LUTTE SALARIALE : "TOMBEZ LA CHEMISE"

Nous sommes en 2015, à Air France souffle un vent de colère, de révolte chez les salariés. Un plan (nouveau) de licenciement les menace.

Contrairement aux défilés et autres réactions habituelles, un déchaînement humain s'est produit à l'arrivée des responsables du "fleuron français". Du grand spectacle, relayé sur toutes les chaînes du monde. Le DRH pris d'assaut par des salariés remontés à bloc s'est vu déshabillé, la chemise arrachée, en deux temps trois mouvements ! On peut dire que cette fois, ça ne rigolait pas dans les rangs des employés "au sol". Ensuite la situation devenait rapidement incontrôlable et ces messieurs de la classe dirigeante obligés de s'abriter, de s'exfiltrer, via les forces de l'ordre, du jamais vu sous la Vème république.

Certes, les intéressés ont dû "payer" cher l'ardoise.

Mais qu'est-ce qu'on apprend aujourd'hui ? AIR FRANCE embauche, AIR FRANCE achète deux gros avions ! Qui plus est, un nouveau DRH a été nommé.....Bon sang, mais c'est bien sûr, le coup de la chemise, qui a fait le tour du monde. Jamais, de toute l'histoire un pays de toute la planète n'avait vu de ses yeux vu, un DRH se faire arracher la chemise dans la foule ! De cette manifestation est né un buzz méga-planétaire, qui l'eu cru ?

Voilà, c'est en ces termes, en ces gestes, "manipulations" et autres démonstrations que, finalement, et bien, on obtient. Tout à fait. Au lieu de désservir l'entreprise, ce "pétage" de chemise aura fait d'une pierre deux coups : une publicité extraordinaire pour Air France, et un regain d'emplois dans ladite compagnie. Que demande le peuple ?

Et bien, en 2016, mesdames et messieurs les salariés, mécontents, sur la touche, le seul message audible, crédible et efficace, je vous le donne en mille : ôtez les chemises, criez, hissez haut et forts vos drapeaux, si vous en avez, ce n'est pas une obligation....Vos pancartes, etc....foncez, courage, la force de l'humain, sa détermination quand il est au charbon, personne ne peut les lui enlever, personne.

Les "bonnets rouges" ont montré de quoi ils étaient capables. Les tracteurs aussi. Chacun, avec ses moyens, ses outils, a le pouvoir de dire STOP ! stop aux plans de masse, aux délocalisations à la chinoise, qui, par ailleurs, est en train de prendre une grande claque. Stop aux abus de contrats alignés les uns derrière les autres : 25 CDD par an, oui, oui, en France, bientôt, c'est possible....

Et surtout, surtout, stop au harcèlement, à la méchancetée cachée, avec les conséquences meurtrières qu'elles ont causé ces dernières années. Qui n'a pas dans son entourage un ami, une amie qui a été victime de harcèlement au travail, obligée de démissionner. Quand le pire arrive, et que des hommes se défenestrent, au XXIème siècle, en arriver là, pour du travail, STOP, l'alerte est plus que jamais urgente et nécessaire si l'on veut sauver sa peau.

Et la mondialistation là dedans ? L'Europe ? Pschitt ! Làs des discours, des  infos en châine sur madame Merkel, mister Juncker, Cameron et Cie. Les français sont essorés comme des serpillères, on leur demande toujours de se serrer la ceinture, toujours, quand d'autres se baffrent et roulent aux frais de la princesse. Il me semble que la question européenne ou mondiale en a pris un coup lors des dernières élections régionales ? Ah ? Comme c'est bizarre. Les français déboussolés, récupérés, évidemment par la marine se sont exprimés en masse, et cette fois, la France avait vraiment le vague à l'âme. Une carte géographique soudainement peinte de bleu fonçé, en effet, cela faisait très bizarre.

Qu'à cela ne tienne, notre droite nationale s'est ultra-mobilisée, pour barrer le passage, et pas que, les valses droite-gauche, gauche-droite ont fleuri pendant l'entre deux tours, un véritable bal des partis, tout comme à Monaco.

Aujourd'hui le calme est revenu, les français sont redevenus "raisonnables" et résultat du second tour : la couleur de la France est passée brusquement au bleu clair.....Ah, on a eu chaud. Après tout, un petit "coup" de vent frais derrière les oreilles, ça vous réveille un politique endormi.

Le problème, c'est que nous sommes en 2016, à peine les festivités de Noël, la dinde, les cadeaux, la bûche passés, nous voilà replongés dans des cacophonies pré-électorales, des guéguerres de partis, comme en 14 !

Ce n'est vraiment pas drôle, car lesdits partis, on les connait, tous, on les a vus, tous, et récemment, plusieurs sondages ne donnaient pas vraiment satisfaction, ni pour un "dinosaure" ni pour un autre. Croyez vous que la France va se "renouveller" avec des têtes blanches ? Ou presque. Et la jeunesse, elle en pense quoi des têtes "réchauffées" cent fois passées sur nos écrans, rabachant inlassablement les mêmes discours. Qui a fait un sondage auprès des jeunes français pour avoir ne serait-ce que leur opinion sur leurs désirs, leurs envies, leurs valeurs à défendre ? Rien. On s'obstine à nous servir la guéguerre permanente des candidats ou pseudo-candidats, pendant que les français, de tous âges, mais surtout les jeunes attendent désespérément un signe, un appel, un espoir.

Hélàs, dans de telles conditions, j'ai bien peur que la résignation ne l'emporte sur le grand frisson.

Le frisson d'une vraie révolte, d'une vraie manifestation de ras-le-bol.

Les dernières statistiques au niveau du tourisme en 2015 donnent des chiffres flâteurs alors que le monde tremblait sous les attentats.

Signe que la démocratie est encore bien vivante et que chacun doit s'exprimer, se défendre, plus que jamais, contre le pire ennemi : la politique du pire, de l'ennui, du passé.

Le passé est dépassé, place aux nouvelles idées, place à tous ceux laissés sur le bas côté, et les opprimés.

Les travailleurs "pauvres", nouveau terme en vogue, risquent de se rebeller à force de tout donner, et d'être "remerciés".

Il est encore temps de tomber la chemise.

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