PSG : le club qui valait 1,4 milliard de dollars

Le magazine Forbes estime que la valeur du PSG a désormais atteint plus d'un milliard de dollars. Mais que signifie cette progression économique ?

Le supportérisme est aussi devenu économique. Certains supporters se félicitent désormais des performances financières de leur club, voire en tirent un sentiment de fierté ou de supériorité. C'est du moins ce que suggèrent  plusieurs réactions  à la donnée très brute livrée par  L'Observatoire du sport business.

D'autres attribuent une bonne note à la "gestion" par les dirigeants, surtout dans un contexte difficile. Mais il faut faire attention à la fausse ampleur des chiffres : +992% et la deuxième place d'un top 10 mondial, c'est spectaculaire, mais il faut se demander ce que ce chiffre veut dire. Forbes parle de valorisation, c'est-à-dire de l'estimation d'une valeur théorique de l'entreprise.  Presque un milliard d'euros,  selon  le magazine américain et sa méthodologie particulière – qui peut être discutée, et ne produit… qu'une estimation. D'un club comme d'un joueur, on sait ce qu'il vaut seulement au moment où il est vendu.

Si la progression de la valeur du PSG depuis 2012 est indiscutable, il faut la pondérer. Cette valeur était au plus bas au moment de la reprise par Qatar Sports Investments (QSI) pour 70 millions d'euros. Et ce top n'est pas celui des valorisations elles-mêmes : sur ce plan, le club n'apparaît pas  dans le top 50 publié par  Forbes  l'an dernier.

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La cause première de cette progression est, bien sûr, l'injection massive de liquidités par l'actionnaire.  La quatrième place de Manchester City, seule autre équipe de football et seule autre marque non-américaine dans ce top 10, n'est pas un hasard: City et le PSG sont aussi en tête des dépenses en transferts entre 2008 et 2018.

Ces investissements ont enclenché un cercle vertueux. Le recrutement d'un effectif de très haut niveau, avec des stars internationales, et l'exposition qui en résulte ont permis d'augmenter les revenus (billetterie, sponsoring, marketing, etc.), d'investir dans l'effectif, de développer les infrastructures. Donc de "valoriser" l'entreprise.

Les principaux objectifs économiques sont atteints, la "marque" PSG est devenue mondiale.  Même si la croissance des recettes est moins forte depuis 2014, elle a permis de gérer les contraintes du fair-play financier et de  réduire la part des sponsors liés à l'État du Qatar. Il faudrait toutefois consulter bien d'autres indicateurs pour évaluer la performance économique réelle des dirigeants, en regard des moyens. On peut dire, a minima, que PSG a bien  géré  sa nouvelle richesse.

Le classement Forbes des clubs de foot les plus riches a été établi selon les critères suivants : la popularité, le potentiel marchand, les droits télévisuels et la rentabilité, tout en se basant sur des données financières publiques. Sans grande surprise, tout en haut de la pyramide, trône le trio Real Madrid, FC Barcelone et Manchester United, avec un léger avantage pour le géant madrilène dont la valeur s’élève à 4.2 milliards de dollars, contre 4 et 3,8 milliards pour le Barça et Manchester. Comme l'affirme Forbes, ces trois cadors du football mondial représentent à eux seuls quasi un quart de la valeur totale des 20 clubs les plus chers de la planète foot !

Derrière, on retrouve logiquement les valeurs sûres de la scène européenne avec le Bayern Munich 4e avec 3 milliards de dollars, talonné par Manchester City 5e avec une valorisation marchande estimée à 2.6 milliards de dollars.

Ci-après le classement complet (Novembre 2019):

1) Real Madrid – 4,2 milliards de dollars

2) FC Barcelone – 4 milliards de dollars

3) Manchester United – 3,8 milliards de dollars

4) Bayern Munich – 3 milliards de dollars

5) Manchester City – 2,6 milliards de dollars

6) Chelsea – 2,5 milliards de dollars

7) Arsenal – 2,2 milliards de dollars

8) Liverpool – 2,1 milliards de dollars

9) Tottenham – 1,6 milliard de dollars

10) Juventus – 1,5 milliard de dollars

11) PSG – 1,4 milliard de dollars

Au-delà de l'économie, la question reste : PSG a-t-il tiré de sa puissance financière des bénéfices sportifs à la hauteur de ses investissements? A chacun de former son propre jugement.

 

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