Megan Rapinoe, footballeuse, militante LGBT et femme politique

Le Ballon d'Or féminin 2019 propose ses services aux démocrates pour « pousser ce maniaque (Donald Trump) hors de la Maison-Blanche ».

En marge de la cérémonie organisée par le magazine américain Sport Illustrated qui l'a sacrée personnalité sportive de l'année, lundi, Megan Rapinoe, lauréate du Ballon d'Or féminin il y a huit jours à Paris, a annoncé son intention de se lancer en politique. La championne du monde ne sera pas elle-même candidate mais elle va s'impliquer en 2020 dans la campagne présidentielle américaine aux côtés du futur candidat démocrate.

Dans un entretien à l'agence Reuters, mardi, elle dit du bien des principaux prétendants à l'investiture de ce côté-là de l'échiquier politique américain (Elizabeth Warren, Bernie Sanders et Cory Booker). Et dans une allusion transparente à Donald Trump, elle explique que selon elle « la chose la plus importante est de pousser ce maniaque hors de la Maison-Blanche ». Rapinoe avait provoqué la colère du président des États-Unis en annonçant qu'elle ne lui rendrait pas visite en cas de victoire à la Coupe du monde. « Si je dois aller toquer à la porte des gens pour les inciter à aller voter (démocrate), je le ferai », conclut-elle.

De Megan, petite fille timide de la Californie conservatrice, à Rapinoe, militante LGBT et défenseuse de toutes les minorités face à l'Amérique de Trump, la superstar du football féminin devient maintenant une figure politique. Elle est toujours en pointe. Milieu offensif, c’est le poste sur le terrain de Megan Rapinoe, co-capitaine et star de la sélection américaine de football féminin, qui a gagné avec elle sa quatrième Coupe du monde, en juillet dernier. Mais cette année, la n°15 de Seattle s’est aussi imposée comme porte-parole des droits des femmes et de la communauté LGBT et comme soutien des minorités. Autant dire qu’elle en agace certains dans l’Amérique profondément divisée de Donald Trump.

Au point que des affiches à son effigie, disposées par Nike, son sponsor, ont été vandalisées à New York par des slogans à caractère homophobes dans la station de métro de Bryant Park, au cœur de Manhattan. Jeudi 11 juillet, la police de New York (le NYPD) a annoncé qu’elle enquêtait sur ces faits qualifiés de « crime de haine ». Il faut dire qu’aujourd’hui, aux Etats-Unis, on ne se cache plus pour dessiner des svastikas ou pour brûler des drapeaux arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT. Ces crimes haineux ont augmenté de 64 % cette année, rapportait le New York Times, début juin, statistiques du NYPD à l’appui.

Lorsque New York a honoré Megan Rapinoe et ses coéquipières après leur succès à la Coupe du monde, on a pu voir, parmi les dizaines de milliers de personnes qui assistaient au défilé de l’équipe dans le « Canyon of Heroes », entre la pointe de Manhattan et l’hôtel de ville, une pancarte « Rapinoe 2020 », comme pour encourager la joueuse à se présenter à l’élection présidentielle américaine, qui aura lieu l’an prochain.

Mais Megan se veut plus porte-parole que femme de pouvoir. Consciente que l’impact de son équipe va au-delà de ses réalisations sur le terrain, Megan Rapinoe a prononcé ce jour-là un discours rassembleur, plein d’allant et presque politique, sur les marches de l’hôtel de ville de New York : « On a les cheveux roses et violets, on a des tatouages, des dreadlocks. On a des filles blanches, des filles noires et tout ce qu’il y a entre les deux. Des filles hétéros, des filles gay. C’est un honneur absolu d’avoir été co-capitaine de cette équipe sur le terrain. Je n’aimerais être nulle part ailleurs, pas même dans la course à la présidence. »

Elle a poursuivi : « Il y a eu tellement de controverses au cours des dernières années. J’en ai été la cible, j’en ai été à l’origine. […] Mais il est temps de se rassembler. […] Nous devons nous améliorer. Nous devons aimer plus, haïr moins. […] C’est notre responsabilité de rendre ce monde meilleur. »

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