les ombres de Pessoa

Un clin d’œil aux ombres.

 

Roméo  119 - Pessoa Roméo 119 - Pessoa

Dans "Le livre de l’intranquillité" de Pessoa, il y a une tranquillité qui me libère. Ne voyez-vous pas ? Comme je vois ce qu'il n'y a pas à voir, ou alors ce que beaucoup d'autres ne considèrent même pas. Les variations soudaines de l'air, la présence du chat caché - très bien dissimulé - dans les frondaisons basses, le sommeil de la terre, la marche des roches, l'élan de l'immobile, et un sourire à mille lieux d'ici ... J'ai la peine des aveugles, la musique des sourds, le souci des silences, la caresse des fantômes, la main coupée du peintre ... et toutes les maladies qui n'en sont pourtant pas.


De là à me comparer à ces ombres folles, non ! Je n'aurai pas cette outrecuidance, cet orgueil insensé, un vol. Je suis juste à ma table avec la tasse et la fumée. Je regarde passer les autres en moi, les mille mondes qui nous forment et nous déforment. 

Avant de rejoindre le jour.
Le chat, repu, s'enroule dans son fauteuil.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.