Débuts controversés du VAR en Premier League

En Premier League, l'arbitrage vidéo, démarré cette saison, est loin de convaincre. Avec son lot de remises en cause et de débats animés.

En matière d'assistance à l'arbitrage vidéo, les Anglais ont tiré les derniers et ne sont pas loin de regretter de s'être finalement lancés. Dernier grand Championnat européen à introduire le VAR, la Premier League a démarré cette saison seulement, mais avec de grandes ambitions résumées par l'ancien attaquant Alan Shearer, chargé de la promotion du produit, début août, avant les premiers matches. « La Premier League place la barre très haut pour le VAR, s'enflammait l'ex-buteur de Blackburn et Newcastle. La philosophie est la suivante : un minimum d'interférences, un maximum d'avantages, pour garder le rythme et la passion que nous connaissons et aimons tous. »

Pour faire accepter cette innovation technologique par le public, la Premier League fait de la pédagogie. Sur Twitter, le compte officiel du championnat anglais a expliqué comment l'assistance vidéo allait être introduite à compter de cette saison 2019-2020. À l'instar de la Ligue 1 et de plusieurs compétitions nationales et internationales, les décisions arbitrales peuvent désormais être prises à l'aide de la vidéo dans quatre cas de figure : la validation de buts, l'analyse d'un possible penalty, l'étude d'une faute passible d'un expulsion directe (et non pas d'un second carton jaune) et la correction d'une erreur d'identité. Une nouveauté a toutefois été introduite: la Premier League donne aux spectateurs des explications sur les décisions annulées. Des clips vidéos sont ainsi diffusés sur les écrans géants des stades.

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Compte tenu des critiques émises contre l'assistance vidéo, notamment lors de la Coupe du monde féminine 2019 en France, les instances anglaises veulent rassurer. L'ancien attaquant Alan Shearer explique dans une de ces vidéos pédagogiques :  « La Premier League place la barre très haut pour l'implication du VAR. La philosophie est la suivante: un minimum d'interférence, un maximum d'avantages, pour garder le rythme et la passion que nous connaissons et aimons tous ». La Premier League entend ainsi éviter au minimum les longues interruptions. « Nous ne voulons pas retarder inutilement le jeu », assure Alan Shearer. Cela passe par une utilisation « avec parcimonie » de l'écran que l'arbitre peut consulter entre les deux bancs de touche. Bien que cette consigne existe, l'arbitre central est libre de consulter cet écran si ses assistants vidéo le contredisent.

Mais l’utilisation de la vidéo est déjà pointée du doigt en Angleterre. La qualité de l’arbitrage outre-Manche est généralement prise en exemple mais la VAR a semble-t-il changé la donne. Le débat du week-end a été généré par la rencontre entre Aston Villa et Liverpool. Un but de Firmino a été refusé pour un hors-jeu millimétré, tandis qu’une main d’un défenseur d’Aston Villa est passée entre les mailles du filet, ce qui a irrité Jürgen Klopp au plus haut point. Comme en Italie, une réunion est prévue entre les représentants des 20 clubs et la direction de la Premier League. Pour apaiser les tensions mais aussi proposer des solutions. Et comme le révèle le Daily Telegraph, certains présidents de club sont déterminés à faire évoluer le règlement de la VAR. Avec comme objectif, notamment, la validation d’une nouvelle manière d’utiliser la vidéo. À savoir qu’elle soit demandée par l’entraîneur de chaque équipe. Un peu comme au tennis par exemple, avec les "challenges" réclamés par les joueurs.

Le Daily Telegraph cite ainsi des présidents de club qui souhaitent que les entraîneurs disposent chacun de 3 appels à la VAR par rencontre. Ce n’est pas particulièrement une mesure souhaitée par la Premier League, qui ne veut pas générer plus de temps d’attente pour le public. D’où les demandes d’une diffusion sur les écrans des stades des images visionnées par les arbitres pour que le public ne soit pas mis de côté. Les prochaines semaines pourraient donc déboucher sur une nouvelle manière d’utiliser la VAR. Reste à voir si cela inspirera quelque chose à la direction de l’arbitrage en France.

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