Jeffrey Webb, l’un des cerveaux du scandale de la FIFA a vu sa condamnation ajournée

Jeffrey Webb, ancien dirigeant de la Confédération d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) et l'un des protagonistes du scandale de la FIFA, n’en finit plus de faire patienter ceux qui voudraient voir sa sentence être rendue.

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Il a à nouveau obtenu gain de cause en obtenant pour une dixième fois l’ajournement de sa condamnation.

La volonté du report est venue de l’avocat de Jeffrey Webb qui l’a demandé à la juge Pamela Chen du district Est de New York, chargée du procès du FIFAgate. Me Ernie Gao du cabinet Clifford Chance a demandé l’ajournement « d’approximativement six mois » de la date de condamnation de son client. « Le gouvernement n’a pas émis d’objection quant à l’ajournement proposé », écrit l’avocat de M. Webb. Tout porte à croire que les choses sont mises en œuvre pour que la condamnation soit reportée pour la énième fois.

Les sources proches du dossier affirment qu’il a été repoussé au 10 mars 2020. L’ancien dirigeant de la confédération d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes était favorable à un report « probablement parce qu’il témoigne ou fournit des preuves supplémentaires au gouvernement ». Ce jeu du chat et de la souris va encore durer un bon moment entre Jeffrey Webb et la justice.

Reconnu coupable de corruption

M. Webb, reconnu coupable notamment de « conflit d’intérêt » et « corruption », avait été suspendu à vie en septembre 2016 par la justice interne de la FIFA qui lui avait aussi infligé une amende de 1 million de francs suisses. Webb avait fait partiellement appel de la décision, contestant seulement l'amende. La FIFA a annoncé que sa commission de recours avait rejeté l'appel partiel, confirmant ainsi la décision prise par la chambre de jugement de la commission d'éthique de la FIFA. Arrêté à Zurich puis extradé aux Etats-Unis, l'ancien patron de la Concacaf avait plaidé coupable devant la justice américaine de malversations, fraude, racket et blanchiment d’argent. M. Webb avait trouvé un arrangement, acceptant de payer plus de 6,7 millions de dollars d'amende (5,4 M EUR) dans le cadre de sa condamnation. La date de l'audience où sa peine doit être fixée a déjà été repoussée à plusieurs reprises.

Au total, la justice américaine a inculpé 42 responsables du football mondial, essentiellement des sud-américains mais aussi des américains comme Chuck Blazer, décédé en juillet 2018 après avoir livré de précieuses informations au FBI. Trois seulement ont été jugés aux Etats-Unis, dont deux jugés coupables et placés en détention : l'ancien patron de la puissante fédération brésilienne, José Maria Marin, et l'ancien président de la fédération paraguayenne et de la confédération sud-américaine (Conmebol), Juan Angel Napout. Les autres ont soit plaidé coupable et attendent leur sentence, soit ils ont été jugés dans leur pays. D'autres encore ont réussi à éviter leur extradition aux Etats-Unis, comme l'ancien vice-président de la FIFA Jack Warner, de Trinité-et-Tobago.

Jeffrey Webb avoue avoir « abusé de sa position »

Jeffrey Webb, l’ancien président de la Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes de football (Concacaf) avait reconnu avoir « abusé de sa position ». Ces aveux ont été rendus publics par la justice américaine. Des aveux prononcés quand l’ancien vice-président de la FIFA avait plaidé coupable « J’ai abusé de ma position pour obtenir des pots-de-vin pour mon propre bénéfice ». Selon l’AFP, Webb se serait enrichi entre 2012 et 2014 notamment en recevant des dessous de tables concernant la cession de droits commerciaux sur des matchs de qualification pour les coupes du monde 2018 et 2022. Mais également pour la Copa America, qui s’est déroulée aux Etats-Unis.

Webb avait été suspendu à titre provisoire dès mai 2015 par la commission d'éthique qui avait ouvert une enquête à son encontre. Reconnu coupable notamment de conflit d'intérêt et corruption, il a été suspendu à vie par la chambre de jugement de la commission d'éthique de la FIFA. Extradé aux Etats-Unis après avoir été arrêté en mai 2015 en Suisse, l'ancien patron de la Concacaf, a plaidé coupable devant la justice américaine.

Les Etats-Unis, d’où est parti le plus grand scandale de corruption de la FIFA. En mai 2015, un coup de filet avait été réalisé à Zurich où sept responsables de la FIFA sont accusés de corruption. Depuis, une quarantaine de personnes est accusée par la justice. Quinze ont décidé de plaider coupable et de coopérer avec la justice américaine. Dans cette affaire internationale, Sepp Blatter, ancien président de la FIFA et Michel Platini, successeur désigné, ont été suspendus à six ans de toute activité liée au football.

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