PSG : Ander Herrera convoqué par la justice espagnole pour match truqué

Il n’a pas encore fait ses débuts en Ligue 1 et voilà qu’il fait déjà parler de lui. Le nouveau joueur du PSG, Ander Herrera était en Espagne ce mardi, plus précisément à Valence, où il était convoqué par la justice. Quel est le motif qui a obligé le convalescent milieu à se déplacer ?

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Le milieu de terrain est soupçonné d’avoir participé à l’arrangement d’un match entre Saragosse et Levante en 2011. Le procès doit durer jusqu'à la fin du mois de septembre. Il y a quarante-deux accusés, dont trente-six joueurs.

« La justice soupçonne le club de Saragosse d'avoir versé 965 000 euros sur les comptes bancaires de certains de ses joueurs et membres de l'encadrement pour qu'ils les distribuent en liquide à des joueurs de Levante en vue de truquer le match » explique l'AFP ce mardi.

« Je n'ai jamais et je n'aurai jamais rien à voir avec la manipulation de résultats de matchs. Si je suis appelé à témoigner dans une audience judiciaire, je serai heureux d'y assister, puisque j'ai la conscience tranquille » avait expliqué Herrera à ce sujet en 2014. 

Un match de deuxième division à l’origine de la découverte du phénomène

À la suite d’un vaste coup de filet dans le monde du ballon rond ibérique, plusieurs footballeurs et ex-footballeurs espagnols, dont un ancien international, soupçonnés de faire partie d’une organisation dédiée au trucage de matchs de première et deuxième division, avaient été arrêtés par la police. L’arrestation de 11 personnes était prévue lors de l’opération, dont celle « de joueurs de football de première division à la retraite ou en activité, de joueurs en activité de deuxième division ainsi que du président et de cadres d’un club », a indiqué la police dans un communiqué.

Le 27 mai 2018, le club de Huesca reçoit Tarragone et la rencontre de deuxième division espagnole s’achève sur la victoire des visiteurs (0-1). Le résultat est surprenant : l’équipe aragonaise était alors en tête du championnat, tandis que son rival catalan tentait d’échapper à la relégation. Mais c’est une autre raison qui incite la Liga (le championnat pro) à déposer plainte : le volume de paris sur Internet a été sur ce match quatorze fois plus important que la moyenne dans cette catégorie.

C’est pile un an plus tard que l’affaire éclate publiquement, avec un coup de filet lancé ce mardi. « L’arrestation de onze personnes est prévue », a indiqué la police espagnole dans un communiqué. Parmi eux « des joueurs de football de première division, à la retraite ou en activité, des joueurs en activité de deuxième division ainsi que du président et de cadres d’un club. » Ces personnes sont accusées de corruption, blanchiment et appartenance à une bande organisée. Certaines sont suspectées d’avoir joué un rôle dans la rencontre de 2018, comme le président et le médecin de l’équipe de Huesca. D’autres sont soupçonnées à la suite d’un choc plus récent : le match gagné par le FC Valence (0-2) sur le terrain de Valladolid le 18 mai, lors de la dernière journée de Liga.

Parmi les autres footballeurs ou ex-footballeurs visés, figurent toujours selon ces sources, Borja Fernandez, qui vient de finir sa carrière à Valladolid, Carlos Aranda, passé par plusieurs clubs de Liga, Samuel Saiz Alonso, joueur de Leeds en prêt cette saison à Getafe, et Inigo Lopez Montana, joueur du Deportivo La Corogne.

Plusieurs dirigeants du club de Huesca, 19e de la dernière Liga, dont le président Agustin Lasaosa sont également concernés, selon ces mêmes sources, pour avoir participé au trucage de matches lorsque le club aragonais, récemment relégué après une seule saison dans l’élite, était en deuxième division.

Selon la police, l’organisation sélectionnait des rencontres « de préférence en début ou en fin de championnat » et optait plutôt pour des paris combinés. Elle approchait en priorité les capitaines de l’équipe visée, et une fois le trucage accepté, payait les protagonistes ‘’ en liquide ’’ en deux fois : avant le match, puis une fois le résultat obtenu.

Phénomène régulier ces dernières années, mais concernant plutôt des divisions inférieures

En avril 2017, la police espagnole avait arrêté cinq personnes liées au club d’Eldense, en troisième division, les soupçonnant d'avoir arrangé une rencontre perdue 12-0 face à la réserve du FC Barcelone. Tous ont été inculpés pour corruption et organisation criminelle et laissés en liberté en attendant d'être jugés. Le président de la Liga, Javier Tebas, avait à ce moment-là assuré qu'une enquête était en cours sur d'autres matches. L’an dernier, une vingtaine de personnes avaient été arrêtées lors d’une opération contre une organisation soupçonnée d’avoir utilisé des footballeurs de troisième ou quatrième divisions pour provoquer des situations sur lesquelles des joueurs en Chine pariaient, comme des penalties ou des corners.

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