La série Netflix « Maradona au Mexique »

L'aventure du Diego Maradona ne cesse de passionner les foules. Diva du foot, légende parmi les légendes, le  Pibe de Oro  interpelle autant qu'il crée la folie, la joie, l'amour. Il fait maintenant l'objet d'une série Netflix.

Maradona sur les terres du narcotrafiquant Joaquin Guzman, dit « El Chapo ». Une tragédie annoncée qui fut finalement une parenthèse presque enchantée et qui est devenu l'objet d'une série Netflix.À l'origine, le producteur Thom Walker pensait raconter « un crash ». Celui de Diego Maradona à Culiacan (Mexique), capitale du Sinaloa et fief du cartel le plus puissant du monde, où, en septembre 2018, « El Diez » était venu reprendre en main les Dorados, lanterne rouge de D2 mexicaine. Mais à la surprise générale, la légende argentine aux lourds antécédents d'addiction a finalement trouvé une certaine paix dans une ville qui a encore noirci sa réputation mi-octobre quand les autorités mexicaines ont été contraintes de relâcher le fils du narcotrafiquant « El Chapo », alors que les petites mains du cartel semaient la terreur dans les rues.

« Je crois que Maradona a accepté nos caméras parce qu'il voulait montrer le nouveau Diego après la mauvaise image laissée lors du Mondial 2018 (des doigts d'honneur et un malaise en tribunes lors d'Argentine-Nigeria) », dit Walker. La série Netflix « Maradona au Mexique » raconte, en sept épisodes d'une trentaine de minutes, la renaissance d'une idole et d'une équipe qui a atteint (et perdu) deux finales d'accession d'affilée inattendues. Huit mois intenses où l'équipe de tournage menée par l'Anglais Angus Mc Queen et le Péruvien Guillermo Galdos, qui connaissaient le Sinaloa pour avoir réalisé un documentaire sur... El Chapo, a suivi le quotidien des Dorados.

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La force de cette série est de nous faire entrer dans l'intimité d'un vestiaire, où l'amour de Maradona pour le foot et pour ses joueurs, et réciproquement (quand l'idole s'absente longuement à l'intersaison, ses joueurs ressemblent à des enfants qui attendent leur père), est touchant. « Il était au milieu de nulle part mais sa joie lors des victoires était si pure, se rappelle McQueen. C'est une passion qu'il ne peut contrôler, pour le meilleur et pour le pire. » Le pire, ce sont ces expulsions ou ce coup de poing porté à des supporters adverses qui l'insultaient à l'issue de la première finale.

Centrée sur le récit sportif au point d'abuser de séquences de match pas toujours passionnantes, la série fait aussi découvrir, par petites touches, le Sinaloa, notamment lors d'une escapade dans cette zone de production de stupéfiants dont est originaire un joueur des Dorados. On en apprend aussi un peu plus sur coach Maradona, au pedigree guère reluisant, mais qui s'échine à mener à bien sa mission malgré des genoux qui lui font souffrir le martyre mais ne l'empêchent pas de danser avec style, grand mystère maradonien. Le champion du monde 86 paraît même apaisé dans une ville où il pouvait « aller seul au centre commercial », selon Walker. « Merci de m'avoir ramené à la vie. Vous m'avez rendu heureux », conclut Maradona, avant de quitter Culiacan puis de reprendre, en septembre dernier, les rênes du Gimnasia La Plata.

Pas sûr que Diego ait durablement retrouvé la paix de l'âme, ceci dit. « À tous ceux qui commencent à se renseigner pour devenir le prochain entraîneur de Gimnasia, qu'ils aillent bien tous se faire foutre », scandait-il devant la presse, fou furieux, lorsque les résultats obtenus par son équipe faisait penser à un limogeage prochain de l'entraîneur. Dans la foulée, Maradona a décidé de boucler les accès au club. Les entraînements étaient fermés à la presse, l'entraîneur ne parlait pas, pas plus que son assistant Sebastian Mendes. Les conférences de presse des joueurs n'étaient plus organisées et les paroles se faisaient rares. Seul le succès à Godoy Cruz a vu le Pibe de Oro s'exprimer. Étonnant de la part d'un homme qui aime être sous les feux des projecteurs, diront certains. Au final, Diego Maradona n'aura pas réussi à faire rêver ses supporters. Il vient de quitter la direction de l'équipe du Gimnasia.

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