Russie : le scandale de dopage a finalement éjecté Moutko de son poste de président

Le vice-premier ministre Vitali Moutko a quitté son poste de président de la Fédération russe de soccer (RFS). C'est ce qu'a annoncé la fédération sur Twitter. Il l’aurait fait pour pouvoir contester sa suspension des Jeux Olympiques à cause d’un scandale de dopage.

russie-le-scandale-de-dopage-a-finalement-ejecte-moutko-de-son-poste-de-president-de-federation

Vitali Moutko, le Monsieur sport de la Russie depuis près d’une décennie, a été banni à vie en décembre par le Comité International Olympique (CIO) des Jeux Olympiques pour son implication présumée dans le scandale de dopage institutionnalisé qui secoue la Russie depuis trois ans. Ainsi, pour mieux assurer sa défense et pour ne pas nuire à la fédération Russe de football, ce dernier aurait décidé de quitter son poste. Le scandale de dopage, bourreau de Moutko ?

Il a été exclu à vie des Jeux Olympiques en raison d'un scandale de dopage à grande échelle dans le pays. Ministre des Sports lors de ces Jeux, Moutko a nié l'implication du gouvernement russe dans ce scandale. Officiellement, sa participation a été suspendue pour un possible conflit d'intérêts avec ses responsabilités gouvernementales. En 2017, le dirigeant russe a également été exclu du conseil exécutif de la FIFA, où il avait un siège depuis 2009. Le Comité International Olympique (CIO) a interdit aux athlètes russes de participer aux derniers Jeux d'hiver de 2018, en Corée du Sud, sous drapeau russe après un scandale de dopage institutionnalisé.

La Russie était notamment accusée d'avoir procédé à des manipulations des contrôles aux Jeux Olympiques de 2014 à Sotchi.

Vitali Moutko est considéré comme l’ordonnateur et organisateur des manipulations des échantillons antidopage des JO de Sotchi, en 2014. Vladimir Poutine avait chargé ce fidèle de redresser les performances des athlètes russes, catastrophiques quatre années auparavant à Vancouver (Canada).

Vitali Moutko était régulièrement tenu au courant des avancées du plan de dopage pour Sotchi, même si son second, Iouri Nagornykh, était impliqué de plus près. Ce dernier a été sacrifié par le Kremlin après la première enquête diligentée par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), confiée au magistrat canadien Richard McLaren, au second semestre 2016. À l’inverse, Vitali Moutko avait alors été promu vice-premier ministre.

Le bras de fer entre celui qui était chargé de l’organisation du Mondial 2018, montré du doigt par le rapport McLaren de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), et le Comité International Olympique (CIO), qui l’a banni en décembre, va se déplacer sur le terrain de la justice: le dirigeant a annoncé son intention de saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).

«J’ai demandé à suspendre mes fonctions pour une période de six mois», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion du Comité exécutif de la fédération. Il a expliqué ne pas vouloir «perturber» le fonctionnement de cette instance le temps des procédures.

La concentration des pouvoirs dans les mains de Vitali Moutko, qui n’était guère gênante il y a encore deux ans, l’est devenue beaucoup plus depuis son bannissement par le CIO. Il aura tout perdu en un lapse de temps. Si cumulé des postes était une force pour lui à l’époque, aujourd’hui les choses ont changé et cette caractéristique est devenue un fardeau pour lui dans la mesure où ce dernier aurait souhaité s’en débarrasser à fin de mieux défendre son dossier au Tribunal Arbitral du Sport.

Pour l’heure, le directeur de la Première ligue russe, Sergueï Priadkine, se chargera de l'intérim à la tête de la RFS jusqu'à l'élection du nouveau président, a indiqué un responsable de la ligue, Igor Lebedev, sur Twitter. L'élection devrait se tenir le 22 février, a ajouté M. Lebedev. De son côté, Sergueï Priadkine a affirmé lors d'une conférence de presse à Moscou qu'il ne présenterait pas sa candidature lors de cette élection.

Moutko, est arrivé à la présidence de la Fédération en 2015 pour remplacer Nikolai Tolstykh. Il avait été réélu en septembre 2016 pour un mandat de quatre ans dans un contexte difficile après l'élimination de la Russie dès le premier tour de l'Euro 2016, marqué par des violences des hooligans russes à Marseille au début de la compétition. La vie n’a pas été rose pour lui à la tête de la fédération Russe de football car rien n’est plus douloureux que de se voir écarter d’une organisation de mondial de football Chez soi.

 

Encombré ou Sage il ne pouvait plus continuer à diriger la fédération Russe car un scandale de dopage à grande échelle demande énormément de force. Il fallait alors ménager sa monture.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.