de l'écriture

Le mot pour ce qu'il dit.

Il y a page blanche qui attend la morsure.
Si l'encre est une griffe. Si l'encre étreint.

Alors les mots se battent.

Sujet, je suis tour à tour, à me soumettre au flou ou à la netteté de la chair d'une saillie. Les mots épidermiques affleurent ou l'insondable du sang se fige.

Brillante forme sous la plume - le clavier n'est pas la plume -, enfin je crois, ou sombre lassitude, mollesse de l'esprit vacant qui ombre mon désir.

Langue qui aboie, qui lèche, qui croque, qui jacasse, qui rompt, qui lisse, qui fuit, qui suinte, qui joue - en oubliant le "i" -, qui gratte, qui perle, qui perce, qui rejoue douce - en reprenant le "i" -, qui râle, qui feule, qui allume et qui fume ...

C'est toujours un choix où le néant accoste et pille mon rivage. Me retrouve sans lame pour y trancher du cru. Me retrouve sans mousse pour étendre son corps. Ô cette langue chatouillée qui ne tremble même pas. Ô cette langue bouchère, charcutée tellement qu'elle n'a plus de morceaux.

La page est nue.

Un désert est à ouvrager d'eau.

 

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