Marseille rattrapé par l’UEFA pour fair-play financier

L’UEFA va prononcer des sanctions contre l'OM, coupable de ne pas avoir respecté les règles du fair-play financier. Rachèté par Franck McCourt en octobre 2016, l’OM et ses finances étaient scrutées de très près par l’UEFA.

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Ainsi, le jeudi 5 février, le quotidien L’Equipe a annoncé que le club phocéen pourrait faire l’objet de sanctions de la part de l’UEFA dans le cadre du fair-play financier. Une information qui n’a pour l’instant pas été confirmée par l’instance dirigeant le football du vieux continent, mais dont ne doute pas le journal. S’appuyant pour cela sur un premier déficit qui n’avait valu à Frank McCourt, le président olympien depuis 2016, qu’une amende de 100.000 euros en juin dernier.

En effet, il se pourrait cette fois que l'instance de contrôle financier des clubs (ICFC) de l'UEFA tape plus fort pour ce second manquement aux règles du fair-play financier. L’OM, qui a investi environ 170 millions d’euros depuis la mise en place de son désormais tristement fameux ‘’Champions Project'', devrait présenter un nouveau déficit lors de la saison en cours, ce qui le conduirait, selon le quotidien sportif, « à être l'objet d'un accord de règlement (des sanctions que le club doit accepter) avant la fin de la saison. Il pourrait s'agir de punitions telles qu'une amende conséquente, un contrôle de sa masse salariale et de ses transferts ou encore une limitation du nombre de joueurs inscrits en coupe d'Europe ».

Des sanctions qui s’accompagneraient obligatoirement d’un plan de redressement sur quatre ans, celui-ci s’avérant sans doute très contraignant et mettant un terme aux désirs de grandeur de l’OM. Sauf à recruter malin et pas cher, ce qui n’est pas simple. La direction du club phocéen a automatiquement répondu et essayer de clarifier les choses par un communiqué.

« Depuis son arrivée, plus de 200 millions d'euros ont été ainsi investis sur les fonds propres de Frank McCourt pour rembourser les différents passifs, restructurer l’Olympique de Marseille et améliorer significativement ses infrastructures. Aujourd’hui, le Club n’affiche aucun endettement financier à long terme grâce aux apports ininterrompus de son actionnaire. Ainsi, les premières années du projet sont nécessairement des années de lourdes pertes qui ne sauraient néanmoins masquer un objectif financier majeur : celui d’atteindre l’équilibre financier de façon pérenne. Cette volonté et le plan d’affaires qui en découlent ont été largement partagés avec l’UEFA depuis janvier 2017. Les discussions se poursuivent sur la recherche d’un accord de règlement. Leur existence a fait l’objet de plusieurs déclarations publiques du Club. Les équipes du Fair-Play financier de l’UEFA nous ont à plusieurs reprises indiqué qu’un changement de contrôle et la nécessité d’investir de façon importante pour relancer un projet sportif pérenne, pouvaient faire l’objet d’adaptations sous certaines conditions par rapport à la règle du déficit cumulé de 30 millions d'euros sur les trois dernières saisons. Nous sommes sur la bonne voie pour trouver un accord sur une trajectoire financière à moyen terme afin de nous conformer durablement aux critères du fair-play- play financier comme c’est notre volonté depuis le début de nos discussions » selon la direction.

Pour l’instance du football du vieux continent, le rythme des investissements du club de la cité phocéenne est insoutenable. Elle avait prévenu le club, de mettre un peu d’ordre dans ses transactions au risque de passer d’une sanction légère à une lourde sanction. Mais il semble que le club n’a pas pris Aux sérieux les rappels à l’ordre de l’UEFA et devra assumer les conséquences.

 Pour rappel, le club marseillais, qui a entamé une nouvelle ère depuis que l'homme d'affaires américain Frank McCourt en est devenu le propriétaire en octobre 2016, a dépensé lors du dernier mercato d'été 58 millions d'euros selon la Ligue de football professionnel, après en avoir dépensé près de 40 l'hiver précédent.

Marseille a dépassé de 8M€ le seuil de déficit qui est permis sur une durée de trois ans (30M€). Malgré les efforts faits au niveau des ventes et des cessions de joueurs en prêt, le retard n'a pas été rattrapé. La faute notamment à ces nombreux éléments aux salaires mirobolants et qui ne sont pas du tout utilisés par le staff (Abdennour, Sertic, Mitroglou...). L'OM, qui a dépensé 130M€ depuis l'entame de son "Champions project" à l'automne 2016, peut donc s'attendre à se faire taper sur les doigts.

Déjà en difficulté en championnat, le club phocéen fera aussi face à une bataille extra sportive. Des éléments qui laissent penser que la fin de saison sera mouvementée pour Marseille.

 À l’image de ce qui était arrivé au PSG en 2014, Marseille pourrait donc se voir infliger une lourde amende ainsi qu’un contrôle de sa masse salariale et de ses transferts, et éventuellement une limitation du nombre de joueurs inscrits en Coupe d’Europe. Affaire à suivre.

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