j'invite un sens

Ne pas se laisser insensé·es !

dans les turbulences
se croire navire
le doute au gouvernail

et le temps se dessale
puisque les marées passent

et l'espace
immobile
se resserre sur des nuits
courantes
sur des jours
que l'on navigue à vue

et le corps suit
jusqu'au passage des hommes
avec leurs lambeaux de besaces

vus
les hommes

J'invite un sens à venir me faire présager un contraire. Ou même un conforme soleil - oui, j'accepte aussi le fait qu'il peut briller encore dans les yeux d'un debout -, un astre identique en tout point à l'idée de l'étoile qui veille sur mon humble refuge. Refuser le fardeau.
Si je veux, le vent se lève à l'envers. Le combat se transforme, il devient l'appétit.

Ici, l'obscure puissance d'un poème qui se gratte la tête.

dans les turbulences
se croire humain
équivoque donnée

et le temps se sucre
puisque le corps se tend

et l'espace
ambulant
se desserre sur des jours
fantaisistes
sur des nuits
que l'on passionne aveugle

et le corps suit
jusqu'au passage des femmes
avec leurs défroques sublimes

vues
les femmes

J'invite un sens à m'émouvoir sans cesse.

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