endroits les plus reculés sont difficiles d’accès et il est complexe d’y apporter une aide alimentaire et sanitaire. Des cliniques mobiles ont été mises en place dans ces zones géographiques comme en Éthiopie par l’ONG Save The Children. Il s’agit là de faire face au nombre élevé de cas de malnutrition.

Enfin, les pays donateurs sont mobilisés. Dernier en date, les Pays-Bas ont versé une aide alimentaire de 1,5 million d’euros au Zimbabwe. Il manque toutefois encore 600 millions de dollars pour permettre un rationnement complet pour l’ensemble des sinistrés, et cela rien qu’en 2016. La situation est donc loin d’être réglée et inquiète les ONG qui craignent prochainement une aggravation de la crise alimentaire.

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