FIFAgate : Juan Angel Napout suspendu à vie

L'ancien président de la Fédération paraguayenne de football, Juan Angel Napout, condamné par la justice américaine à 9 ans de prison pour son implication dans le « FIFAgate », vaste scandale de corruption, a été suspendu à vie par la FIFA, a annoncé jeudi l'instance.

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En août 2018, Juan Angel Napout, également ex-président de la confédération de football d'Amérique du Sud, la Conmebol, avait été condamné à une peine de neuf ans de prison, la plus lourde peine rendue par la justice américaine contre un baron du football sud-américain dans l'affaire du FIFAgate. M. Napout, 61 ans, avait également été condamné à une amende d'un million de dollars et à restituer les 3,3 millions de dollars de pots-de-vin perçus. L'ex-patron de la confédération brésilienne, José Maria Marin, avait lui été condamné à quatre ans de prison. Les deux anciens responsables du football sud-américain avaient comparu aux Etats-Unis durant un procès de six semaines qui avait exposé les millions de dollars de pots-de-vin versés par des sociétés de marketing sportifs aux responsables du football d'Amérique latine, en échange des droits de retransmission télé et de promotion de tournois du continent, dont la Copa America et la Copa Libertadores. La commission d'éthique de la Fifa, la justice interne de l'instance, a reconnu M. Napout coupable de « corruption » et l'a suspendu à vie de « toute activité liée au football » et à une amende de 1 millions de francs suisses (913.000 euros).

Un rusé pris dans les filets de la justice 

L’ancien président de la fédération paraguayenne a voulu dribler la police mais il a trouvé plus prompt que lui. En effet Il a voulu détruire les preuves de son implication dans cette corruption en tentant de dissimuler son ordinateur, après l’arrestation de sept responsables de la FIFA en mai 2015 à Zurich, qui avait révélé l’enquête américaine.

Arrêté en Suisse le 3 décembre 2015, puis extradé aux Etats-Unis et assigné à résidence en Floride, Juan Angel Napout n’avait pas témoigné au procès. Ses avocats avaient déclaré qu’il n’y avait aucune preuve tangible qu’il ait touché illégalement de l’argent. Il était détenu à la prison fédérale de Brooklyn depuis le verdict de culpabilité rendu contre lui le 22 décembre.

La justice américaine, bourreau de cette bande organisée

Les quarante-deux personnes inculpées par la justice américaine sont surtout des sud-américains, même s’il y a aussi quelques Etats-Uniens, tel Chuck Blazer, témoin clé du FBI, mort en juillet 2017. D’autres encore ont réussi à éviter leur extradition aux Etats-Unis, comme l’ancien vice-président de la FIFA Jack Warner, de Trinité-et-Tobago, ou Marco Polo del Nero, toujours en liberté au Brésil, et qui a été exclu à vie de toute activité dans le football.

Six semaines d’audience avaient exposé les millions de dollars de pots-de-vin versés par des sociétés de marketing sportif aux responsables du football d’Amérique latine, en échange des droits de retransmission télévisée et de promotion de tournois du continent, dont la Copa America et la Copa Libertadores. « Il avait une personnalité cachée, une vie cachée », réussissant à perpétuer « l’idée qu’il était un gentil, tout en touchant des pots-de-vin », a déclaré la juge fédérale Pamela Chen, chargée du dossier FIFA, lors d’une audience de près de cinq heures. Tout comme Jeffrey Webb, ancien dirigeant de la confédération d'Amérique du nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) et l'un des protagonistes du scandale de la FIFA, Juan Angel Napout a été également suspendu à vie par l'instance suprême du football.

Au total, la justice américaine a inculpé 42 responsables du football mondial sonnant le glas de cette bandé organisée de la FIFA qui, pendant des années vivait des coups louches et des pots de vin.

Les Etats-Unis, d’où est parti le plus grand scandale de corruption de la FIFA. En mai 2015, un coup de filet avait été réalisé à Zurich où sept responsables de la FIFA sont accusés de corruption. Depuis, une quarantaine de personnes est accusée par la justice. Quinze ont décidé de plaider coupable et de coopérer avec la justice américaine. Dans cette affaire internationale, Sepp Blatter, ancien président de la FIFA et Michel Platini, successeur désigné, ont été suspendus à six ans de toute activité liée au football.

Juan Angel Napout est qualifié de « l’un des plus coupables » parmi les quarante-deux responsables du football accusés de corruption par la justice américaine, et fait valoir que le paraguayen méritait, à 61 ans, moins de clémence que José Maria Marin, 87 ans. « Il est personnellement responsable d’avoir perpétué et élargi la corruption dans le football à un moment où le système avait le plus besoin de réforme », avait déclaré le procureur dans un mémorandum au juge avant la sentence.

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