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C’est un cri d’alarme qu’a lancé les Nations-Unies à l’issue d’une réunion de son Assemblée Générale consacrée à la réponse humanitaire en Afrique. Avec deux constats alarmants : les besoins humanitaires sont de plus en plus grandissants sur ce continent et il est de plus en plus difficile d’y répondre. Sans avoir de solutions miracles, les Nations-Unies estiment tout de même que la situation pourrait être améliorée, notamment en développant de nouvelles façons de travailler.

Un contexte humanitaire difficile

Cela n’a échappé à personne, l’Afrique est aujourd’hui confrontée à plusieurs crises majeures. Ce sont, tout d’abord, les conflits armés qui provoquent des déplacements humains non maitrisées, sans parler de la situation chaotique sur place. Si Boko-Haram et AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) sont les principaux groupes armés actuellement, il existe de nombreux autres conflits aux conséquences similaires. A cela s’ajoute les effets du changement climatique, particulièrement visible sur le continent. Les sécheresses et catastrophes naturelles s’enchainent à un rythme de plus en plus réguliers, ce qui entraine une multiplication des réfugiés climatiques à l’intérieur de l’Afrique et à l’extérieur.

La Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM) Ertharin Cousin a expliqué et annoncé une évolution du contexte depuis maintenant dix ans. Alors qu’au début des années 2000, les besoins convergeaient vers la réinstallation et la résilience des populations, ce sont aujourd’hui des besoins d’urgence et de base qu’il faut, en matière de capacités d’accueil et de ressources.

Or, il est de plus en plus difficile pour les Nations-Unies de faire face à ces besoins, ceux des nouvelles populations de réfugiés additionnés aux besoins des populations de réfugiés précédentes. Le Président de l’Assemblée générale Mogens Lykketoft  l’a d’ailleurs rappelé en précisant que sur les 60 millions de personnes déplacées dans le monde, 17 millions l’étaient en Afrique.

La nécessité de changer la façon de faire

Cependant, des solutions existent pour accompagner au mieux ces populations pour les sortir de leur situation d’urgence. La Directrice du PAM a expliqué que l’innovation devait servir à encourager les nouvelles façons de travailler dans l’humanitaire, notamment dans le domaine de l’alimentation. Elle s’est appuyée sur plusieurs exemples, comme au Kenya où de nouvelles procédures d’identification biométrique ont permis de réduire le coût mensuel des besoins alimentaires.

Mais il est également indispensable d’accompagner ces populations sur le long-terme en favorisant les solutions d’autosuffisance. Ainsi, au Tchad, 20 % des réfugiés présents dans le pays ont obtenu un accès à des terres arables, indispensable pour sortir d’une situation d’urgence. Inévitablement la question des financements se posera, ces derniers étant eux aussi dans une situation d’urgence. Ce sera d’ailleurs l’un des enjeux du Sommet humanitaire mondial qui se déroulera les 23 et 24 mai prochain à Istanbul (Turquie).

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