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Le Club de Mediapart jeu. 25 août 2016 25/8/2016 Dernière édition

MANDELA *DISCOURS sur la PALESTINE

 

Ce discours de Nelson Mandela a été donné aux Etats-Unis en 2001, à l’occasion de sa rencontre avec Thomas Friedman, un journaliste américain juif, spécialisé dans le Proche-Orient.

 

Mandela's Memo to Thomas Friedman About Israel & Palestine

By Nelson Mandela, in Jefferson Corner - America's Speaker's Corner, 28 March 2001

                       

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Cher Thomas,

Je sais que vous et moi, nous aspirons à la paix au Moyen-Orient, mais avant que vous continuiez à parler des conditions nécessaires d’un point de vue israélien, vous devez savoir ce qui est dans mon esprit.

Par où commencer? Que diriez-vous de 1964. Laissez-moi citer mes propres paroles lors de mon procès. Elles sont vraies aujourd’hui, autant qu’elles l’étaient alors: «J’ai combattu contre la domination blanche et j’ai combattu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient ensemble en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir « .

Aujourd’hui, le monde, noir et blanc, reconnaît que l’Apartheid n’a pas d’avenir. En Afrique du Sud, il s’est terminé par notre propre action de masse, pour bâtir la paix et la sécurité. Cette campagne et d’autres actions ne pouvaient qu’aboutir à l’établissement de la démocratie.

C’est peut-être étrange pour vous d’observer la situation en Palestine ou, plus spécifiquement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d’apartheid. C’est parce que vous pensez à tort que le problème de la Palestine a commencé en 1967. Cela a été démontré dans votre récent article « Premier Mémo de Bush » dans le New York Times du 27 Mars 2001.

Vous semblez surpris d’entendre qu’il y a encore des problèmes de 1948 à résoudre, l’élément le plus important est le droit au retour des réfugiés palestiniens. Le conflit israélo-palestinien n’est pas seulement une question d’occupation militaire et Israël n’est pas un pays qui a été créé « normalement » et s’est mis à occuper un autre pays en 1967.

Les Palestiniens ne luttent pas pour un « Etat » mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud.

Au cours des dernières années, et surtout pendant le règne du Parti travailliste, Israël a montré qu’il n’était pas encore prêt à rendre ce qu’il avait occupé en 1967, que les colonies restent, Jérusalem est sous souveraineté exclusivement israélienne et les Palestiniens n’ont pas d’ Etat indépendant, mais sont sous domination économique israélienne avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l’air, de l’eau et de la mer.

Israël ne pense pas à un «Etat» mais à une «séparation». La valeur de la séparation se mesure en termes de capacité d’Israël à garder l’Etat Juif, et à ne pas avoir une minorité palestinienne qui pourrait avoir la possibilité de devenir majoritaire à un certain moment dans l’avenir. Si cela se produit, cela forcerait Israël à devenir soit un Etat démocratique ou bi-national laïque, ou à se transformer en un Etat d’apartheid de facto.

Thomas, si vous suivez les sondages en Israël au cours des 30 ou 40 dernières années, vous trouvez clairement un racisme grossier: un tiers de la population se déclare ouvertement être raciste. Ce racisme est de la nature de « Je hais les Arabes » et « je souhaite la mort des arabes. »

Si vous suivez également le système judiciaire en Israël, vous verrez qu’il y a discrimination contre les Palestiniens, et si vous considérez les territoires occupés en 1967, vous trouverez qu’il y a déjà deux systèmes judiciaires opérationnels qui représentent deux approches différentes de la vie humaine: une pour la vie des Palestiniens l’autre pour celle de la vie juive. En outre, il y a deux approches différentes pour la propriété et à la terre. La propriété palestinienne n’est pas reconnue comme propriété privée car elle peut être confisquée.

Quant à l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, il y a un facteur supplémentaire. Les soi-disant «zones autonomes palestiniennes » sont des Bantoustans. 

 

 

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"Je savais parfaitement que l'oppresseur doit être libéré tout comme l'opprimé.

Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de sa haine, il est enfermé derrière les barreaux de ses préjugés et de l'étroitesse d'esprit. (...)

 Quand j'ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission: libérer à la fois l'opprimé et l'oppresseur."

(Autobiographie)

 

L’Etat palestinien ne peut être le sous-produit de l’Etat juif, juste pour garder la pureté juive d’Israël. La discrimination raciale d’Israël est la vie quotidienne de la plupart des Palestiniens. Depuis qu’Israël est un Etat juif, les Juifs israéliens sont capables d’accumuler des droits spéciaux que les non-juifs ne peuvent pas avoir. Les Arabes palestiniens n’ont aucune place dans un Etat «juif».

L’apartheid est un crime contre l’humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de la propriété. Il a perpétué un système de discrimination raciale et d’inégalité. Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation des règles du droit international. Il a, en particulier, mené une guerre contre une population civile, en particulier les enfants.

Les réponses apportées par l’Afrique du Sud à des violations des droits de l’homme émanant des politiques d’élimination et de politiques d’apartheid, respectivement, mettent en lumière ce que la société israélienne doit nécessairement passer avant qu’on puisse parler d’une paix juste et durable au Moyen-Orien.

Thomas, je n’abandonne pas la diplomatie au Moyen-Orient. Si vous voulez la paix et la démocratie, je vous soutiendrai. Si vous voulez Apartheid formelle, nous ne vous soutiendrons pas. Si vous voulez soutenir la discrimination raciale et le nettoyage ethnique, nous nous opposerons à vous.

Quand vous saurez ce que vous voudrez, appelez moi...

 

                   

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                        "Je ne doute pas un seul instant que lorsque j'entrerai dans l'éternité, j'aurai le sourire aux lèvres."

                                                     (1997, réflexion sur les réalisations accomplies depuis la fin de l'apartheid)




 

 

 

 

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Tous les commentaires
  • 11/12/2013 16:55
  • Par ask75

Les États-Unis ont retiré Nelson Mandela de leur liste noire des terroristes en 2008.

 

L'ancien président sud-africain Nelson Mandela est décédé jeudi à l'âge de 95 ans. Bien que considéré aujourd'hui comme une icône des droits de l'homme, Nelson Mandela est resté inscrit sur la liste noire des terroristes aux États-Unis jusqu'en 2008, année où George W. Bush, président de l'époque, a signé un accord pour l'en retirer.

Condoleezza Rice, alors Secrétaire d'Etat, a déclaré à ce sujet qu'il s'agissait "d'une question embarrassante qui m'oblige à faire profil bas face à mon homologue, le Ministre des affaires étrangères sud-africain, sans parler du grand leader Nelson Mandela."

"Il n'avait rien à faire sur notre liste de surveillance, et je suis satisfait de voir cette évidence entérinée," a déclaré en 2008 le démocrate John Kerry , alors sénateur du Massachussets.

Le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela a été désigné organisation terroriste par le régime de l'apartheid sud-africain pour son combat contre le système de ségrégation raciale en oeuvre dans le pays de 1948 à 1994.

L'ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher a aussi décritl'ANC comme une "organisation terroriste typique" en 1987, refusant d'appliquer des sanctions au régime de l'apartheid. Le président américain Ronald Reagan a adopté une position identique.

En 1986, l'ancien vice-président Dick Cheney,alors membre du Congrès, a voté, à l'instar de 179 de ses confrères, contre une résolution non exécutoire visant à reconnaître l'ANC et à exiger du gouvernement sud-africain qu'il libère Nelson Mandela. La mesure a finalement été adoptée, mais pas avant une tentative de veto de la part de Dick Cheney.

En 2000, Dick Cheney déclarait avoir le même avis sur la question.

Source :

http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/12/06/nelson-mandela-liste-noire-terroriste-2008_n_4397838.html