COMMUNICATION DE RESEAUX SOCIAUX

Les réseaux sociaux occupent une place de plus en plus importante dans notre quotidien. C'est une bonne chose et une plateforme enrichissante. Mais entre de mauvaises mains, c'est une arme de destruction lente.

Introduction

 

Chaque attaque terroriste provoque naturellement beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux de la part d’internautes maliens. Ces réactions sont multiples et sont proportionnelles à l’horreur des attaques. On constate malheureusement un grand nombre de réactions non constructives et qui font le jeu des ennemis de la paix. C’est à ce titre que cette petite stratégie perfectible a été imaginée. Elle a pour objectif de contrer la communication des groupes terroristes, sans pour autant restreindre la liberté de communication des internautes.

 

Communication des éléments armés

 

Les outils de communications préférés des éléments armés sont naturellement les réseaux sociaux. On peut passer un message rapidement et dans l’anonymat. Ils apprecient particulièrement les groupes whatsapp, facebook, twitter et télégram pour les “professionnels.”

 

Leur outil privilégié au Mali est Whatsapp, car un élément publié dans un groupe se retrouve très rapidement sur twitter et facebook, promu par des individus en recherche de visibilité ou prétextant d’une supposée expertise. 

 

Les messages diffusés par les terroristes sont volontairement alarmistes, et provoquent un sentiment de peur, de terreur, de panique qui veut pousser à la révolte et au reniement. Ils ont bien étudié leur public et ont donc pour volonté de surfer sur le sentiment anti français et anti minusma très présent sur les réseaux sociaux. Ils savent également la fragilité du Gouvernement malien et l’opinion négative dont il bénéficie à travers les réseaux.

 

Prenons en exemple l’attaque de Boulkessi à l’annonce de l’attaque et du bilan par le Gouvernement, les éléments armés terroristes vont observer les différentes réactions sur les réseaux:

  • Reproches faits aux forces de défense et de sécurité
  • Reproches aux forces internationales
  • Reproches au Gouvernement
  • Reproches à la communauté X ou Y
  • Reproches aux villageois

 

Dans un second temps, les RS sont saturés d’audio diffusés par des personnes inconnues, hommes ou femmes qui:

  • Accusent la France/Minusma  de donner des armes aux bandits
  • Accusent la France/Minusma d’armer les terroristes
  • Accusent X de collaboration avec les terroristes

 

La liste n’est pas exhaustive, mais il faut noter que ces messages audio se diffusent dans tous les groupes, et sont repris sur facebook et twitter sans filtre par des individus parfois innocents mais également par des individus drapés de mauvaises intentions, qui veulent se servir de la situation pour déstabiliser le pays à des fins personnelles.

 

Ces réactions sur les réseaux sociaux sont également suivies de manifestations, parfois violentes à l’encontre du pouvoir, de la Minusma et de la France, qui sont les ennemis déclarés des groupes armés terroristes.

 

Il n’est pas dit qu’il n’y aurait pas eu de manifestations sans toute la communication sur les réseaux sociaux, cependant on observe que les réactions sur les RS accentuent les émotions et poussent la foule à se radicaliser.

 

Ainsi par une action terroriste, une attaque d’envergure, les éléments armés terroristes provoquent une réaction en chaîne sur les RS et une réaction politique qui peut devenir violente et potentiellement dangereuse, comme ce fut le cas en janvier 2012. 

Des internautes animés de leur bonne foi et de l’amour de leur pays peuvent ainsi se retrouver être soutiens passifs de l’action des groupes armés terroristes.

 

Que faire dans ce cas?

 

Il faut à tout prix éviter le mensonge car cela contribue à désorienter les gens qui se rendent sur les réseaux sociaux à la recherche d’informations crédibles. Il faut éviter de répandre des rumeurs infondées, basées sur des informations partielles.

 

Dans ces moments de choc les individus sont moins aptes à la réflexion et à trier les informations, ils sont dans l’émotif, il faut donc faire preuve de patience et ne pas se précipiter pour réagir de manière erronée, au risque de contribuer à la détérioration de la situation.

 

Certains individus bénéficiant de l’image d’informateurs fiables, ont contribué à diffuser des fausses nouvelles. Ils est donc souhaitable qu’ils évitent la course aux scoop, et prennent le temps de vérifier leurs informations auprès de plusieurs sources. 

 

En cas d’attentat terroriste, il est dans un premier temps souhaitable de:

  • communiquer sur l’évènement en soutenant les familles victimes et les forces de l’ordre qui doivent intervenir sur les lieux,
  • Partager l’émotion nationale et internationale face à l’horreur,
  • réaffirmer sa détermination à préserver le modèle sociale.

 

Dans un second temps il est souhaitable de:

  • demander aux autorités d’ouvrir des enquêtes afin de déterminer les responsabilités,
  • Appeler les forces de défense à redoubler d’efforts dans leurs missions,
  • demander des comptes aux autorités sur les éventuelles failles,
  • demander plus de solidarités aux forces amies.

Encore une fois la liste n’est pas figée et les messages peuvent être divers mais doivent s’inscrire dans une logique CONSTRUCTIVE et ne pas donner l’impression à l’ennemi qu’il gagne du terrain.

 

Ces phrases données en exemple, se distinguent d’un message virulent par le ton diplomatique utilisé. Il ne sert à rien de basculer dans l’invective, ou la violence verbale quand on peut exprimer des idées avec courtoisie et bonne manière.

 

A éviter

 

  • la course aux scoop
  • L’amalgame
  • Les injures
  • La violence verbale
  • Le mensonge et les fake news
  • Les analyses “de comptoir” (sécurité, stratégie militaire, politique internationale)

 

Conclusions

 

Les RS sont un outil de communication à la portée de tous, mais pour qui s’est bien s’en servir, ils deviennent un outil puissant de propagande, permettant de sonder l’état de l’opinion. Cela a un impact sur les agissements de nos ennemis, car leur objectif est de pousser par leurs attaques à un soulèvement national, et à la déstabilisation du fragile trépieds : Etat-Minusma- Barkhane.

 

Il est donc de la responsabilité de chacun, de ne pas servir de courroie de transmission, sans pour autant limiter sa liberté de communiquer. En effet on peut critiquer ces 3 entités sans pour autant basculer dans le mensonge et la diffusion de fausses nouvelles, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques.

 

Enfin il ne faut pas oublier que pour beaucoup de citoyens, les RS sont un lieu d’information, et à ce titre les utilisateurs renommés portent une responsabilité lorsqu’ils désorientent les suiveurs. 














La critique constructive est bien plus efficace que la vaine critique.



A éviter

 

  • la course aux scoop
  • L’amalgame
  • Les injures
  • La violence verbale
  • Le mensonge et les fake news
  • Les analyses dans des domaines peu maîtrisés (sécurité, stratégie militaire, politique internationale)

A faire

  • Soutenir les familles victimes et les forces de l’ordre qui doivent intervenir sur les lieux,
  • Partager l’émotion nationale et internationale face à l’attaque,
  • réaffirmer sa détermination à préserver le modèle sociale
  • faire preuve de résilience
  • exiger que la lumière soit faite sur l’incident
  • exiger que des mesures soient prises pour que ca ne se reproduise plus
  • Lire, lire, lire

 

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