Un coach italien viré après... une victoire !

Les entraîneurs d'équipe de football sont constamment sur un siège éjectable, on le sait. Le cas de ce coach italien déroge cependant à la règle qui veut que les entraîneurs soient limogés après une série de défaites...

Les U19 d'Invictasauro, leaders de leur championnat de foot, ont fait vivre un véritable cauchermar à la lanterne rouge du Marina Calcio, qui restait sur deux grosses claques. Mais ce 27-0 était encore plus douloureux. Cela n'a cependant pas amusé le président du club vainqueur, qui a décidé de limoger le coach, comme le rapporte la Gazzetta Dello Sport. « Nous avons appris avec stupéfaction et regret le score du match dans lequel notre équipe juniors a marqué 27 buts », a-t-il réagi. « Ce qui s'est produit est contraire aux valeurs de notre jeune équipe. L'adversaire doit toujours être respecté et, aujourd'hui, ce ne fut pas le cas. À l'unanimité, notre comité directeur a décidé de se séparer de M. Riccini ».

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Pourtant, en général, c'est l'inverse qui se produit. Les dirigeants de club sont prompts à virer leur entraîneur dès la première série de défaites consécutives. « Vedrem se l’alenado al mangia ol panettone a Natal». Ce dicton tessinois – littéralement: «On verra si l’entraîneur mange le panettone à Noël » – est une métaphore qui souligne à quel point les entraîneurs risquent toujours de se faire virer avant la fin de l’année. C’est ce qui s'est déjà produit cette année en France et ailleurs, comme chaque année d’ailleurs à cette période, après une dizaine de journées de championnat et avant la longue pause hivernale. Les dirigeants doivent se dire que c’est le bon timing pour changer. On se demande régulièrement si le fameux «choc psychologique» est plus efficace que d’autres décisions de la part du club (confiance officiellement renouvelée au staff, sanctions à l’égard des joueurs, discours rassembleur du président, etc.). Quelques chiffres semblent le confirmer, mais il y a aussi des exemples d’entraîneurs maintenus à leur poste qui ont su redresser la situation. Le manque de résultats est souvent invoqué pour actionner le siège éjectable mais ne le provoque pas systématiquement. On a ainsi pu observer des différences de traitement pour des entraîneurs récemment dans des situations comparables: en Suisse, l’entraîneur de Lugano, Fabio Celestini, a été démis et celui du FC Zurich, Ludovic Magnin, maintenu ; en Allemagne, Niko Kovac n’est plus à la tête du Bayern alors que Lucien Favre est toujours en poste au Borussia Dortmund.

En octobre dernier, Alain Casanova a connu une mésaventure similaire : « Jusqu’à nouvel ordre, l’entraînement du groupe professionnel sera assuré par Denis Zanko, actuel directeur technique du Centre de Formation", précisait le communiqué du TFC à l'occasion du licenciement d'Alain Casanova. Revenu sur le banc toulousain en début de saison dernière, après une première expérience entre 2008 et 2015, Alain Casanova n'avait pu faire mieux qu'une 16e place la saison dernière. Et l'exercice 2019-2020 n'a pas laissé poindre un signe d'amélioration puisque Toulouse se trouvait 18e après 9 journées de championnat (2 victoires, 3 nuls, 4 défaites). En plus de cette situation sportive délicate, une autre raison a poussé Alain Casanova à se retirer. Selon les informations de L'Équipe et La Dépêche, l'entraîneur a reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux, dans la foulée du derby de la Garonne perdu contre Bordeaux à domicile (1-3) samedi. Des faits qui ont provoqué « une vive émotion chez ses proches », écrivait La Dépêche. Si aucune plainte n'a été déposée, le club a alerté les autorités et l'un des auteurs présumés des menaces a été placé en garde à vue ce jeudi.

Qui sera le prochain entraîneur de Ligue 1 limogé ? Après la nouvelle déconvenue du PSG en championnat à Dijon, les rumeurs de départ se sont mises à circuler à nouveau concernant l'entraîneur Thomas Tuchel. Comme l'an dernier après une défaite face à Reims. Le défenseur parisien Marquinhos s'était alors exprimé pour dire, devant les micros et les caméras, qu'il était impératif que Thomas Tuchel poursuive sa mission au PSG : « J'ai envie que Tuchel reste. On parle tous les ans de changement. Ça fait six ans que je suis là, ça fait déjà quatre entraîneurs, quatre directeurs sportifs. Il faut que l'on trouve une bonne philosophie, et qu'on fasse confiance au coach, donner du temps pour qu'il puisse travailler et changer les choses », expliquait alors le vice-capitaine. Depuis l'arrivée des Qatariens en 2011, les entraîneurs sont sur un siège éjectable : Antoine Kombouaré n'est resté qu'une saison, Carlo Ancelotti et Unai Emery deux et Laurent Blanc trois. Face à ce plébiscite, la direction parisienne n'avait d'autre choix que de se ranger derrière son vestiaire. Mais combien de temps durera l'accalmie pour Thomas Tuchel ?

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