Présidentielle 2020 : L’UE veut-elle brûler la Guinée ?

Présentée comme l’élection de tous les dangers, la présidentielle guinéenne s’est déroulée dans un climat apaisé. Les conclusions des experts électoraux de la CEDEAO et de l’UA se retrouvent sur le fait que cette consultation électorale a été inclusive et régulière.

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Dans sa déclaration préliminaire faite à Conakry, la mission de la CEDEAO a noté « le bon déroulement du processus de dépouillement et de décompte des suffrages conformément au code électoral et des textes subséquents ».

Outre ces deux grandes organisations internationales, la coordination des experts électoraux africains a fait chorus sur le bon déroulement du scrutin du 18 octobre. Si l’unanimité s’est dégagée au niveau des experts présents en Guinée lors de l’élection, l’Union Européenne (UE) a, pour sa part, fait entendre un autre son de cloche.

C’est à mille lieues de la Guinée que l’UE a émis un jugement contestable à tout point de vue sur l’élection présidentielle. Selon cette organisation qui n’avait aucun observateur sur place, « la crédibilité du résultat » pose problème du fait de la « remontée des procès-verbaux » et du « décompte final des votes ». Se fondant sur les faux chiffres du candidat malheureux et endossant, par ailleurs, la sale guerre de ce dernier contre le peuple souverain de Guinée, l’UE pense pouvoir imposer ses vues en méprisant deux grandes organisations africaines : La CEDEAO et l’UA.

Mépris des organisations africaines

La posture de l’UE au sortir de la présidentielle guinéenne, à bien des égards, rappelle le fameux discours servi par le Président Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007 à Dakar. « Le drame de l’Afrique c’est que l’homme noir n’est pas assez entré dans l’histoire », disait-il dans l’ancienne capitale de l’AOF. S’inspirant certainement de cette manière de snober l’homme noir, Josep Borell, haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a jeté du revers de la main le travail abattu par l’UA, la CEDEAO et les autres organisations ayant supervisé l’élection présidentielle. Comment l’Union européenne peut-elle s’estimer plus apte à juger de la crédibilité d’un processus électoral alors qu’elle y est étrangère ? Devons-nous penser que l’avis de la Russie peut peser dans une élection en France ou en Allemagne ? Bien sûr que non.

L’UE arrive avec ses godillots dans une arène approuvée par la CEDEAO et l’UA, pour montrer au monde que la souveraineté tant chantée par les peuples n’est qu’un mot creux couché sur du papier.

Tentons de sortir du discours de la souveraineté pour ne pas donner de la matière à ceux qui ont vendu leurs dents pour un os. Même dans ce cas, la logique de l’UE manque de pertinence. Le bon sens aurait voulu que seuls les avis émis par les experts électoraux parties au processus, fassent foi. De façon plus claire, l’avis de l’UE est nul et n’a en conséquence aucun impact sur la présidentielle guinéenne. On le sait, l’Union européenne est en mission pour son filleul Cellou Dalein Diallo dont elle est l’adjuvant le plus sûr.

L’UE, adjuvant de Cellou Dalein Diallo

L’entrée par effraction de l’organisation européenne dans le processus électoral guinéen n’a rien de surprenant. L’organisation dont le rêve est d’imposer un gouvernement mondial par le choix des chefs d’Etat africains qui seraient à sa botte, entend fermement peser de tout son poids pour imposer son homme lige à la tête de la Guinée. Elle vole ainsi au secours de son filleul battu à plate couture par le Président sortant Alpha Condé. Son rôle dans le dispositif de déstabilisation de la Guinée est de porter le fardeau du candidat malheureux dans les institutions internationales. Cela aurait l’avantage soit de renverser le gouvernement guinéen, soit en cas d’échec, de couper les vivres aux dirigeants du pays de Sékou Touré. Il n’est pas exclu qu’elle appuie financièrement Cellou pour arriver à ses fins.

Deux semaines après la déclaration irresponsable du candidat malheureux à la présidentielle du 18 octobre, l’UE garde un silence troublant face aux violences inimaginables engendrées par Cellou et ses partisans. Pour s’être proclamé vainqueur à moins de 24 heures de la fermeture des bureaux de vote, Cellou Dalein Diallo a engagé sa responsabilité dans les assauts menés par ses partisans crétinisés. Des éléments des forces de défense et de sécurité froidement abattus par les insurgés, un train calciné, des biens publics et privés pillés, des populations tabassées etc. Ces actes moyenâgeux posés par des militants surexcités de l’UFDG, ont tacitement été applaudis par l’UE et ses relais médiatiques. L’organisation qui prétend être soucieuse des droits de l’homme a honteusement fermé les yeux pour ne rêver que d’un Cellou Dalein Diallo au pouvoir. Quitte à brûler la Guinée.

 Fodey Ibrahim

 

 

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