AFFAIRE DE SANG CONTAMINE : SECRET DEFENSE

Nous sommes en 1976-78, en France à l'époque où le service militaire était encore obligatoire.

Un "appelé" comme on les nommait autrefois devait se rendre dans la région de Nantes effectuer donc son service militaire.

Bien qu'étant professionnellement "dans les starting-blocks" il dû se rendre, sans grand enthousiasme aucun, à la caserne militaire où il était affecté. Jusque là, rien d'extraordinaire.

C'est seulement au bout de quelques semaines que les choses prirent un tournant on ne peut plus dramatique.

Malade, en pleine crise d'appendicite aigüe, et, au vu du temps de réaction et d'interventiion médicaux sur place, la crise se transforma très vite en péritonite....

Transporté finalement à l'hôpital militaire le plus proche, il devait alors subir une intervention comme prévu dans ce cas de figure.

Or, le lendemain et le sur-lendemain, son état s'agravait curieusement.

Aussitôt les questions fusaient de toute part, de la famille en particulier, et c'est là qu'entre en scène le secret défense : réformé d'office.

Ah bon, et pourquoi ça ? Les médecins devaient trouver une parade afin d'éviter toute responsabilité dans ce qui est apparu comme une faute, une erreur médicale monumentale, liée à une transfusion de sang contaminé : hépatite C.

Comprenez bien qu'à l'époque, ce genre de phénomène n'étant pas du tout répandu, quand bien même il a sévit, et qui plus est au sein du Ministère de la Défense, ne devait pas faire de vagues....

Les semaines passent, le sang contaminé atteint le foie, la fin est ineluctable.

L'action de réforme d'office aura permis à l'hôpital militaire de se débarasser fissa du "malade encombrant" tout en se préumunissant d'éventuelles poursuites.

Lorsque la famille commença son deuil, il fut envisagé une tentative de procès, qui, rapidement, tourna court, vous vous en doutez.

Un procès contre l'armée ! L'essayer, c'est une chose, le gagner, ça se saurait....

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