Fraude fiscale : Xabi Alonso risque cinq ans de prison

A quand la fin des fraudes fiscales dans la sphère espagnole du ballon rond ? Une réponse apodictique à cette interrogation n’est certainement pas pour maintenant. Plus loin, elle serait même impossible.

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Les noms de stars internationales outre Pyrénées commencent à encombrer singulièrement les dossiers des juges. Et Xabi Alonso ne va pas déroger à cette fâcheuse habitude des stars. Depuis le lundi, l’ex-international est jugé pour fraude fiscale entre 2010 et 2012.

Comme de nombreux footballeurs avant lui, Xabi Alonso doit s’expliquer avec la justice espagnole. L'ancien milieu du Real Madrid et du Bayern Munich est soupçonné de fraude fiscale et risque gros. En Espagne, le fisc a décidé de mener une guerre contre la fraude fiscale. Dans cette guerre sans fin, le fisc ne fait de cadeaux à personne et Xabi Alonso risque une lourde peine de prison et une grosse amende.

Cinq ans de prison et une grosse amende

C’est Lundi, à 10h devant l’audience provinciale de Madrid qu’à débuté le bras de fer entre l’ancien joueur du Real Madrid et le tribunal de la capitale espagnole pour une fraude fiscale présumée de deux millions d'euros, entre 2010 et 2012. Le parquet a requis cinq ans d'emprisonnement et quatre millions d'euros d'amende contre Alonso, son conseiller fiscal Ivan Zaldua et l'administrateur de la société portugaise Ignasi Maestre. Si les choses se confirment, le joueur et son entourage devraient également verser au fisc la somme dissimulée avec intérêt. Le procès devant l'Audience provinciale de Madrid a pris fin le mardi en présence de l'ancien milieu de terrain international espagnol de 37 ans, arrivé tout décontracté.

Le parquet de Madrid accuse le champion du monde et double vainqueur de l’Euro, passé par Liverpool, le Real Madrid et le Bayern de Munich, d’avoir utilisé une société basée sur l'île portugaise de Madère pour éviter de déclarer au fisc espagnol des revenus tirés de ses droits à l'image. Le tribunal de Madrid chargé de l'instruction avait, dans un premier temps, classé l'affaire, considérant qu'il ne s'agissait que d'optimisation fiscale. Mais le parquet et le fisc étaient revenus à la charge fin 2017, les juges saisis en appel ayant estimé que les faits reprochés à Xabi Alonso étaient suffisamment fondés pour rouvrir le dossier.

Devant l’énorme sanction qu’il risque, le joueur espagnol a préféré garder sa classe légendaire, jouant la carte de la tranquillité. « Je serais préoccupé si je pensais que j'avais quelque chose à cacher ou s'il y avait quelque chose que je n'avais pas bien fait, mais comme ce n'est pas le cas, je vais de l'avant », a déclaré le natif du pays basque.

Le basque fait partir des joueurs du Real Madrid soupçonnés à l’époque d’avoir organisé des fraudes fiscales. En effet, le parquet de Madrid avait déposé une plainte contre des anciens joueurs du Real Madrid que sont : Xabi Alonso, Angel Di María et Ricardo Carvalho pour fraude fiscale présumée, et ouvert une enquête préliminaire. Ces plaintes sont liées aux révélations de Football Leaks qui a fourni des documents au quotidien El Mundo afin d’aider le fisc dans sa lutte contre la fraude.

Le parquet avait déjà déposé une plainte contre l'Espagnol Xabi Alonso, alors qu’il était encore joueur du Bayern Munich, pour fraude fiscale présumée de 2009 à 2011, période de son passage au Real Madrid. Dans un bref communiqué diffusé en janvier, le parquet de Madrid assure qu'il « ne cessera jamais de poursuivre des infractions contre le fisc, dès qu'il soupçonnera l'existence d'un délit ». Selon ce communiqué, toutes les enquêtes « sont basées sur des données communiquées par le fisc ».

Le fisc espagnol, qui accuse l'ex-footballeur du Bayern Munich et du Real Madrid Xabi Alonso de fraude fiscale entre 2010 et 2012, avait décidé à l’époque de lui coller huit ans et demi de prison, avant de revoir la sanction à la baisse.

L'avocat de l'Etat, qui représente l'administration fiscale, accuse l'ancien international espagnol (114 sélections), âgé de 37 ans, de trois délits de fraude fiscale pour des revenus liés à l'exploitation de ses droits à l'image. Le milieu espagnol a nié toutes ces accusations dès le départ.

Frauder le fisc, une nature en Espagne

Le joueur rejoindrait ainsi la longue liste des célébrités du foot ayant eu des démêlées avec le fisc espagnol (Ronaldo, Marcelo, Falcao, Di Maria, Messi, etc). Certains sont parvenus à des accords avec l’administration pour échapper aux poursuites judiciaires, comme Cristiano Ronaldo qui avait accepté le paiement de 18,8 millions d’euros et une peine de deux ans de prison qu’il n’aura pas à purger.

Lionel Messi, lui, n’avait pas évité le procès et avait été condamné en 2016 pour fraude fiscale à une amende de deux millions d’euros et une peine de 21 mois d’incarcération, qui avait ensuite été commuée en amende supplémentaire. L’Espagne va décidément de pair avec la fraude fiscale.

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