Sextape de Valbuena : La Cour de cassation pourrait trancher en juin

Le policier dans l'enquête sur le chantage à la sextape de Mathieu Valbuena, dans laquelle Karim Benzema est mis en examen, était-il déloyal ? La Cour de cassation pourrait trancher le 19 juin, à moins qu'elle ne renvoie l'affaire en formation plénière.

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En juillet 2017, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire avait donné raison à la défense en préconisant l'annulation d'un pan de la procédure.

Mais la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris lui a résisté en validant l'enquête le 8 novembre 2018, ouvrant ainsi la voie à un procès. Dans son arrêt, elle avait rejeté la requête en nullité de l'attaquant du Real Madrid, qui dénonçait les agissements sous couverture d'un policier se présentant comme un intermédiaire entre Mathieu Valbuena et les personnes soupçonnées d'être des maîtres-chanteurs.

La défense de Benzema, mais aussi de Younes Houass et Karim Zenati, deux autres mis en examen dans ce dossier, ont alors formé un pourvoi contre cet arrêt, examiné jeudi. La chambre criminelle de la Cour de cassation peut décider de ne pas trancher en l'état et de renvoyer l'affaire en formation plénière. Jeudi, l'avocat général a préconisé de déclarer irrecevable le pourvoi de M. Houass et demandé pour les deux autres une saisine de la Cour en formation plénière ou sinon un rejet de leurs pourvois.

Patrice Spinosi, avocat de M. Benzema et Zenati, a estimé vivre un instant schizophrénique : On refait le match avec des arguments déjà entendus donc un rejet des pourvois n'est pas envisageable, a-t-il estimé. Pour Frédéric Thiriez, avocat de Mathieu Valbuena, au contraire, il n'y a rien de condamnable dans les procédés utilisés par le policier.

Aucun rôle actif pour le policier ?

Avant cela, dès les premiers appels, le maître-chanteur avait dit à Valbuena : désigne une personne de confiance pour venir discuter à Dubaï et régler le problème, a expliqué Me Thiriez. Puis quelques jours plus tard, nouvel appel, et menace de dévoiler la vidéo : on lui demande à nouveau de désigner un mandataire, a insisté l’avocat. Ainsi le policier ne s’est pas infiltré, il s’est présenté comme un représentant de Valbuena pour négocier à la demande du maître-chanteur, a-t-il ajouté, estimant que Lukas n’a eu aucun rôle actif, mais s’est borné à suivre la discussion.

« On a bien une tentative de chantage dès l’origine », a quant à lui fait valoir l’avocat général Patrick Bonnet, le policier n’a eu qu’un rôle d’intermédiaire, sollicité par l’auteur initial de l’infraction. Il n’y a jamais eu d’intervention déloyale, a-t-il conclu, préconisant à la Cour de rejeter le pourvoi, et donc de valider la procédure. Pour l’avocat de Benzema et Zenati, le policier a eu un rôle très actif. C’est lui le premier qui parle de contrepartie, a plaidé Me Patrice Spinosi, c’est lui qui va relancer, pousser à la négociation. Selon l’avocat, il y a eu provocation, sans l’intervention du policier, l’infraction n’aurait pas été caractérisée. Absurde, a répliqué l’avocat de Mathieu Valbuena, Frédéric Thiriez, ancien président de la Ligue professionnelle de football (LFP). L’infraction était "déjà constituée" lorsqu’est intervenu le policier, le 20 juin 2015, pour demander des preuves de l’existence de la vidéo.

Des contradictions manifestes…

M. Houass, qui gravite dans le milieu du football professionnel, accuse le commissaire d'avoir utilisé à son détriment un SMS dans lequel il proposait à Valbuena d'aider. Et d'avoir indiqué une fausse date concernant l'envoi de ce message. Il y a des contradictions manifestes dans les procès-verbaux des enquêteurs de la BRB concernant la date de ce SMS, a relevé Me Bolaky, après que son client, M. Houass, eut été entendu jeudi matin par l'IGPN. L'officier de police, qui s'était fait passer pour un intermédiaire mandaté par Valbuena pour négocier avec ses maîtres-chanteurs, n'a pas souhaité communiquer, soumis notamment au devoir de réserve.

Cette affaire, dans laquelle six personnes sont mises en examen, a coûté sa carrière internationale à Benzema, plus jamais rappelé en Bleu depuis novembre 2015, tout comme à Valbuena, ancien joueur de l'OM et de l'OL qui évolue aujourd'hui à Fenerbahçe (Turquie).

Outre l'attaquant vedette du Real Madrid, cinq autres personnes sont mises en cause, dont l'ex-international Djibril Cissé. Les hommes considérés comme les cerveaux du chantage, Mustapha Zouaoui et Axel Angot, deux hommes gravitant dans le milieu du football, sont soupçonnés d'avoir dérobé la vidéo intime de Mathieu Valbuena et d'avoir essayé d'en tirer profit.

On leur reproche d'avoir tenté d'approcher Valbuena d'abord par le biais de Djibril Cissé, puis par Younes Houass qui échangeait avec Lukas, le policier agissant sous couverture et enfin via Benzema en contactant son ami d'enfance Karim Zenati, lui aussi mis en examen. La Cour de cassation pourrait trancher le 19 juin, à moins qu'elle ne renvoie l'affaire en formation plénière.

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