Fichage ethnique : des discriminations au sein du PSG ?

Les bureaux administratifs du club de la capitale ont été perquisitionnés mercredi dans le cadre d’une enquête ouverte pour suspicion de discrimination à l'encontre de joueurs, après des révélations de pratiques de recrutement ethnique du club, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source judiciaire confirmant des informations communiquées par le site internet L’Obs.

Les bureaux administratifs du club de la capitale ont été perquisitionnés mercredi dans le cadre d’une enquête ouverte pour suspicion de discrimination à l'encontre de joueurs, après des révélations de pratiques de recrutement ethnique du club, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source judiciaire confirmant des informations communiquées par le site internet L’Obs.

Selon le site internet goal.com, la perquisition a eu lieu au siège du PSG, à Boulogne-Billancourt, à Paris, dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet de Paris en novembre dernier pour enquêter sur des allégations de «discrimination fondée sur l’origine, l’origine ethnique ou la nationalité».

Les jeunes étaient divisés en catégories française, nord-africaine, antillaise ou africaine afin de réduire le nombre de joueurs noirs dans l'équipe.

Dans un communiqué, la Ligue des droits de l'homme (LDH) a déclaré qu'un tel système était profondément raciste et discriminatoire.

Le 8 novembre, un groupe de médias européens a révélé qu'entre 2013 et 2018, la cellule de recrutement du PSG avait mentionné des critères ethniques dans ses fiches d'évaluation de jeunes joueurs classés "français", "maghrébins", "Antillais" et "africain". Après ces révélations, la LDH avait déposé une plainte contre X pour "discrimination", "collecte et traitement de données à caractère personnel révélant des origines raciales ou ethniques."

"Ces pratiques, si elles sont confirmées, sont illégales", a-t-elle déclaré. "C’est la raison pour laquelle la Ligue des droits de l’homme a décidé de déposer une plainte auprès du procureur général [...] pour punir les coupables."

Jeudi soir, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a exprimé sa "consternation" et a demandé à la Fédération française de football et à la Ligue de Football Professionnel "d'examiner ce dossier". Elle a déclaré : "Si ces faits de discrimination sont avérés, ils sont passibles de sanctions disciplinaires voire pénales. On ne peut pas tolérer que des personnes soient identifiées, recrutées selon leur couleur de peau ou leur origine."

Le PSG, appartenant au Qatar, a reconnu et condamné l’existence de fichiers d’identité ethnique, ajoutant que la direction du club n’était "pas au courant" de la politique de recrutement discriminatoire.

"La Direction générale du club n'avait jamais eu connaissance d'un système de fichage ethnique au sein d'un département recrutement, ni eu en sa possession un tel formulaire", affirme le club. "Au vu des informations qui y sont mentionnées, ces formulaires trahissent l'esprit et les valeurs du Paris SG."

"C'est à l'encontre de l'image, des valeurs, de l'éthique que porte le club depuis longtemps. C'est pour ça que le sentiment qu'on a aujourd'hui, c'est un sentiment de trahison. Trahison du travail magnifique fait au quotidien par toutes les équipes du club, tous les salariés, trahison du travail fait par la fondation au quotidien, trahison parce qu'il y a un sujet sur lequel on pensait ne pas être attaquable, bien que nous soyons beaucoup attaqués en ce moment, s'il y a un sujet qui nous tient à cœur c'est bien celui des luttes contre toute forme de discrimination. (...) C'est pour cela que découvrir, il y a un mois que des fiches mentionnaient l'origine ethnique de joueurs observés par une petite cellule, cela nous a choqué et c'est absolument intolérable pour nous.", a déclaré le directeur général délégué du club Jean-Claude Blanc.

Il a ajouté plus tard en répondant à une question que : "Le PSG est une équipe de 700 salariés. Le recrutement pour les jeunes en Ile-de-France ou en dehors de l'Ile-de-France, c'est vraiment du ressort de la direction sportive et des équipes de la direction sportive. C'est peut-être un défaut d'alerte, mais à aucun moment ces fiches, avec ces critères absolument insupportables n'ont été mises à jour. (...) En tout cas, cela n'aurait jamais dû se passer au sein du PSG."

Eh dehors du directeur général délégué du club de la capitale, certains jeunes ont défendu le club. Passé par le centre de formation, le milieu de terrain parisien Yacine Adli a déclaré sur son compte Instagram : "Depuis mon arrivée en 2013, j’ai côtoyé et grandi avec des joueurs de cultures diverses et n’ai jamais connu de différences ou de discriminations au sein de notre club."

Un autre dont Moussa Diaby a déclaré : "J'ai grandi au centre de formation du PSG et je n'ai jamais ressenti de racisme."

Ce n'est pas la première fois que la question se pose dans le football français, plus précisément au sein du club champion en titre car en 2011, Mediapart a révélé que l'entraîneur français de l'époque, Laurent Blanc, avait discuté avec d'autres officiels d'un projet visant à appliquer des quotas raciaux dans les académies pour jeunes. Si le PSG est reconnu coupable, les principaux auteurs pourraient être condamnés à cinq ans de prison et à une amende de 300 000 euros.

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