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Le Club de Mediapart lun. 26 sept. 2016 26/9/2016 Dernière édition

Paroles de Frenchies à la sortie des urnes new-yorkaises

Première nouvelle, ils ne sont pas si sarkozystes que cela, contrairement à la réputation qui leur colle à la peau depuis 2007. Douze mille cinq cents Français de New York sont inscrits sur les listes électorales, sur les quelque 40.000 répertoriés par le Quai d’Orsay. Avant de savoir combien ont voté et de connaître les résultats du dépouillement dimanche, voici quelques mots et pensées politiques échangés à la sortie des urnes.

Première nouvelle, ils ne sont pas si sarkozystes que cela, contrairement à la réputation qui leur colle à la peau depuis 2007. Douze mille cinq cents Français de New York sont inscrits sur les listes électorales, sur les quelque 40.000 répertoriés par le Quai d’Orsay. Avant de savoir combien ont voté et de connaître les résultats du dépouillement dimanche, voici quelques mots et pensées politiques échangés à la sortie des urnes.

« Je ne vous dirai pas pour qui j’ai voté mais je peux vous dire que je n’appartiens pas à la supposée ‘communauté sarkozyste’ de New York », glisse Julie en souriant, jeune maman dessinatrice mariée à un chercheur français en poste à New York pour trois ans. En 2007, la communauté française de la ville votaient à 52,26% pour Sarkozy au premier tour et l’élisait à 65.19% au second tour.

A ses côtés, devant cette école franco-américaine de Harlem envahie par les poussettes, se tient Albert, 70 ans et depuis vingt ans à New York. « J’ai voté pour François Bayrou car je n’ai pas envie qu’il disparaisse du paysage politique. Je l’aime bien, même s’il ne gagnera pas. Le reste ? Je n’en attends pas grand chose. Nous avons eu droit au système Mitterrand, au système Chirac, au système Sarkozy, et ainsi de suite », explique-t-il. 

 

Se sent-il vraiment concerné après tant d’années d’expatriation ? « Oui, les élections m’intéressent car c’est aussi l’image de la France qui est en jeu. Finalement, je dirais que cette image n’a pas été trop mauvaise sous Nicolas Sarkozy », note-t-il avant d’ajouter qu’il trouve les élections américaines bien plus réjouissantes et qu’il est fan de Barack Obama. « C’est le cirque ici, c’est marrant. Remarquez, j’ai l’impression que ce Philippe Poutou donnait un air de cirque à l’américaine à l’élection française ! »



Bien plus au sud dans Manhattan, devant l’Ecole Internationale de New York, les 20-30 ans interrogés disent tous avoir voté pour François Hollande. Stéphanie et André insistent sur le fait qu’ils ne se reconnaissent pas dans l’image d’une New York sarkozyste, « peut-être que ce sont ceux qui votent directement au Consulat » (comprendre dans le quartier chic de l’Upper East Side). « Je n’ai pas quitté la France à cause de Nicolas Sarkozy, loin de là, mais enfin s’il s’en va ce sera un peu plus cool de rentrer, oui », confie Stéphanie, 28 ans. « Je vais paraphraser François Hollande en disant que j’attends un vrai changement en France », explique Julia, 27 ans, salariée d’une société d’événementiel, à New York depuis quatre ans. « Ici c’est le combat permanent, mais ça nous rend fort, ça donne une énergie incroyable. J’aimerais vraiment que les jeunes en France ressentent cet élan. Il faut que ça bouge ! », s’emporte-t-elle avant de comparer les campagnes française et américaine. « Les primaires américaines me font bien rire, mais ce serait moins le cas si c’était mon pays. Le point commun entre les deux campagnes selon moi, c’est l’incapacité à poser les vraies questions, c’est dommage. »

Jean-Luc, lui, se rend aux urnes avant tout pour éviter une énième percée du Front national. « La campagne ne m’a pas particulièrement enthousiasmé, mais il est hors de question que Marine Le Pen passe au second tour donc je suis venu voter », explique ce photographe, new-yorkais depuis vingt-cinq ans. A-t-il été sensible aux propositions des candidats en faveur des « Français de l’étranger » (que tout Français enregistré sur les listes consulaires a reçu dans sa boîte mail) ? « Pas vraiment, ils sont en quête de voix alors ils viennent nous voir », glisse Jean-Luc. Les plus concernés sont les expatriés en famille, pour qui l’éducation des enfants est une question voire un problème central. 



Delphine, mère de famille installée depuis dix-sept ans à New York insiste : « Les propositions sur la gratuité de l’école française sont importantes pour nous. Scolariser ma fille en grande section de maternelle au Lycée français coûte 20.000 dollars par an, c’est intenable ! ». Elle est séduite par les propositions de Sarkozy en la matière, puisqu’il a déjà rendu le lycée gratuit et qu’il souhaite étendre progressivement cette gratuité au collège et à l’école primaire. Le genre de proposition qui peut en effet rendre le président sortant populaire auprès des expatriés qui tiennent à ce que leurs enfants aient une scolarité française.

Comment tous ces Frenchies ont suivi la campagne depuis New York ? « Sur internet ! En

 lisant Le Monde et en regardant Le Petit Journal sur Canal + », répondent en cœur Siham et Julia. « Les e-mails qu’on reçoit des candidats partent directement dans les spam de toute façon », ajoute en riant Stéphanie. Quant aux discussions sur la politique française avec les amis ou collègues américains, elles sont plutôt rares. « Ils ne connaissent pas notre système et ils ne comprennent pas notre sensibilité de gauche », résume André, 20 ans, stagiaire. « Ils considèrent que Nicolas Sarkozy est un démocrate, alors ils ne comprennent pas pourquoi nous sommes en colère et pourquoi nous voulons voter plus à gauche. Notre vision de l’Etat leur échappe. Ne parlons même pas de Jean-Luc Mélenchon, c’est le péril rouge. »L’engouement pour Jean-Luc Mélenchon est passé un peu inaperçu dans la communauté française de New York, n’ayant pu participer aux fameux meetings du candidat du Front de gauche, « j’ai ressenti cet engouement via ma famille, c’est assez incroyable, ils en sont tous dingues », note Siham. Il va falloir prendre le temps d’expliquer ce coup de cœur aux Américains.

 

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Tous les commentaires

Je reviens du dépouillement de mon bureau de vote. Je suis triste et en colère de constater que dans une petite ville aussi tranquille, la mer puisse monter aussi haut, suivit par le nain, le pays des tulipes passe après, la bastille n'est pas prise. Les 6 autres sont complètement marginaliés.