parler sur la montagne

Où ? Où es-tu Zarathoustra ? Dans quelles limbes t'avons-nous laissé, seul ?

crépite sang sauvage
dans les veines éveillées
sous ta peau qui chantait

roule roule roulement sourd
abreuve le cœur battant

vivant debout
et cru
et doux
et prompt à dresser sa bataille

va

Et ne te soucies pas du lieu où ils veulent - les seigneurs - enfermer tous les nerfs à vif de ton beau corps d'archange. Ils aspirent te voir sortir de l'idée concevable d'un monde renouvelé, d'une juste pensée, d'une puissance d'esprit qui s’exercerait seule à vaincre la pesanteur des rites et où toujours, au présent, gueule l'ardent désir de rompre l'ancien pacte des hommes, ce désir révolu de l'acte anthropophage que l'homme traîne encore en lui - cette dévoration de l'autre -. Ce lieu indéfini, où ils souhaitent te voir à jamais prosterné devant l'idole d'argent aux seins mous et énormes, au cul plat prolifique de bassesses éhontées, est une île isolée, isolante, sans respect réactif et sans aucune nage.

Détourne-toi du chemin où s'abandonne ton pas aux cris rauques des sirènes. N'écoute pas et n'entends pas les erreurs qu'elles t'inspirent. Invente un sentier neuf.

bois la forêt
goûte son écorce
toi-même ramures couvertes de bourgeons

mange l'eau pure
identifie le fleuve
toi-même torrent fou saturé de désirs

retrouve langue animale
les trilles des oiseaux
toi-même la tendre voix et les cris de victoire

ajuste le ciel épris
prends l'air fou à son cou
toi-même les ailes justes à naître sur ton dos

va

à reforger le charme
tout au début donné
- la joie du débutant
l'ivresse de l'amant -
tu rejoins l'unité
d'une universelle place

va

et même
en toute fin
sur un seuil dévoilé
vivant amour offert
va caresser ton âme
de tout ce qui t'est dû

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