Tentative d’agression sexuelle et harcèlement à la Fédération Française de Football

Une ancienne salariée dénonce un climat sexiste entretenu par l’actuel directeur financier. Elle a porté plainte pour harcèlement sexuel et tentative d'agression sexuelle lors de son passage dans les instances de le fédération française de football (FFF).

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En effet, l'ex-salariée de la fédération française de football accuse un directeur financier de l'instance de harcèlement et tentatives d'agression sexuelle, a révélé Mediapart dans une enquête.

Stagiaire, puis embauchée en CDD jusqu'en novembre dernier, la jeune femme a déposé plainte auprès de la police judiciaire de Paris pour "des faits de harcèlement sexuel continu" et pour "deux tentatives d'agression sexuelle". Le cadre, qui n'a pas encore été convoqué selon son entourage, aurait tenté de l'embrasser sans son consentement lors d'un pot au siège de la FFF en décembre 2017, puis lors d'une soirée en juin 2018 pendant le Mondial en Russie.

Devant ces faits, elle a décidé de porter plainte contre la FFF. Par ailleurs elle estime avoir été banalisée et sous-estimée par son bourreau et l’instance à cause de sa classe sociale et son âge. Elle a affirmé dans Mediapart « Ils m’ont sous-estimée. Ils m’ont prise pour une gamine. » elle n'a pas 30 ans, et elle vient de déposer plainte contre un des principaux dirigeants de la fédération française de football pour harcèlement sexuel et tentatives d’agression sexuelle.

Dès lors, La FFF sera mise en cause dans sa responsabilité d’employeur par l'inspection du travail. Une procédure est en cours aux prud’hommes. De ce climat, va naître une guerre entre la plaignante et la fédération française de football. On essaie d’apporter des arguments pour prendre le dessus. Il devient impossible de ramer dans le même sens dans la mesure où l’image de la fédération est en jeu, tandis que la victime se sent blesser.

Du côté de la plaignante, son avocate, Agnès Lowenstein maintient la position de départ. Elle affirme que le directeur financier de la fédération aurait tenté une première fois d’embrasser la jeune femme sans son consentement lors d’un pot au siège de la FFF, en décembre 2017. Puis il aurait récidivé lors d’une soirée en juin 2018, pendant le Mondial en Russie, selon le site Mediapart, qui a dévoilé l’affaire.

La Fédération « a immédiatement réagi en menant une enquête interne, sérieuse et objective », avec notamment l’audition d’une vingtaine d’employés, répond son avocat, Florent Dousset.

Une fois celle-ci terminée, « la FFF a estimé que les faits de harcèlement sexuel ou d’agression sexuelle n’étaient pas caractérisés ». Cependant, ajoute Me Florent Dousset, l’intéressé a « pu tenir des propos inadaptés dans sa communication avec les salariés, conduisant la fédération à le rappeler fermement à l’ordre ».

Ces explications n’ont pas convaincu l’avocate de la plaignante. « Si effectivement il n’y a rien dans cette enquête, pourquoi ne pas nous l’envoyer ? C’est bien que ce n’est pas si simple que ça », dit Me Agnès Lowenstein.

Sur les conclusions de l’inspection du travail, apparaissent également des divergences. L’ancienne salariée a saisi le conseil de prud’hommes de Paris, estimant avoir été « évincée » de son poste. « Il était prévu qu’elle ait un CDI », affirme son avocate.  Pour la FFF, « Le contrat de travail de l’auteur de la dénonciation a pris fin normalement à son terme » Mise en cause dans sa responsabilité d’employeur par l'Inspection du travail, la FFF conteste fermement ces conclusions. Le conseil de la fédération française de football, refusera toute conciliation devant la juridiction prud’homale.

 Pour rappel, tout employé pose des actes pour le bénéfice et l'intérêt de son employeur. Il peut arriver que l'employé cause un dommage à une personne alors qu'il se trouve dans le cadre de ses fonctions.

La loi est sévère envers l'employeur, car une fois que la victime fait la preuve qu'un employé a commis une faute et qu'il était dans le cadre de l'exécution de ses fonctions, l'employeur est présumé responsable de l'incident et ainsi des dommages survenus. Ceci signifie qu'un employeur peut être tenu responsable même s'il n'a personnellement commis aucune faute. Par contre, la responsabilité de l'employé ne disparaît pas du seul fait que l'employeur est tenu responsable.

Le directeur financier et la fédération Française de Football risqueraient Gros, si les faits venaient à être confirmés. Un autre scandale qui pourrait salir l’image de la maison après l’affaire des quotas.

Pour l’heure, le dossier serait renvoyé au fond et mettra de nombreux mois, voire 2020 pour un dénouement, dans une affaire qualifiée de David contre Goliath.

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