Jean Michaël Seri attaque l’OGC Nice en procès pour « escroquerie »

L'ex-milieu de terrain ivoirien de Nice, Jean Michaël Seri, a porté plainte lundi contre son ancien club pour « escroquerie » dans le cadre de son transfert vers Fulham l'été dernier.

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La belle histoire d’amour entre Nice et Jean Michael Seri s’est transformée en une sorte de guerre depuis que son transfert au Barça a été avorté à l’été 2018. L’international ivoirien n’a toujours pas digéré cet été, qu’il qualifie d’amère pour lui. Comme conséquence, les relations sont devenues très tendues entre le joueur et le club niçois, fini les cadeaux, on a fait désormais place aux bras de fer.

Le milieu niçois avait été transféré à Fulham pour 12 millions d'euros (M€). Selon ses avocats, Nice « a grossièrement sous-évalué » le prix du joueur, alors que le défenseur Maxime Lemarchand a été transféré le même été à Fulham pour 12,6 M€. Un conflit engendré par la prime qu'a touché Seri, comme le prévoyait son contrat, calculée sur le montant de son transfert. Le milieu de terrain actuel de Galatasaray estime être dupé par le club niçois. Me Dupont et ses collègues estiment qu'il y a eu « un jeu de vases communicants » entre les deux transferts, la valeur de Séri sur le marché étant estimée bien supérieure à celle de Lemarchand. « Il suffit de signaler que le salaire » de l'ivoirien au club londonien est « environ trois fois plus élevé » que celui du joueur français pour le démontrer, écrivent les avocats.

Seri réclame 700000 euros à Nice

Le joueur et son entourage réclament « au moins 700 000 euros » en se fondant sur un rapport de l'observatoire du football du Centre International d'Etude du Sport (CIES). Celui-ci estime que le montant cumulé des deux transferts se répartit plutôt comme suit : 24,665 pour Seri et 5,998 millions pour Lemarchand.

Seri et ses conseillers insistent aussi sur le fait que le joueur touchait un salaire « environ trois fois plus élevé » que celui du Français dans le club londonien. Selon eux, le transfert de Lemarchand aurait donc été gonflé et celui de Seri minoré afin de réduire la prime à lui verser.

Le club niçois dément les accusations !

Le dirigeant rappelle « que les instances sportives saisies en première instance et en appel par Jean Michaël Seri ont classé le dossier sans suite ». Il s'agit de la commission juridique de la Ligue de Football Professionnel (LFP) et de la commission d'appel de la Fédération Française de Football (FFF).

« Seri et ses conseils ont peut-être surévalué la valeur sur le marché des transferts du joueur, ironise Fournier. Le deal s'est fait de manière très simple avec Fulham. Le jour de la signature, Jean Michaël Seri, son agent et son avocat connaissaient le montant du transfert et de la prime de transfert pour le joueur. » « Tout cela est tellement grossier », a réagi auprès de l'AFP le directeur du football de Nice, Julien Fournier, de retour au club, et qui était directeur général à l'époque de ces transferts.

« On a été limpide avec lui », a réagi auprès de l'AFP le directeur du football de Nice. Pour l’heure les niçois rejettent toute accusation.

Son transfert avorté au Barça toujours pas digéré 

C’est avec le club blaugrana qu’il aurait dû s’engager, mais, de façon incompréhensible pour lui, les négociations ont été stoppées et le deal est tombé à l’eau. « À la fin de la réunion de plus d’une heure avec les dirigeants du FC Barcelone, ils ne m’ont rien dit au sujet de la progression des négociations. Je suis rentré chez moi heureux et le lendemain, j’ai entendu les nouvelles. J’étais étonné de voir que l’opération s’était effondrée de manière incompréhensible. Ensuite, je suis allé dans les bureaux de Nice pour voir les dirigeants afin de savoir ce qui s’était passé. Alors j’ai explosé ! Je vous assure que les murs ont tremblé ». Il a ensuite évoqué le fait que les niçois n’ont pas tenu leurs promesses.

« Les dirigeants de mon club ne m’ont rien dit, ils ne m’ont même pas regardé dans les yeux. Il était clair que quelque chose s’était passée : ils m’ont promis une chose, puis il s’est avéré qu’ils n’ont pas respecté leurs promesses et ont demandé plus d’argent », avait-il affirmé à l’époque. Cela m’a affecté, oui. Tout s’est écroulé à cause d’une question d’argent. Mais que peut-on y faire ? La vie continue. Peut-être que c’était la volonté de Dieu ». Avait-il ajouté. Après une saison à Fulham, descendu en 2e division anglaise, Seri vient d'être prêté au club turc de Galatasaray en Turquie.

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