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Combler le déficit énergétique

Malgré un taux de croissance parmi les plus fort au monde (environ 5 % en moyenne sur les cinq dernières années), l’Afrique reste à la traine sur le terrain énergétique. D’après la Banque Mondiale, le continent aurait besoin d’installer 7 GW de capacités énergétiques supplémentaires chaque année pour satisfaire ses besoins en électricité, quand seulement 1 GW vient compléter les réseaux électriques africains tous les ans.

Ce manque laisse une bonne partie des Africains dans une précarité énergétique qui freine leur accès à la santé, à l’éducation ou encore à l’emploi. L’absence d’électricité est un facteur aggravant une pauvreté très présente dans certains pays africains ainsi que dans les zones rurales les plus reculées. Pour répondre à la demande énergétique, l’Afrique a principalement recours aux ressources naturelles issues du sous-sol, comme le pétrole et le gaz, des énergies qui alourdissent l’empreinte carbone du continent et qui, lorsqu’elles ne sont pas destinées à l’exportation, sont revendues sur le territoire à prix d’or.

Pour venir à bout de ces lacunes en termes d’électrification et réduire une dépendance au énergies fossiles mauvaise pour l’environnement, les analystes et professionnels du secteur énergétique sont de plus en plus nombreux à présenter les énergies renouvelables (EnR) comme un moyen efficace de produire localement une énergie bon marché et responsable. Mais si l’Afrique présente un potentiel important sur ce terrain, pour être exploitées, développées, optimisées, les énergies renouvelables nécessitent des infrastructures adéquates et les financements nécessaires pour bâtir une filière des renouvelables sur laquelle les gouvernements africains pourront s’appuyer pour parvenir à un accès à l’électricité universel et, qui sait, réussir une « transition énergétique africaine ».

Tout cela a cependant un coût et le manque de capital reste un frein au développement des projets sur le territoire. Même les initiatives les plus importantes voient leur avenir contrarié par des financements difficiles à trouver.

Mobilisation de la communauté internationale

La COP21 a notamment été l’occasion pour la communauté internationale de s’engager à multiplier les investissements en Afrique avec l’objectif de soutenir le développement des EnR. Un Sommet africain a d’ailleurs été organisé dans le cadre de la Conférence de Paris pour coordonner une action internationale en faveur de la situation environnementale et énergétique de l’Afrique.

C’est durant cette manifestation que les pays membres du G7 ont promis de verser 10 milliards de dollars pour soutenir les efforts africains en matière de renouvelables. 2 milliards d’euros proviendront de la France.

L’ensemble de ces fonds est destiné au financement de l’« Initiative pour l’énergie renouvelable en Afrique », un projet lancé par les chefs d’États africains visant à installer 10 GW supplémentaires de production d’énergie renouvelable en 2020, pour monter jusqu’à 300 GW d’ici à 2030.

L’Afrique sur la bonne voie

Pour l’Afrique, l’aide internationale est précieuse et va lui permettre de bénéficier d’une marge de manœuvre lui donnant les moyens de conduire des projets d’envergure en matière d’EnR et faciliter ainsi la mise en place d’une électricité pour tous, jusqu’ici utopique. Mais les pays africains n’ont pas attendu l’Europe ou les Etats-Unis pour commencer à faire tourner des éoliennes et équiper les déserts de panneaux solaires.

Certains pays demeurent très actifs dans les énergies propres et n’ont même rien à envier à leurs voisins occidentaux. C’est le cas notamment de quelque pays d’Afrique centrale, le Gabon en tête.

 « Grâce à la construction de plusieurs barrages hydroélectriques, le Gabon devrait atteindre une capacité énergétique de 1 000 MW d’ici la fin de l’année, soit le double d’il y a six ans. En 2025, 80 % de l’électricité produite sur le territoire gabonais proviendra d’énergies renouvelables, contre 40 % actuellement. » déclare Maixent Accrombessi, directeur de cabinet du président de la République du Gabon, dans une tribune diffusée sur Jeune Afrique. Il indique également que les émissions de gaz à effet de serre du pays seront réduites de « 62 % par rapport à 2010, tandis que la croissance démographique atteindra 2,5 % par an ».

Le nouveau modèle de développement choisi par le président gabonais concilie à la fois « croissance économique, bien-être social et préservation de l’environnement » pour permettre à la population de jouir d’une « véritable égalité des chances ». C’est bien là que résident les avantages offerts par la croissance verte sur le continent africain : réduire les inégalités entre les populations, qu’elles soient économiques, énergétiques ou sociales.

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