Messi suspendu trois mois après ses critiques à la Copa America

Après son dérapage et son coup de colère lors du match pour la 3e place de la dernière Copa America face au Chili (2-1) le 6 juillet dernier, pour une altercation avec Gary Medel, Lionel Messi avait tenu des propos polémiques après avoir séché la remise des médailles.

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On ne s’attendait pas à ce que la Conmebol soit clémente envers le génie argentin, quand on connaît la rigidité des propos du capitaine du FC Barcelone. La sanction est bien plus lourde pour ses propos tenus à l’issue de ce match remporté par l’Argentine (2-1) lors de la petite finale de la dernière Copa America. La Confédération sud-américaine (Conmebol) a annoncé vendredi avoir infligé trois mois de suspension au capitaine de l’Albiceleste. Messi ne pourra donc pas disputer les matchs de son équipe nationale jusqu’en novembre prochain. Mais il sera éligible pour la campagne de qualifications sud-américaines au Mondial 2022 qui débute en mars 2020, sauf le premier match pour lequel il est suspendu. Il a écopé en outre d'une amende de 50.000 dollars (environ 45.000 euros).

Il accuse la Conmebol de corruption

« On en a marre (…) de la corruption, des arbitres et de tout ce qui gâche le spectacle », a lancé la star du FC Barcelone, qui avait déjà critiqué l’arbitrage lors de la demi-finale perdue face au Brésil (2-0), hôte de la compétition. Tellement énervé, « La Pulga », qui a reçu son deuxième carton rouge en 15 ans de carrière professionnelle, a refusé d’aller chercher sa médaille de bronze « parce qu’on ne doit pas faire partie de cette corruption, de ce manque de respect ». « Face au Brésil et aujourd'hui, nous avons fait les meilleurs matchs. On ne nous a pas laissé aller en finale », poursuit la Pulga. Qui ne regrette rien. « Qu'ils (la Conmebol) fassent ce qu'ils veulent, je m'en vais serein, la tête haute, fière de cette équipe », insiste Messi.

« J'espère que les gens vont continuer à soutenir ce groupe, qui a beaucoup à donner. On a retrouvé de l'idée, du jeu, on grandit, en même temps que le sélectionneur. Il nous donne de la tranquillité, de la stabilité pour les jeunes. C'est bon pour tout le monde ». Pour le génie Argentin, tout aurait été mis en œuvre pour faciliter la victoire du Brésil à domicile. Si la pulga a été longtemps décrié dans son Argentine natale pour manque de trophées majeurs, il a gagné le soutien du peuple argentin pour avoir dénoncé le complot entre la Conmebol et le Brésil. On sait que côté argentin, toute information qui pourrait nuire au voisin brésilien serait bienvenue. De plus il sera soutenu par le mythique gardien paraguayen chilavert qui ira dans le même sens que la star argentine.

La Conmebol et Alves son ami de toujours à Barcelone lui répondent sévèrement

L’instance du football Sud américain accuse le barcelonais de mauvais perdant et dénonce des propos diffamatoires : « Il est inacceptable qu’à la suite d’incidents spécifiques à la compétition (...), des accusations infondées aient été lancées, qui manquent de vérité et mettent en cause l’intégrité de la Copa América ».

Une réaction mal perçue par Dani Alves qui n’a pas manqué de condamner les propos de son ancien coéquipier dans le journal brésilien O’Globo. « D’abord, il manque de respect à une institution comme la Seleçao (...) Ensuite, il se montre irrespectueux envers des professionnels qui mettent beaucoup de choses de côté pour pouvoir être ici et lutter pour leur rêve. Je suis le genre d’ami qui dit toujours la vérité quand il faut le faire. Et je pense qu’il se trompe. Ce n’est pas parce que c’est un ami qu’il a forcément raison ».

Un Messi colérique qui plait pour une première fois à Maradona

Diego Maradona, a été interrogé par des médias de son pays : « Il me fait penser à un Messi-Maradona. Je le vois plus rebelle, il dit ce qu'il ressent et gagne sur le terrain sans que personne ne truque les matchs. Il me plaît plus ce Messi. Qui est avec sa famille, qui joue avec son chien en buvant une bière et qu'ils critiquent parce qu'il ne chante pas l'hymne. »

Pour ce dernier, Messi commence à mener un combat que lui avait mené auparavant : « J'ai lutté pendant 25 ans contre (Sepp) Blatter et (Julio) Grondona (deux anciens dirigeants de la FIFA) pour défendre le ballon. Moi, on ne me payait pas pour parler. J'ai défendu les joueurs et j'ai aujourd'hui la reconnaissance des monstres. Tout ce que fait Messi, c'est pour l'Argentine. »

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