Affaire sextape : Valbuena affirme avoir subi les injustices de la société française

Mathieu Valbuena est revenu sur l’affaire de la sextape l’opposant à Benzema. L’ancien joueur de l’Olympique de Marseille dénonce l’hostilité de la France. Pour ce dernier, la société française était prête à enterrer sa carrière professionnelle parce qu’il était devenu le mal aimé alors qu’il est innocent.

sextape-de-valbuena-la-cour-de-cassation-pourrait-trancher-en-juin

Comme la situation fut terrible et horrible selon les expressions de l’ancien marseillais. Il avoue également ne pas aimer le climat qu’il y avait autour de cette affaire et aux jugements de la société française. Pour lui, la société française a oublié tout le service qu’il a rendu à la nation au détriment de cette affaire. « Ça ne m’a pas fait plaisir c’est sûr, mais je ne suis pas tombé des nues, confie-t-il dans une interview à So Foot. Je sais que ce monde-là est cruel, je sais que je n'ai pas eu le soutien que j’aurais dû avoir et que j’aurais mérité. Parfois j’ai été lynché pour rien mais c’est la vie. J’ai porté fièrement les couleurs de l’Équipe de France mais on ne retient pas ça. On retient des choses qui sont extra-football et je trouve ça dommage. »

Lynché à Lyon et adulé à Marseille !

Mathieu Valbuena a connu des fortunes diverses dans cette affaire de sextape. Et l’une des situations les plus complexes pour ce dernier, fut son passage à Lyon. Opposé à Karim Benzema, enfant de la ville, Valbuena devait faire face à toutes sortes d’hostilités.  Son début fut compliqué chez les Gones ! Mais au fil du temps, il a réussi à gagner la sympathie de certains supporters lyonnais. « A mon arrivée, les Bad Gones ont été clairs avec moi et m’ont dit qu’ils n’étaient pas favorables à ma venue, se souvient-il. Et à la fin quand je fais mon dernier match contre Nice, j’ai reçu la standing ovation du Parc OL et plusieurs groupes de supporters des Bad Gones m’ont dit qu’ils ne voulaient pas que je parte. »

À Marseille on n’a simplement pas aimé le départ du petit lutin vers Lyon. Cependant Mathieu Valbuena préfère l’ambiance de la cité phocéenne et son caractère dynamique. À Marseille il a eu le sentiment du devoir accompli. « Moi j’aime bien les ambiances électriques, ce qui m’a le plus peiné, c’est d’avoir tant apporté à l’Olympique de Marseille et d'être reçu comme ça, regrette-t-il. Mais croyez-moi, c’était un contexte qui voulait ça. Moi je 'vis' sur Marseille, je ne vois jamais une personne m’insulter dans la rue. Tous les gens me disent 'merci pour tout ce que tu as fait à l’OM, tu devrais revenir. »

L’équipe de France, les regrets !

Cette affaire a éclaté à l’approche de l’Euro 2016 en France et Mathieu Valbuena pouvait nourrir le regret. En effet le phocéen était dans une excellente forme avec des statistiques digne d’un joueur en équipe de France. Mais lorsque cette affaire a éclaté, le sélectionneur Didier Deschamps a préféré la stabilité du vestiaire au détriment de la qualité sportive du joueur. Cependant il a affirmé ne pas en vouloir à Didier Deschamps dans cette affaire. « Je ne suis pas fâché et je serai toujours reconnaissant » pour lui, il serait à l’Euro 2016 s’il n’y avait pas cette histoire. « J’aurais aimé avoir une autre sortie, choisir ma sortie en équipe de France, confie-t-il. C’était mon désir. Faut être clair, s’il n’y a pas cette affaire, je fais au moins l’Euro 2016. C’est une évidence. Quelque part, ça n’a pas été sportif. Si je reste dans la continuité de ce que je faisais, tu me reprends à la prochaine sélection donc on n’a pas voulu pour soi-disant me protéger, mais en fin de compte ça ne m’a pas protégé puisque j’ai été perdant à tous les niveaux. J’ai été victime et perdant. Après, qu’il y ait une nouvelle génération etc., aucun problème. Mais je pense ne pas mériter ça. »

Une longue histoire qui a détruit la carrière internationale de deux amis

Tout commence au mois de juin 2015, lorsque le footballeur lyonnais dépose plainte après avoir reçu plusieurs appels téléphoniques lors d’un rassemblement de l’équipe de France. Ses interlocuteurs tentent de le faire chanter, en réclamant plus de 100 000 euros en échange de la non-diffusion d’une vidéo intime le montrant avec sa compagne. Les enquêteurs de la PJ de Versailles, saisie de l’enquête, décident de tendre un piège aux trois hommes – Angot, Zouaoui et Houass – soupçonnés de vouloir rançonner l’ancien joueur de l’OM. « Lukas », un policier sous couverture, joue les intermédiaires entre Valbuena et les maîtres chanteurs présumés. Six conversations téléphoniques sont enregistrées par la police entre juin et octobre 2015.

L’affaire éclate publiquement le 13 octobre, après le placement en garde à vue de Djibril Cissé. L’ancien footballeur est libéré dans la journée, mais les trois autres suspects sont placés en détention provisoire pour « chantage et participation à une association de malfaiteurs ». Le 2 novembre, Karim Zenati, présenté comme proche de l’un des frères de Karim Benzema, est lui aussi placé en garde à vue. Il aurait été chargé de contacter Benzema afin qu’il parle à son coéquipier en équipe de France. Trois jours plus tard, c’est au tour de l’attaquant vedette du Real d’être mis en examen pour « complicité de tentative de chantage et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement ». Depuis lors, les deux joueurs n’ont jamais retrouvé les couleurs tricolores.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.