Les envies de retour de Platini

Invité de France Info ce 6 novembre, Michel Platini, dont la suspension de toute activité liée au football a pris fin le 7 octobre, s'est plaint du traitement qui lui a été réservé ces dernières années.

« On me fait passer pour Al Capone, pratiquement. » Invité de France Info, mercredi, Michel Platini a de nouveau fait part de son amertume quant au traitement dont il estime avoir été victime, lui qui a été suspendu quatre ans par la FIFA de toute activité liée au football. Une sanction qui a pris fin le 7 octobre. L'ancien président de l'UEFA a d'ailleurs rappelé qu'il avait « porté plainte contre X pour association de malfaiteurs ».

Il est aussi revenu sur son appui au Qatar pour l'obtention du Mondial 2022 en assumant totalement son choix : « J'ai toujours voté pour le développement du football. J'avais voté pour le Maroc quatre ans avant. J'ai créé l'Euro dans 13 pays parce que ça permettra à beaucoup de pays de recevoir l'Euro, de créer des stades et de gagner quelque chose, et puis ça faisait cinq ou six fois que le monde arabe avait perdu. Et donc à un certain moment, pour le développement du football, c'est formidable d'aller dans le Golfe. J'avais demandé deux choses. J'avais demandé que ce soit la Coupe du monde du Golfe, c'est-à-dire que le Qatar fasse éventuellement un effort pour ramener avec eux Abou Dabi, Dubaï, le Bahreïn et tout le Golfe, et puis la deuxième chose, que la Coupe du monde soit en novembre, en décembre. »

Maintenant que l'ancien numéro 10 des Bleus est de nouveau libre d'exercer une activité liée au football, il pourrait donc redevenir dirigeant au sein d'un club ou dans une organisation nationale ou internationale. Plusieurs options sont sur la table. Mais en a-t-il simplement envie? Dans les différents entretiens qu'il a accordés ces derniers jours, le champion d'Europe 1984 aujourd'hui âgé de 64 ans a manifesté son désir de reprendre du service. « Je reviendrai », a-t-il martelé à la RTS (NDLR : Radio Télévision Suisse) au début du mois. Âgé de 64 ans, Platini estime par ailleurs qu'il a encore « une dernière aventure » à faire. « Il ne faut pas que je me trompe, que ce soit quelque chose qui me plaise et dans lequel je sois utile », a-t-il expliqué.

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Notre Platoche national a d'ores et déjà écarté l'idée d'un retour à la tête de l'UEFA où il a officié comme président de 2007 à 2015. « On ne vit pas deux fois la même histoire d'amour. Alors, oui ça ferme des portes, notamment celles de l'UEFA », a-t-il déclaré dans une interview accordée à L'Équipe. L'ancien meneur de jeu devrait aussi décliner les différentes propositions notamment de la télévision italienne pour redevenir consultant, un rôle qu'il avait déjà tenu pour Canal+ après sa retraite sportive. S'il a pris le temps d'écrire un livre sur sa carrière de dirigeant, à paraître début novembre et réalisé un documentaire sur la Ligue des champions avant un autre à suivre sur les 60 ans de l'Euro, Michel Platini ne semble pas enclin à revenir de manière assidue dans l'univers des médias. L'animal politique sommeille toujours en lui, et il ne s'interdit « rien ». « Tout est ouvert », ajoute-t-il.

Le plus simple pour le triple Ballon d'Or serait de retrouver des fonctions au sein d'un club prestigieux. La Juventus Turin où sa cote d'amour n'a jamais fléchi lui a déjà proposé un poste auprès de la direction. Il y occuperait des fonctions de conseiller. Mais le Français n'a pour l'instant pas donné suite. Prendre la tête de la FIFPro, le syndicat mondial des footballeurs, pourrait être une autre piste mais pas sûr qu'il pèserait assez sur la marche du foot mondial et qu'il y trouverait son compte. Et puis la prochaine élection a lieu en 2021. En réalité, Platini s'interroge toujours sur l'opportunité de se lancer dans la bataille de la présidence de la Fifa, celle-là même qu'il trustait en 2015 et qui l'a vu chuter de son piédestal quand est opportunément sortie l'affaire du paiement de deux millions de francs suisse (1,8 million d'euros) versé sur son compte par Sepp Blatter, ancien président de la Fifa.

Gianni Infantino l'actuel président de la Fédération Internationale observe avec attention, et une certaine appréhension, ce que va décider l'ex-star de la Juve. Le Français incarnerait une opposition crédible qui n'existe pas aujourd'hui au sein de la Fifa. Le natif de Joeuf pourrait bâtir un programme qui s'appuierait sur sa philosophie de toujours « le football, le jeu et les joueurs », plutôt que le business et les parts de marché qu'incarne le technocrate Infantino.

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